Profession monastique de Sr Amyriam
Extrait de l'homélie de Mgr Yves Le Saux
Lors de la première profession monastique de Blandine Didier devenue Sœur Amyriam le 2 mai, Mgr le Saux a donné le sens de cette belle vocation dans son homélie dont voici un extrait :
"Ma sœur, je vous invite à entrer dans le mystère de votre appel, à accueillir l'Amour passionné du Christ, intégralement, sans limite, sans compromis, de répondre à cet Amour par une donation intégrale, libre et joyeuse de votre existence, dans la confiance totale en Dieu. Je vous invite à le faire dans la lumière des textes de l'Ecriture que nous venons d'entendre, en particulier le récit de la Visitation dans l'Evangile de Luc. (…)
La première mission de la vie consacrée dans le monde est de témoigner de la nouveauté absolue, de l'Espérance, d'ouvrir un nouvel espace, une nouvelle dimension dans le monde. Présence de l'Eternité dans le monde. Le passage de l'Évangile nous dit que Marie se met en route et se rend avec empressement vers la région montagneuse. On peut aussi traduire « immédiatement ». La Tradition de l'Église y a vu une expression de la Charité. La Tradition du chapelet associe le Mystère de la Visitation à la Charité. En Marie, il n'y a aucun retour sur elle-même, sa charité est immédiate. Marie ne retient rien pour elle, il n'y a en elle aucun repli égoïste sur elle-même. (…)
La vie consacrée, la vie chrétienne, ne peut se comprendre que par la Charité - l'Amour de Dieu qui nous saisit et nous conduit hors de nous-mêmes. Il ne s'agit en rien d’auto-réalisation de soi-même, ni de succès, ni de se construire une vie agréable. Avec le temps, on s'aperçoit de l'insignifiance progressive du moi et on devient libre. (…)
Seule la Charité peut nous conduire à l'oubli de nous-mêmes et au don de nous-mêmes. Et la Charité, c'est maintenant.
Le récit de la Visitation est parcouru par la Joie. D'abord le tressaillement de Jean-Baptiste dans le sein de sa maman quand elle entend la salutation de Marie, ce qui provoque la joie d’Elisabeth, qui provoque la joie de Marie, qui exulte. Une cascade de joie. (…)
Le premier témoignage que l'on attend de la vie consacrée c'est la joie, la joie promise par Jésus. « Je vous donnerai une joie que personne ne pourra vous ravir. » (…)
La consécration dans le célibat pour le Royaume « annonce la résurrection future et la gloire du Royaume Céleste. Elle est anticipation du monde définitif qui, dès maintenant, agit en l'homme et le transforme en tout son être. » (Concile Vatican II)
Mgr Le Saux





Samedi 30 mai à 11h, le révérend dom Hervé Courau, abbé émérite de l'abbaye ND de Triors, présidera la messe au cours de laquelle Soeur Amicie Blandine Pouchol fera sa première profession monastique.
Les soeurs nous invitent également à prier pour Soeur Gemilah Lenka Sprtova qui a fait profession perpétuelle le 26 février dernier.
Les étapes de la vie monastique dans la congrégation
Lorsqu’une jeune femme qui se sent appelée à la suite du Christ exprime le désir d’être accueillie dans notre Famille monastique, il lui est proposé de commencer un chemin de discernement à l’écoute de la Parole de Dieu dans son cœur. Elle peut venir vivre des séjours à l’hospitalité du monastère et être accompagnée dans sa recherche.
Une « retraite évangélique » de dix jours dans un de nos monastères lui permet de mieux connaître notre vie.
Si son appel se confirme, la jeune femme a la possibilité d’être accueillie dans un monastère de formation afin de commencer un chemin d’École de vie.
L’École de vie
L’École de vie est une première expérience de vie dans un de nos monastères. La jeune femme partage la vie de la communauté selon un rythme et des modalités adaptés à sa personne. Elle découvre au cours de cette période d’immersion dans notre vie le charisme de notre Famille monastique dans l’Église.
Cette étape peut durer de six mois à deux ans. La jeune femme doit avoir entre 22 et 40 ans pour commencer une vie monastique.
Le postulat
L’entrée au postulat marque canoniquement le début de la formation initiale. Durant cette étape, la postulante est introduite au charisme de notre Famille monastique par le partage de la vie de la communauté et l’écoute de catéchèses monastiques. Elle privilégie la découverte du visage de Jésus dans l’Évangile et la rencontre avec le Christ qui l’attire vers le Père. Elle est initiée à l’histoire et aux écrits du monachisme d’Orient et d’Occident.
Le postulat dure deux ans.
Le noviciat
La prise d’habit marque l’entrée au noviciat, temps qui prépare à la profession monastique.
Au cours du noviciat, le discernement se poursuit. La jeune sœur est aidée à s’approprier de manière personnelle le charisme de notre Famille monastique. Elle commence une formation doctrinale. Elle reçoit une formation théologique et spirituelle à la consécration monastique par les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance.
Le noviciat dure deux ans.
Pour l’admission à la profession monastique (temporaire et perpétuelle), le chapitre de communauté est consulté par vote après que la jeune sœur ait adressé sa demande à ses responsables.
La profession temporaire
La profession temporaire est émise pour trois ans, puis renouvelée chaque année jusqu’à l’accomplissement de cinq ans.
La profession temporaire est célébrée au cours d’une liturgie eucharistique pour manifester que l’Église répond de cet acte où la moniale s’engage envers Dieu et la communauté. La moniale exprime publiquement son intention de suivre le Christ dans sa Pâque et de s’unir à lui dans la Famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge, et de saint Bruno.
Durant le temps du noviciat profès, la moniale poursuit sa formation monastique et doctrinale qui l’aide à discerner, dans sa réponse à l’appel du Seigneur, la réalisation la plus plénière de son identité humaine et chrétienne.
La profession perpétuelle
Au terme du noviciat profès, la moniale peut demander à être consacrée à Dieu « jusqu’à la mort ». Cela signifie qu’elle se lie à Dieu de manière totale et irrévocable.
La formation biblique, théologique, patristique se poursuit ensuite tout au long de notre vie pour maintenir vivant le désir de Dieu et nourrir la flamme du charisme.

Diocèse d'Annecy