Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve

l'E.A.P

Rencontre avec l'équipe d'animation pastorale de la paroisse Saint-Bruno (Cluses)

Les nouveaux membres de l'EAP ont peu à peu pris leurs marques. La rentrée est un moment judicieux pour les connaitre mieux. Nous partons à leur rencontre…

Anne LAMOUR

Eap - Anne LamourEn découvrant son nom, nous avons envie de lui dire « Quel joli nom ! » et déjà son visage s’illumine : Anne respire la joie. Depuis 2010, elle habite à La Frasse. Maman de Marine 22 ans et de Manon 20 ans, elle a fait le grand saut de venir vivre ici avec son mari, quittant la région parisienne quand celui-ci a eu l’opportunité d’un travail à Annecy. Anne est conseillère en communication. La plupart de ses clients sont à Paris, ce qui l’amène à s’y rendre très régulièrement. Mais cela ne l’a pas empêchée de répondre oui à l’appel du Père Raymond pour faire partie de l’EAP. Elle nous raconte… 
Nous connaissions Les Carroz depuis plus de 25 ans pour y être venus en vacances avec nos filles, été comme hiver…
Nous ne regrettons pas notre nouveau choix de vie. Je m’organise pour rester sur place le lundi, ce qui me laisse un long week-end, sinon, je vais à Annecy avec mon mari et je prends le TGV : 3h 40 plus tard, je suis gare de Lyon à Paris ! Ce sont des habitudes à prendre.

Ma vie chrétienne 
Mes parents étaient engagés dans l’Eglise. J’ai suivi tout le parcours de catéchèse. Et puis j’aurais sans doute arrêté. Mais lors d’un changement de lycée, je me suis retrouvée en école privée, avec un aumônier à peine plus âgé que nous, qui portait des jeans, qui nous disait que Dieu  est Amour, qui nous parlait du Christ comme d’un ami… C’est comme si j’étais passée de l’Ancien au Nouveau Testament ! Il jouait de la guitare, nous a emmenés à Taizé… A travers lui, j’ai découvert le Dieu en lequel je croyais depuis toujours… Je suis devenue adulte dans la foi. Je peux rendre grâce à mes parents de m’avoir fait suivre le caté mais le jour de ma confirmation, c’était vraiment mon choix grâce à cette rencontre au lycée.

La vie de famille 
A suivi une période un peu compliquée où nous construisons notre foyer, les amis s’en sont allés à leur vie, les enfants sont nés… Je me contentais de participer à l’eucharistie là où j’étais. J’ai vraiment redémarré quand les filles ont grandi. Nous habitions alors à Montmorency. Un jour, j’ai vu que je ne pouvais pas rester sans rien faire.

Et l’Esprit Saint fait son œuvre : 
J’ai été invitée à une rencontre du MCC (Mouvement des Cadres Chrétiens),  je me suis aussi occupée de la sacristie les samedis après midi, je gérais la logistique lors des célébrations de mariage. Je me suis surprise à apprécier d’être là. Je ne m’ennuyais jamais ! Il se passe beaucoup de choses lors de la cérémonie, je pouvais prendre la mesure de l’engagement de chacun, j’étais perçue comme un membre de la communauté avec les autres personnes présentes. Je participais également à l’équipe de catéchèse pour préparer la première communion des enfants

Et puis le déménagement en Haute Savoie 
Ici, tout a commencé avec la chorale des Carroz. La première année, je suis allée chanter avec la chorale quand il y avait la messe. Ensuite j’ai été mise en contact avec le MCC. Mais tout s’est emballé quand je me suis rendue à Talloires en septembre dernier avec d’autres personnes de la paroisse. Je suis entrée dans l’équipe catéchuménat avec Marie-Thérèse Bouchet pour accompagner deux adultes dans la préparation de leur baptême. Et puis Raymond m’a appelée. Au début, il m’a dit : « Je t’appelle, je ne sais pas encore bien à quoi, mais je réfléchis ! » Après un trimestre de silence, je croyais qu’il m’avait oubliée, mais il m’a recontactée pour venir à une réunion du CPP, puis… de l’EAP ! Je n’avais pas compris qu’il pensait à cette mission-là ! J’avais envie de lui dire que je connaissais peu la paroisse, que je n’étais pas là depuis suffisamment de temps, que je n’avais pas de légitimité… Mais je n’ai pas fui !

Marie-Hélène RAPIN

Marie helene rapin 1Marie-Hélène est mariée et est maman de deux enfants. Elle est habite à Thyez et exerce le métier de secrétaire. « Je suis arrivée à Thyez en 1988 ». Avant elle habitait Chedde et elle estime qu’elle est tombée dans la marmite de l’Eglise quand elle était petite ! « Je garde un excellent souvenir de la catéchèse avec les sœurs. » 
Son parcours de foi s’assimile à un cheminement serein, dont elle parle avec une belle confiance tout en se laissant travailler par les événements de la vie. D’ailleurs, elle affectionne les formations, notamment un groupe d’écoute d’Annecy qu’elle fréquente depuis plusieurs années.

