Homélie du quatrième dimanche du temps ordinaire 2026 - 1 février — Paroisse Saint-Marc du Parmelan

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Homélie du quatrième dimanche du temps ordinaire 2026 - 1 février

« Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12a)
"En ce moment en Corée, les jeunes disent souvent : J’ai besoin de Dopamine. C’est une Hormone de la motivation et de la récompense. Elle s’active quand on désire quelque chose ou qu’on anticipe un plaisir. Elle dit au cerveau : « Vas-y, ça vaut le coup ! » Elle est liée à la réussite, la nouveauté, les likes, le jeu, l’achat, la performance. Elle est rapide, excitante, mais instable, plus on la stimule, plus il en faut pour ressentir la même chose...

Évangile (Mt 5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

(...)  Et aussi il y a la sérotonine. c’est un Neurotransmetteur de l’équilibre et du bien-être durable. Elle est liée au sentiment de sécurité, de paix intérieure. Elle dit au cerveau : « Tout va bien, tu es à ta place ». Elle est favorisée par les relations stables, la gratitude, le repos, la lumière du jour, le sens donné à sa vie. Elle est calme, profonde, stable. Elle ne procure pas un “pic” de plaisir, mais une satisfaction durable.
 Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus proclame les Béatitudes. C’est un peu paradoxal : il parle de bonheur là où, spontanément, nous parlerions de manque, de faim, de larmes, de persécution. Jésus semble inverser notre manière habituelle de chercher la joie.
Notre monde, lui, connaît bien un certain type de bonheur : celui de la dopamine. La dopamine, c’est le plaisir de la récompense immédiate : réussir, posséder, être reconnu, gagner, consommer. Elle nous pousse à avancer, mais elle a une limite : plus on la stimule, plus elle exige. Elle promet beaucoup, mais elle s’épuise vite. Et quand elle retombe, il reste parfois un vide.
 Or Jésus ne dit pas : « Heureux les performants », « heureux les comblés », « heureux ceux qui ont tout ». Il dit : Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux, heureux les artisans de paix.
Ces paroles ouvrent un autre chemin : celui d’un bonheur plus profond, plus stable, que l’on pourrait rapprocher de ce que la science appelle la sérotonine : la paix intérieure, le sentiment d’être à sa juste place, la confiance qui ne dépend pas de l’applaudissement des autres. La sérotonine ne crie pas ; elle demeure.

 « Heureux les pauvres de cœur » : non pas ceux qui manquent de tout, mais ceux qui ne sont pas prisonniers du toujours-plus. Ils ne vivent pas sous la tyrannie de la dopamine, toujours à la recherche de la prochaine satisfaction. Leur joie est libre.

 « Heureux ceux qui pleurent » : Jésus ne glorifie pas la souffrance, mais il révèle que les larmes accueillies, traversées avec Dieu, peuvent devenir source de consolation vraie, pas seulement d’oubli temporaire.

 « Heureux les doux, les miséricordieux, les artisans de paix » : ce sont des personnes qui ne vivent pas dans la compétition permanente, mais dans la relation. Et la relation vraie, la communion, sont une joie durable.

 Enfin, Jésus conclut par une promesse : Réjouissez-vous, votre récompense est grande dans les cieux.
 Autrement dit : ne mesurez pas votre vie uniquement à ce qu’elle vous donne tout de suite. Il existe une joie plus grande que le plaisir, plus forte que la réussite : la joie d’être accordé à l’amour de Dieu.

 Frères et sœurs, le chemin des béatitudes nous invitent donc à passer d’un bonheur excité à un bonheur habité, d’une joie qui dépend de ce que je prends à une joie qui naît de ce que je donne et de ce que je reçois de Dieu.

 Tandis que les valeurs de performance et de succès prônées par le monde ne produisent finalement qu’angoisse, fatigue, solitude, burn-out et autre dépressions, la suite du Christ est un chemin d’humilité, de douceur, de paix et de vérité qui seul peut nous permettre de nous retrouver nous-mêmes en humanité. 
Que l’Esprit Saint nous apprenne ce chemin : celui d’une joie qui ne s’use pas, parce qu’elle prend sa source dans le Royaume des cieux.