Homélie du troisième dimanche de carême 2026 — Paroisse Saint-Marc du Parmelan

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Homélie du troisième dimanche de carême 2026

En ce 3è dimanche de carême, l’évangile nous raconte la rencontre de Jésus avec une femme de Samarie. La rencontre a lieu dans une des villes de Samarie appelée Sychar, vers midi autour d’un puits : le puits de Jacob. Dans la Bible, beaucoup de rencontres sérieuses qui aboutissent au mariage ont lieu près d’une source d’eau ou d’un puits. Exemple c’est près d’un puits qu’Isaac rencontre Rebecca (Gn 24), que Jacob rencontre Rachel (Gn 29, 1-14), que Moïse rencontre Cippora (Ex 2, 15-22).

Evangile du jour en cliquant ici ; « Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-15.19b-26.39a.40-42)

  Le puits dans la Bible représente le lieu où non seulement sont assouvies la soif d’eau, la soif de bâtir une vie conjugale, mais aussi toutes les autres formes de soif que l’humanité peut ressentir. L’évangile nous enseigne que Jésus fatigué par la route, a soif et faim. Tandis que ses disciples vont à la ville, acheter de quoi manger, Il fait la rencontre près du puits d’une femme de Samarie. Normalement cette rencontre ne devrait pas avoir lieu parce que les juifs et les samaritains s’évitaient. En effet, les juifs considéraient les samaritains comme impurs, par conséquent tout bon juif devait éviter d’être souillé par la rencontre avec un samaritain. Non seulement Jésus fait la rencontre avec une samaritaine mais encore il va jusqu’à lui adresser cette demande : « Donne-moi à boire ». La samaritaine tout étonnée de l’attitude de Jésus dit : « Mais comment toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi, une samaritaine ».

 De quoi Jésus avait-il soif véritablement ? La suite de l’évangile, nous le révèlera.

 Quand Jésus demande à boire à la Samaritaine, un dialogue s’établit et aussitôt Jésus qui demandait à boire devient celui qui offre à boire. En effet, Jésus dit : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit ‘Donne moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il te donnerait l’eau vive » (Jn 4, 10).

 Même si la Samaritaine ne comprend pas immédiatement que l’eau dont il est question, ce n’est l’eau du puits de Jacob mais une autre, elle finira par comprendre quand Jésus lui parlera de sa vie privée, de sa vie conjugale. Bien plus que la soif d’eau, Jésus a soif. Sur la croix, avant de remettre son esprit, il a crié cette soif : « J’ai soif ! ». Il ne s’agissait pas d’une soif physique et matérielle seulement. Il s’agit surtout et avant tout d’une soif spirituelle, la soif de sauver : de nous sauver.

 Comme le Peuple d’Israël, notre monde d’aujourd’hui connait sa traversée de désert. Nous ressentons la soif. Il y a beaucoup qui connaissent la soif d’argent, la soif d’emploi, la soif d’un foyer, d’une situation conjugal plus stable, de la santé, de la paix de cœur, du bonheur. Il y en a qui ont soif d’être consolés, d’être pardonnés, d’être compris, d’être acceptés, d’être aimés. Oui la plus grande soif dont l’homme peut souffrir, c’est avant tout la soif d’être aimé.  On voit des gens qui avaient beaucoup d’argent mais qui n’étaient pas heureux parce qu’ils avaient très soif d’être aimés. On voit des gens qui se sont donnés la mort, parce qu’il pense que leur vie sur la terre n’a plus de sens. Pourquoi se font-ils de telles pensées, parce qu’ils ne sentent pas aimés par leur entourage et souvent même par Dieu.

 L’évangile de ce jour, nous révèle celui qui peut étancher véritablement notre soif : c’est Jésus. Aucune barrière sociale, culturelle, religieuse, ne peut l’arrêter. Aucun de nos péchés, aucune des situations difficiles que nous vivons ne peut l’empêcher de venir jusqu’à nous. Il nous fait comprendre qu’il est lui-même le puits de l’eau-vive. Celui qui donne boire. Il n’est pas une solution à nos problèmes, il en est la solution. 

Toute personne qui accepte de boire de son eau non seulement n’aura plus jamais soif mais encore devient comme lui-Jésus, source jaillissante pour la vie éternelle. La Samaritaine a accepté de boire de cette eau, et comme source jaillissante de vie éternelle, elle rejoint les gens de son village pour les conduire à Jésus : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Les gens de son village, ne se sont pas contenté d’écouter le récit de la Samaritaine, ils ont accepté de faire la route pour rejoindre Jésus près du puits, et quand ils l’ont rencontré, ils sont parvenus à la foi en lui et ont donné ce beau témoignage : «  ce n’est pas à cause de ce que tu nous a dit que nous croyons maintenant ; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde.  (Jn 4, 42)». 

  Frères et sœurs, les vrais adorateurs, ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité que recherche le Père Céleste sont ceux qui vont puiser en Jésus pour leur soif, l’eau vive du salut. Et nous, sommes-nous de ces vrais adorateurs ? Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur nous dit le Psalmiste.

 Que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous !

P. Leon Lee