Homélie du 2ème dimanche de Pâques — Paroisse Saint-Marc du Parmelan

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Homélie du 2ème dimanche de Pâques

L’Évangile d’aujourd’hui nous montre quelque chose de très concret : ce qui se passe quand une personne rencontre vraiment Jésus ressuscité. Le point central est simple : rencontrer Jésus ne change pas seulement nos idées… cela change la direction de notre vie. Ce ne sont pas seulement nos paroles qui changent, ce sont nos pas. Ce n’est pas seulement notre état d’esprit qui évolue, c’est toute notre manière de vivre...

... Les deux disciples d’Emmaüs sont une image très vraie de nous-mêmes. Ils quittent Jérusalem. Et cela, ce n’est pas un détail. Jérusalem, c’est le lieu de la croix, de la résurrection, de la communauté. Mais eux s’en vont. Ils tournent le dos au cœur de leur foi. Pourquoi ? Parce qu’ils sont déçus. Ils avaient espéré. Ils avaient cru. Mais pour eux, tout s’est terminé sur une croix. Alors ils partent, comme on part quand on n’y croit plus vraiment. Et si on est honnête… ce mouvement, on le connaît aussi. Quand la foi fatigue, on ne quitte pas toujours l’Église tout de suite. On commence par partir intérieurement. On fait encore les gestes, mais le cœur n’y est plus. On avance, mais sans espérance.

  C’est exactement là que Jésus intervient. Il ne les attend pas à l’arrivée. Il ne leur reproche pas d’être partis. Il vient les rejoindre… sur leur chemin d’éloignement. Voilà la grâce. Même quand nous nous éloignons, Dieu ne nous perd pas. Il marche avec nous. Mais il y a quelque chose d’étonnant : ils ne le reconnaissent pas. Pourquoi ? Parce que leur regard est enfermé dans leur déception. Quand on ne voit que l’échec, on ne peut pas reconnaître Dieu à l’œuvre. Quand on regarde la croix comme une fin, on ne peut pas voir la résurrection. 

 Alors Jésus fait quelque chose de très simple : il les fait s’arrêter. « De quoi parliez-vous ? » Ils s’arrêtent. Et ce moment est décisif. La conversion commence souvent là : quand on s’arrête. Quand on sort du flot de ses pensées, de ses blessures répétées, de ses raisonnements fermés.

  Frères et sœurs, aller vite ne sert à rien si on va dans la mauvaise direction. Dans la vie spirituelle, la direction est plus importante que la vitesse. Et Dieu agit souvent ainsi : il nous arrête. Il bouscule nos plans. Il dérange nos certitudes. Pas pour nous bloquer… mais pour nous sauver. 

 Ensuite, Jésus fait une chose essentielle : il ouvre les Écritures. Les disciples voyaient leur vie à partir de leurs attentes. Jésus leur apprend à relire leur vie à partir de la Parole de Dieu. Et tout change. Ce qui semblait être un échec devient un passage. Ce qui semblait une fin devient un commencement. Et leur cœur commence à brûler. Attention : ce n’est pas une simple émotion. C’est une transformation intérieure. Quelque chose se remet en place. L’espérance revient. Mais cela ne s’arrête pas là. Au moment du repas, Jésus prend le pain, le rompt… et leurs yeux s’ouvrent. C’est très profond : la Parole ouvre le cœur, et le pain rompu ouvre les yeux. C’est exactement ce que nous vivons à chaque messe. Et alors, immédiatement, ils se lèvent. Ils ne restent pas là à savourer le moment. Ils repartent. Mais cette fois… dans l’autre sens. Ils retournent à Jérusalem. Ils retournent vers la communauté. Ils retournent vers leur mission. Voilà le signe d’une vraie rencontre avec le Christ : On se lève. On change de direction. On change de vie. Alors la question pour nous aujourd’hui est très claire… et très directe : Dans quelle direction suis-je en train de marcher ? Je peux prier, venir à l’église, connaître beaucoup de choses… et pourtant continuer à fuir : fuir une relation, fuir un pardon, 

fuir un engagement, fuir la communauté. Dans ce cas, je suis encore sur la route d’Emmaüs.

Rencontrer Jésus, ce n’est pas seulement ressentir quelque chose. C’est se lever et changer de route. Peut-être que pour l’un de nous aujourd’hui, cela veut dire : faire un pas vers la réconciliation. Pour un autre : revenir vers la communauté. Pour un autre encore : arrêter de fuir et reprendre courage.

 Frères et sœurs, Nous faisons tous des projets. Nous organisons nos vies. Mais n’oublions jamais : nous traçons nos chemins… mais c’est Dieu qui guide nos pas. Et parfois, quand nos plans s’effondrent, ce n’est pas la fin. C’est le début d’un chemin plus vrai. Aujourd’hui, comme les disciples d’Emmaüs, laissons le Christ nous parler, reconnaissons-le dans le pain rompu, et surtout… levons-nous. Et reprenons la route, vers les autres, vers la mission vers le Seigneur.

Père Leon Lee