Spiritualité et soins.
Extrait du dossier de Mgr Hervé Gosselin, évêque d'Angoulême, prêtre accompagnateur de la Pastorale de la santé nationale. 
L'anthropoligie chrétienne insiste sur l'unité de la personne dans ses différentes composantes somatiques, psychologiques et spirituelle. Avec l'arrivée de la reconnaissance récente de la prise en compte du spirituel dans le soin, nous nous réjouissons. Pour le soignant, les spécialités médicales sont importantes mais sans oublier que tout est lié et qu'une vue globale, holistique (de l'ensemble) reste déterminante dans la prise en charge d'un patient. Cette prise de conscience actuelle cherche à considérer la dimension spirituelle.(...)
L'utilisation par la société et le monde médical des mots "spirituel, spiritualité" a changé leur signification, mais laisse-t-elle une place à la dimension religieuse ? (...) Comment l'aumônier ou l'accompagnateur se situe-t-il dans ce contexte ? Cette approche nouvelle n'efface pas la dimension religieuse pour laquelle notre place est toujours reconnue légalement. (....)
La réflexion sur "Spiritualité et soin" n'est donc pas facultative pour définir ce qui est opportunité ou menace et se situer avec notre particularité de chrétiens au service de tous les hommes, de tout l'homme, croyant ou non."
- Prendre soin c'est accueillir le présent.
Prendre soin, ce n'est pas d'abord faire, c'est être là. Avant tout geste et toute technique, il y a la présence discrète, fidèle, gratuite. (p 9) Une main tendue ou un silence partagé peuvent devenir les signes d'un Dieu qui se fait proche au moment même où tout semble s'effondrer. Prendre soin, lors de nos visites, ce n'est donc pas remplir un vide mais révêler - autant que nous le pouvons - la densité du moment, sa valeur éternelle. (p 10)
- Prendre soin, c'est ouvrir un avenir.
Dans chaque chambre, chaque visite, se rejoue discrètemement cette parole du Christ : "Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu'ils l'aient en abondance" (Jn 10,10). Le soin spirituel n'est pas un supplément d'âme à la médecine ; il en est le coeur caché. Alors même dans la fragilité, la vie trouve un chemin. Et le Christ continue de dire, à travers les gestes des soignants : "Lève-toi, prends ta vie et marche". (p 11)