Appelée ! 
Marie-Hélène est déjà engagée dans plusieurs services d’Eglise : elle fait de l’écoute le premier vendredi du mois à l’église de Thyez de 14 à 16h : « Même s’il n’y a presque jamais personne, je reste fidèle à cet engagement. Je crois que c’est dans la fidélité et la durée que les choses finissent par porter du fruit. » Mais elle passe aussi du temps avec le groupe biblique du Père Yvon. « Au nom de mon engagement dans le groupe écoute et soutien, je rends visite à un monsieur à la maison de retraite de Marnaz depuis des années, j’essaie également d’aller voir des personnes malades. Je fais aussi partie du groupe « chrétiens en marche » dans la communauté de Thyez.  J’ai  également accompagné trois personnes en catéchuménat adulte ». 

Quand elle a reçu un coup de fil de Raymond, Marie-Hélène a  été très étonnée et a demandé un temps de réflexion.  « J’ai attendu des signes dans ma prière. Etait-ce le bon moment ? Je croyais m’engager plus tard quand je serais à la retraite… était-ce le bon appel ? Le signe est venu à la lecture des textes du jour que je lis dans « Prions en Eglise » Tous les jours il n’était question que de service, de serviteurs… J’ai dit oui, même si je sais que ce ne sera pas forcément tous les jours facile ! Et puis, il me revenait cette Parole de St Paul : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile.» Parole que je relis de cette manière : « Que serait ma vie si je n’annonçais pas l’évangile ? » Alors aujourd’hui, quand je songe que c’est un engagement trop grand pour moi, je fais confiance à Jésus, je lui laisse la place et je crois qu’il agira. C’est quelque chose que je dis facilement quand je croise des laïcs : ne pas compter sur eux-mêmes, cela ne mène qu’à des histoires d’hommes. Se sentir appelés, c’est plutôt se demander si c’est l’esprit des hommes ou l’Esprit de Dieu qui parle en nous et le discernement vient de lui-même.  Le discernement est essentiel : invoquer l’Esprit Saint, lui rester attentif !

Maurice BLANCHET 

maurice-blanchet.jpgMaurice est marié, il a eu trois enfants et il a déjà 5 grands petits enfants. Il a travaillé toute sa vie dans le pneu. Un métier de commerce, empli de rencontres. Son épouse gardait des enfants. Maurice est retraité depuis 11 ans. Ses parents étaient très croyants. « Je vivais jusqu’en 58 au Reposoir. L’école était privée, le prêtre nous enseignait, j’ai poursuivi encore mes études à Annecy, en école privée. Adulte, j’ai adhéré au MRJC (Mouvement Rural des jeunesses chrétiennes). Je baigne dans le bain ecclésial depuis toujours ! »

Appelé ce n’est pas rien ! 
C’est une demande du Père Monet. J’en ai été perturbé et je n’ai pas répondu tout de suite. C’était une mission que je ne pensais pas pouvoir assurer. Ce n’était pas à mon niveau et pourtant j’ai dit oui. Parce que c’est normal de s’engager en tant que laïcs. J’ai fait confiance dans le choix du père Monet. C’est une mission à laquelle m’appellent mon baptême et ma foi, je ne pouvais pas refuser cet engagement au service du Christ.
Et puis je crois en la force de l’Esprit Saint, il est avec nous, il a besoin de nous. Alors en tout humilité et simplicité, j’ai dit oui pour servir mes frères.

Maurice aussi est déjà très engagé dans notre Eglise. Il a intégré les équipes funérailles, admirable service qui permet aux familles de traverser l’épreuve du deuil de l’un de leurs proches… « Quand je rencontre une famille lors d’une sépulture, je ne croyais pas non plus y arriver et pourtant je fais cela depuis plus de dix ans… J’ai suivi des formations bien sûr, ça aide énormément. Je participe également aux équipes liturgiques depuis des lustres, ça date de l’abbé Lepan (pour ceux qui l’ont connu !) Je continue d’assumer mes responsabilités, je m’occupe aussi du denier, sensibiliser les gens à donner pour l’Eglise, distribuer les enveloppes, j’ai un peu la réputation de faire les annonces pour demander de l’argent, mais il faut bien quelqu’un pour le faire ».

Maurice a fait aussi la FDL (formation des Laïcs) il y a quelques années. Cela lui a fait prendre conscience du besoin de changement de l’attitude des laïcs dans l’Eglise d’aujourd’hui : « Quand je compare le discours qu’on nous tenait dans le temps dans l’Eglise, je vois combien les choses ont évolué, la place des laïcs, tout ça… »

Après les avoir écoutés tous les trois, des questions montent… 
« Tous ces engagements, c’est impressionnant ! »

Maurice répond : « Les équipes funérailles m’apportent beaucoup même si c’est très lourd. Il peut y avoir 4 à 5 sépultures dans la semaine et nous sommes de moins en moins nombreux. C’est long pour préparer la célébration, j’y passe un temps fou. Rencontrer les familles aussi…  Et pourtant j’aime ce service d’Eglise. Il m’amène à dire ma foi. Les personnes sont démunies quand nous arrivons chez elles… Parfois nous avons dit quelque chose qui les a vraiment portées alors qu’elles étaient découragées. Il n’est pas rare qu’on nous fasse cette confidence. C’est important pour elles de côtoyer des personnes qui connaissent l’Église ».

