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Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve Paroisse Saint-Bruno en vallée d'Arve

La main tendue

Cluses : la main tendue des paroissiens aux demandeurs d’asile. Nathalie est musicienne, Jacques ophtalmologue : une famille ukraino-syrienne en demande d’asile bénéficie depuis plusieurs mois de l’aide de la paroisse Saint-Bruno. Récit entre Alep, l’église de Cluses et… le conservatoire d’Annecy.

Le Messager, publié le 21/09/2016
Auteur : DAVID GOSSART

Photo [Le père Vincent, Jacques, Anastasia, Nathalie et Chantal.]

Assis dans la salle de réunion à un jet de caillou du pont de la Sardagne, Thierry et Nathalie sont tout sourire. Une de leur fille, Ninorta, a été acceptée la veille au conservatoire d’Annecy. Ce qui pose un problème logistique : eux habitent depuis novembre dernier dans un foyer du quartier de Pressy.

Avec Chantal, bénévole de la paroisse et le père Vincent, ils commencent à réfléchir aux solutions. C’est ainsi que Saint-Bruno en vallée d’Arve leur vient en aide, comme à une famille irakienne arrivée il y a quelques mois. « On les a mis en lien avec la mairie, notre réseau, ce sont des coups de pouce de ce type, mais on ne peut pas les loger ou les nourrir », note le père Vincent.

C’est à l’église que la rencontre s’est faite, spontanément. Ninorta chantait à l’église à Noël. Depuis, Virginie, Daad, Chantal, Thierry, Marie-Thérèse, Marie-France, les aident : dons de vêtements, linge de toilette, mais aussi Edouard, qui a convoyé l’homme de la famille irakienne chaque jour vers ses cours de français au Greta.

Ils n’ont pas choisi la France au hasard. Elle est venue à Toulouse en 1991 pour un concours de chant international. Il est venu pour son cursus entre Bruxelles, Lyon, Paris. « On aime la culture française, la peinture, le climat… Elle est connue en Syrie. Ce n’est pas difficile pour nous de s’intégrer en France ! » Ce que confirment le père Vincent et Chantal. « Ils parlent arabe, ont beaucoup d’amis et une vie sociale ».

D’ailleurs, si quelque chose les chagrine, c’est l’attente pour leurs papiers : en Allemagne ou en Suède, d’autres ont vu leurs dossiers traités plus vite. « On veut travailler ! » L’oisiveté les grignote. Jacques aimerait savoir si une équivalence pour son diplôme est possible. A priori, au vu des temps d’attente, la vallée ne serait pas contre un ophtalmologue en plus.