Homélie du 1er dimanche de carême — Paroisse Saint-Marc du Parmelan

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Homélie du 1er dimanche de carême

En ce premier dimanche de Carême, la liturgie nous conduit au commencement : au jardin d’Éden, dans le livre de la Genèse. Tout commence par une question du serpent : « Dieu vous a vraiment dit : Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ? » Mais ce n’est pas vrai. Dieu n’a jamais interdit tous les arbres. Au contraire, Dieu avait dit à l’homme : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas. »

(...)  Voyez la différence. Dieu donne avec générosité. Il permet presque tout. Il met une seule limite pour protéger la vie. Le serpent, lui, déforme la parole de Dieu. Il exagère l’interdit. Il fait passer Dieu pour quelqu’un qui prive, qui empêche, qui étouffe.

 Le péché commence souvent ainsi : par une petite déformation de la vérité. Le serpent ne commence pas par dire : « Désobéissez ! » Il commence par semer le doute. Il insinue que Dieu n’est pas bon. Il suggère que Dieu cache quelque chose. Quand nous commençons à dialoguer avec le mensonge, nous entrons dans une zone dangereuse. Ève discute. Elle explique. Mais peu à peu, le doute grandit dans son cœur. Le tentateur agit encore de la même manière aujourd’hui : « Dieu te demande trop. » « Ce n’est pas si grave. » « Tout le monde le fait. » « Tu seras plus libre si tu décides toi-même. » Le mensonge rend le mal attirant et fait paraître le bien contraignant.

 Après avoir mangé du fruit, que font Adam et Ève ? Ils se cachent. Ils ont honte. Ils cherchent à se couvrir. Voilà une grande vérité spirituelle : Quand on commence avec le mensonge, on finit par cacher son péché. Le péché nous pousse à : nous justifier, accuser les autres, minimiser notre faute, nous éloigner de Dieu.  Adam dit : « La femme que tu m’as donnée… » Ève dit : « Le serpent m’a trompée… » Personne n’assume pleinement. Le mensonge engendre la peur. La peur engendre la fuite. Et la fuite nous éloigne de Dieu.

  Le Carême est un temps pour revenir à la vérité. Vérité sur Dieu. Vérité sur nous-mêmes. Dieu n’est pas celui qui interdit tout. Il est Celui qui donne la vie. Ses commandements ne sont pas des prisons, mais des protections. Là où le serpent dit : « Dieu te prive », la Croix nous dit : « Dieu se donne ».

 Jésus, dans l’Évangile de ce dimanche (Mt 4,1-11), est lui aussi tenté. Ce qui frappe dans ce texte, c’est que Jésus est conduit au désert par l’Esprit. La tentation n’est pas un accident de parcours, elle fait partie de son humanité. Si Jésus est tenté, c’est pour nous montrer qu’aucun d’entre nous n’est à l’abri, mais surtout pour nous apprendre comment vaincre. Le tentateur, le « diviseur », arrive au moment où Jésus a faim. Il s’insinue toujours dans nos manques, nos fatigues et nos besoins légitimes pour les détourner. La victoire de Jésus n'est pas celle d'un super-héros, mais celle d'un fils qui fait confiance à son Père. Là où Adam a succombé en voulant devenir « comme Dieu » par lui-même, Jésus, le nouvel Adam, triomphe en restant humblement soumis à la volonté divine.

  Frères et sœurs, nous aussi, nous entendons parfois la voix du serpent : dans nos compromis, dans nos petites tricheries, dans nos jalousies, dans nos colères, dans nos péchés cachés. Le Carême nous invite à arrêter le dialogue avec le mensonge. À ne plus couvrir nos fautes, mais à les confier à Dieu. Car Dieu ne cherche pas à nous condamner. Il appelle : « Où es-tu ? » Cette question n’est pas un reproche. C’est une invitation à revenir. Revenons à la vérité. Revenons à la confiance. Revenons à Celui qui est plus fort que le mal. Que ce Carême soit pour nous un chemin de lumière, un chemin de vérité, un chemin de conversion.

Père Léon Lee