Quant à Marie-Hélène, elle insiste sur la fidélité à ses engagements :
« On ne peut pas vivre sa foi sans cela ». Pour moi, l’amour de Dieu  passe par l’amour de l’autre, je ne peux les dissocier ».

Anne estime qu’elle est dans une période normale d’apprentissage : 
 «L’ancienne équipe s’en va peu à peu, nous sommes trois.  Il faudra que d’autres arrivent !  Je me sens à l’aise pour être en interaction avec Raymond, mais je m’estime encore peu en lien avec les communautés. Je commence à aller à la messe dans les différentes communautés. Finalement c’est peut-être un avantage de venir d’ailleurs ? Je n’ai pas d’a priori, je ne connais pas les rivalités ou les petites choses qui empêchent parfois d’avancer… »

« Quel est votre regard sur la paroisse ? »

Pour Anne, notre paroisse n’est pas différente d’une autre. « Simplement, la dernière paroisse que je fréquentais en région parisienne  était peuplée de nombreuses populations des îles et d’ailleurs : ils ont cette spontanéité dans la liturgie qui me manque parfois. Je suis abonnée à Signes et je remarque qu’ils savent pointer tel ou tel détail qui fait de ce dimanche une fête particulière. C’est pour cela que j’apprécie beaucoup les veillées Taizé animées par l’aumônerie. On peut se déplacer librement, manifester sa foi autrement par un chant ou un temps de silence
Maurice connaît bien les communautés. « Nous comptons bien les soutenir et les aider. On ne peut plus travailler chacun pour soi. Nous sommes tous au service du Seigneur ; il faut nous accepter sans nous comparer. Comment réfléchir autrement que comme une entreprise ? L’Eglise est autre. Notre paroisse est grande, très diverse, mais chaque communauté a la chance de posséder une équipe bien vivante qui travaille avec courage malgré les difficultés. Tous unis au service du Seigneur, chacun donne le meilleur de soi et c’est bien ainsi, c’est aussi cela la fraternité !
Marie-Hélène réagit avec confiance : « L’Eglise du Christ existe depuis 2000 ans. Ce n’est pas moi qui vais changer les fragilités. Ce n’est pas dans les grandes choses que nous allons rayonner. Donner une belle image de l’Eglise, humble, simple et accueillante, cela se fera en rejoignant les gens dans leur vie de tous les jours ; c’est là qu’on va faire quelque chose de grand » 

Le mot de la fin…

Comme nous le voyons, nos trois nouveaux membres de l’EAP ont les pieds sur terre. Nous pouvons rendre grâce à Dieu pour leur OUI et leur souhaiter une belle mission.

Marie-Hélène nous confie : « Nous arrivons avec toute notre foi. Le Père Raymond est très ouvert, il se laisse travailler, il cherche vraiment à recueillir notre avis, nous allons aimer travailler avec lui ! Nous nous sentons utiles. Les trois anciens nous ont montré le chemin, nous n’allons pas exercer cette responsabilité tout seuls. Nous allons être appelants ! »

Anne n’oublie pas d’évoquer la lettre de notre évêque aux communautés qui va servir de tremplin pour élaborer un projet pastoral : « Aux Carroz, la lettre aux communautés nous a donné envie de nous investir davantage dans le choix des chants à la chorale. Nous nous retrouvons en amont pour une réflexion avec Chantal Cartier. Pour nous c’est une petite fraternité qui se réunit, nous partons de l’existant et nous l’enrichissons, nous l’ouvrons à autre chose ! 

Maurice renchérit : « Cette responsabilité, nous ne pourrons l’assumer qu’avec tous les paroissiens, avec une grande reconnaissance pour ceux qui ont tant donné avant nous. Nous le savons tous, le premier souci sera d’appeler, appeler sans cesse. Osons nous engager ! Le découragement et la fatigue menacent, les équipes se réduisent parce que nous avons peur. Ensemble nous pouvons changer les choses, avec notre foi et dans la prière, en demandant à l’Esprit Saint de nous aider. Si nous agissons, Il fera le reste. Nous devons croire à la force de la prière ! »

Marie-Hélène rappelle que l’Eglise du Christ existe depuis 2000 ans. « Ce n’est pas moi qui vais changer les fragilités. Ce n’est pas dans les grandes choses que nous allons rayonner. Donner une belle image de l’Eglise, humble simple et accueillante, cela se fera en rejoignant les gens dans leur vie de tous les jours ; c’est là qu’on va faire quelque chose de grand ». 

Anne termine : « En puisant dans la lettre aux communautés, nous pourrons élaborer un projet pastoral, nous pourrons prendre du recul, créer des ponts entre toutes les personnes qui œuvrent pour la paroisse. Talloires était une belle manifestation de tout ce qui se vit et que nous ne soupçonnons pas. Tout à coup j’ai réalisé toutes ces petites mains qui travaillent et qui sont autant d’épis qui jaillissent de terre ! »

Propos recueillis par Chantal GAILLARD