Catholiques 74 - mai
Édito
"Témoins de la miséricorde et de l’espérance"
par Mgr Yves Le Saux, évêque d'Annecy
Nous sommes dans la lumière de la fête de l’Ascension du Seigneur et de la Pentecôte. Pendant quarante jours, Jésus a achevé la formation des apôtres et de leurs compagnons. Il a ouvert leur intelligence aux Écritures, car ils n’avaient pas compris que le Messie devait souffrir, mourir et ressusciter. Il leur donne ses instructions et ils vont être les témoins de la Résurrection devant l’univers entier.
Une poignée d’hommes et de femmes qui vont, par leur témoignage, modifier l’histoire de l’humanité, malgré leurs limites humaines, car l’espérance qu’ils vont porter ne vient pas d’eux.
Je ne suis pas sûr que nous ayons pris la mesure de ce que signifie la fête de l’Ascension. Dans le Credo, nous disons : « Il monta au Ciel, il est assis à la droite du Père, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. » Jésus est entré dans le Mystère de Dieu. L’Ascension n’est pas un voyage dans les étoiles – un mouvement vers un lieu cosmique – mais une entrée dans l’être de Dieu, son Père. « Assis à la droite de Dieu » veut dire qu’il est entré en communion de vie et de pouvoir avec son Père, et en vertu de cette communion il est maintenant présent à nos côtés.
Jésus est entré dans un nouveau mode de présence et de proximité avec les hommes. Il n’est plus dans un lieu particulier du monde, comme avant l’Ascension. Il est présent à côté de nous, tous peuvent l’invoquer et le rencontrer, en tout lieu et à tout moment de l’Histoire. Il n’est plus loin de nous, il est proche de nous. Nous ne sommes plus seuls. Les disciples de Jésus savent que Jésus ressuscité est présent au milieu d’eux de manière nouvelle et puissante.
L’événement de l’Ascension a ouvert une nouvelle dimension de la vie : celle de l’espérance. L’espérance est entrée dans le monde et nous vivons déjà de cette espérance. Et notre mission est d’être, dans le monde, témoins de l’espérance.
L’Ascension nous inscrit dans l’attente de la venue dans la gloire du Seigneur : « Il reviendra pour juger les vivants et les morts. »
Lui qui s’est fait homme, et demeure toujours homme, lui qui a pour toujours introduit l’humanité en Dieu, toute l’humanité est appelée, pour qu’à la fin Dieu devienne tout en tous.
Cela implique la certitude que Dieu essuiera toute larme, que toute injustice disparaîtra et que la justice sera établie. La victoire de l’amour sera l’ultime Parole de l’histoire du monde, et cette dernière Parole, c’est lui, Jésus, qui la prononcera.
Nous sommes maintenant dans ce temps intermédiaire entre l’événement pascal et la venue glorieuse. Nous avons une vocation dans le monde – dans le chaos de ce monde – d’être témoins de la miséricorde et de l’espérance par notre parole et notre manière de vivre.
Cette certitude, qui produit la confiance, ne veut pas dire que nous n’aurons pas à vivre des moments difficiles, mais cette confiance vient de ce que rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu. Cela pose la question de savoir en qui nous mettons notre confiance et notre espérance. Sur quoi, sur qui nous construisons notre vie ?
Pour cela, l’Esprit saint a été répandu en nos coeurs, lui qui est sagesse, force, joie. C’est maintenant le temps de la mission, un temps de combat, un temps de miséricorde. La mission que le Seigneur nous a confiée, nous ne pouvons pas la déserter.
Confiance.
Diocèse d'Annecy