Homélie du 2ème dimanche du carême — Paroisse Saint-Marc du Parmelan

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Homélie du 2ème dimanche du carême

En ce deuxième dimanche de Carême, la liturgie nous conduit sur la haute montagne de la Transfiguration. Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il est transfiguré devant eux : son visage devient resplendissant, ses vêtements d’une blancheur éclatante. Les disciples entrevoient, pour un instant, la gloire cachée du Christ....

 

(...)  Et du sein de la nuée, la voix du Père se fait entendre :« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie; écoutez-le. » (Mt 17,5) Tout le Carême est contenu dans cette parole : Écoutez-le.
 Beaucoup connaissent saint Thomas d’Aquin comme un immense philosophe. Pourtant, il se considérait d’abord comme un serviteur de l’Écriture. Chaque matin, à l’heure la plus claire de son esprit, il ouvrait la Bible. Il n’enseignait rien d’autre que la Parole de Dieu.
Pourquoi ? Parce qu’il était convaincu que si nous ne demeurons pas proches de l’Écriture, nous ne pouvons pas connaître Jésus ; si nous ne connaissons pas Jésus, nous ne pouvons pas connaître Dieu ; et si nous ne connaissons pas Dieu, nous ne pouvons pas savoir qui nous sommes.

 Sur la montagne, les disciples voient la lumière. Mais ils doivent surtout écouter la voix. La foi ne naît pas d’abord de ce que nous voyons, mais de ce que nous entendons. Comme le dit saint Paul : « La foi naît de ce que l’on entend, et ce que l’on entend c’est la parole du Christ » (Rm 10,17).

Dans l’Ancien Testament, Saül avait reçu un ordre clair de Dieu. Mais il a préféré suivre son propre jugement. Il a gardé les meilleurs animaux sous prétexte de les offrir en sacrifice. Et le prophète Samuel lui dit : « Le Seigneur aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à sa parole ? » (1 S 15,22) Le drame de Saül commence au moment où il cesse d’écouter.

 Nous aussi, nous pouvons faire beaucoup de choses religieuses : prier, jeûner, donner. Mais si nous n’écoutons pas vraiment la Parole, nous risquons de faire la volonté de Dieu… à notre manière. Le Carême nous rappelle que l’obéissance du cœur vaut plus que les sacrifices extérieurs. 
Dans l’Évangile, Marthe s’agite, Marie écoute. Jésus ne reproche pas le service de Marthe, mais il affirme que Marie « a choisi la meilleure part » (Lc 10,42).

 Sur la montagne de la Transfiguration, Pierre voudrait dresser trois tentes. Il veut agir, construire, retenir le moment. Mais la voix du Père ne dit pas : « Construisez ». Elle dit : « Écoutez ».

 Le Carême est un temps pour redescendre de l’agitation quotidienne et s’asseoir aux pieds du Seigneur. Peut-être moins parler, moins courir, moins remplir… et davantage écouter.
Au désert, Jésus repousse la tentation par la Parole :« L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4).
Saint Paul dira encore : « Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu » (Ep 6,17).

 Dans nos combats intérieurs — le doute, la fatigue, la tentation, la tristesse — notre force n’est pas d’abord notre volonté, mais la Parole accueillie et méditée. La Transfiguration nous montre la gloire du Christ. Mais cette lumière passe par l’écoute fidèle.

Frères et sœurs, si nous trouvons notre foi faible, si nous nous sentons éloignés de Dieu, la réponse est simple et exigeante : ouvrir l’Évangile et écouter. Écouter chaque jour quelques versets. Les relire. Les laisser descendre dans le cœur. Car en écoutant le Christ, nous apprenons qui est Dieu. Et en découvrant qui est Dieu, nous découvrons qui nous sommes.

 Sur la montagne, les disciples ont vu sa gloire. Mais en redescendant, ils ont dû marcher dans la foi. Que ce Carême soit pour nous un temps de montagne intérieure, un temps d’écoute profonde. Et que la voix du Père résonne en nous chaque jour : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… Écoutez-le. »