Homélie du dimanche de la miséricorde
L’Évangile nous présente aujourd’hui une figure très proche de nous : l’apôtre Thomas. Thomas n’est pas un incrédule au sens simple. Il est un homme blessé. Il avait tout misé sur Jésus. Il avait espéré, cru, aimé. Et soudain, tout s’effondre : la croix, la mort, l’échec apparent. Ce qu’il attendait ne s’est pas réalisé comme il l’imaginait. Alors son cœur se ferme. Même le témoignage des autres disciples ne suffit pas à le rouvrir. (...)
N’est-ce pas aussi notre expérience ? Quand nous avons été profondément déçus, quand nous avons souffert, il devient difficile de croire à nouveau. Difficile de faire confiance. Difficile même d’espérer.
Mais ce qui est magnifique dans cet Évangile, c’est que Jésus ne rejette pas Thomas. Il ne lui reproche pas son doute. Au contraire, il vient à lui. Les portes sont fermées, et pourtant Jésus entre. Cela veut dire que même si notre cœur est verrouillé, même si nous pensons être loin, Jésus trouve toujours un chemin pour nous rejoindre.
Et que fait-il ? Il montre ses blessures. Les plaies de Jésus ne disparaissent pas avec la résurrection. Elles deviennent le lieu de la rencontre, le lieu de la guérison. Thomas met sa main dans ces plaies, et là, il comprend : ce n’est pas un échec, c’est l’amour jusqu’au bout. Ce n’est pas la fin, c’est la vie.
Alors jaillit de son cœur cette confession magnifique : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Frères et sœurs, en ce dimanche de la Miséricorde, l’Église nous rappelle justement que ces plaies du Christ sont des sources ouvertes d’amour et de pardon. La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite : elle est concrète, elle nous rejoint dans nos blessures, dans nos doutes, dans nos chutes. Là où nous pensons être trop loin, trop blessés ou trop faibles, Dieu vient nous relever avec tendresse.
Ce dimanche nous invite à ne pas rester enfermés dans nos peurs ou nos blessures, mais à nous approcher du Christ avec confiance. Même une petite ouverture du cœur suffit pour que sa miséricorde entre et transforme notre vie. Il ne se lasse jamais de nous pardonner, jamais de nous aimer, jamais de nous attendre.
Le Christ ressuscité vient donc aussi aujourd’hui à notre rencontre. Il vient avec ses blessures pour guérir les nôtres. Il ne nous demande pas d’être parfaits, ni d’avoir une foi sans faille. Il nous demande simplement une chose : entrouvrir notre cœur, même un tout petit peu.
Peut-être que certains d’entre nous ont perdu la joie, l’espérance, le sens. Peut-être que la foi est devenue difficile. Alors aujourd’hui, le Seigneur nous dit : « Je suis là. Je viens à toi. N’aie pas peur. »
Demandons-lui dans la prière : « Seigneur, aide-moi à reconnaître que tu es avec moi. » Et peu à peu, nous ferons l’expérience de sa présence. Peu à peu, nos blessures seront touchées par son amour. Et nous aussi, comme Thomas, nous pourrons dire avec foi et avec joie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! Tu es la lumière de ma vie. »
Père Léon Lee