Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Paroisse Sainte-Anne d'Arly - Montjoie Paroisse Sainte-Anne d'Arly - Montjoie

Irak là-bas... Irak ici !

Rencontre-échanges avec deux familles irakiennes de Mossoul et Karakoch.
Soirée partage du samedi 11 mars 2017 à Flumet

Invitées en week-end à la neige suite à l’opération lancée à Noël à La Giettaz « UN TOIT POUR EUX », deux petites familles irakiennes arrivées sur Lyon en novembre ont pu donner le témoignage de leurs épreuves et leurs espérances.

Du Val d’Arly, de Megève, ce sont plus de cinquante personnes qui les ont entourées à la salle du centre Social de Flumet ce samedi 11 mars à FLUMET, à l’invitation des communautés paroissiales du Pôle Val d’Arly. Merci à tous et à chacun !

Une soirée toute en sympathie, une cordialité au-delà des frontières géographiques et de la langue, une chaleur humaine aussi bonne que le repas « bol oriental » partagé : une soupe irakienne aux lentilles corail parfumée au cumin, accompagnée de kebbés ( galettes de boulghour farcies de viande hachée), et taboulé libanais cuisiné par Ayoub, prêtre libanais, officiant comme traducteur. Cette information de proximité inédite en direct a concrétisé derrière des visages, l’actualité lointaine rapportée par nos médias.

Projetée sur écran, la carte géographique a mieux situé les faits tragiques sur le terrain et les prises de vue « avant » et « après » ont transmis le désastre laissé après le passage de Daech à Karakoch comme à Mossoul. « Elle fut déchirante ! la détermination à quitter le pays, qui s’est imposée d’elle-même à un moment donné, en pleine nuit », a voulu expliquer Qusey ( prononcer KOUSSAILLE en syriaque). L’abandon de l’armée irakienne qui a laissé champ libre à l’horreur terroriste : vécue comme une traîtrise ! Le front déterminé, des yeux et un visage imprégnés du drame de son pays et de tout ce qu’il a du abandonner sur place (l’habitation familiale détruite, le fruit de son travail rayé de la carte etc…), avec en mains son téléphone portable porteur de toutes ces images précieuses et douloureuses, le jeune père de famille catholique est encore « là-bas », mais il est bien « ici » aussi.

La France vient de confirmer son statut de réfugié à sa famille et, aux côtés de Rania avec leur petit Onel, c’est bien en France qu’ils vont repartir à zéro. (A noter au passage que le coût administratif d‘un tel dossier de demande est de 591€ par adulte.)

Zahiab, quant à elle, jeune femme musulmane, dont le mari est resté retenu en Irak, répond avec détermination à la question « - Est-ce une guerre de religion ?  - Pas du tout, nous vivions très bien ensemble, musulmans et chrétiens. Je suis moi-même sunnite… Daech est un groupe ultraradical sunnite. Rien à voir pourtant avec notre religion musulmane ». De quoi nous aider à sortir des amalgames !

Zara et Janna, leurs deux fillettes brunes et pleines de vie, parlent déjà français en quatre mois d’école. Employée administrative, Zahiab travailla encore en exil à Erbil après avoir, comme des milliers de ses compatriotes, fui de Mossoul dévasté vers le Kurdistan Irakien. Ces deux familles s’y réfugièrent deux années. Et c’est dans le cadre du parrainage entre le diocèse de Lyon et celui de Mossoul, qu’une opportunité se présenta à eux qui ne se connaissaient pas jusque là.

Une échappée vers l’inconnu, une chance offerte avec l’accueil d’un comité de soutien de Limonest dans les Monts d’Or. Avec l’encouragement du maire, ce comité a réuni quelques seniors bénévoles, deux paroisses voisines partie-prenantes, le Comité de parrainage, le Prado qui a offert les hébergements remis en état par la Commune, l’Association St Vincent de Paul (à qui sera d’ailleurs destiné le produit non négligeable de cette soirée-repas soit 800 €).

A eux tous, ils sont complémentaires : les papis mamies emmènent les petites à l’école et sont là, tels des anges gardiens, pour remplacer la génération précédente restée dans son Irak natal envers et contre tout, d’autres initient au français, sont là discrets et efficaces, aidant aux lourdes démarches administratives ou aux déplacements jusqu’à Paris parfois. Il n’en faut pas moins pour une reconstruction. Et, comme le souligne Florence, coordinatrice déléguée par la mairie « Dans cette dynamique d’accueil des réfugiés, il est important de considérer que, au coeur même de leurs appartenances religieuses, ils arrivent sur UN TERRITOIRE, et qu’à ce titre, les communes représentent le trait-d’union entre toutes les volontés convergentes. »

Comme on aimerait que cette démarche de Limonest fasse école, dans le Rhône et ailleurs ! Et pourquoi pas en Savoie, pour des accueils de vacances et une complémentarité entre ville et montagne ?

La messe concélébrée à La Giettaz dimanche 12 mars, par le P. Jean Duval et par le P. Ayoub, prêtre libanais de rite catholique melkite fut un temps fort autour de la parole du jour, quand on fait le parallèle géographique entre Ur en Chaldée, aujourd'hui Tell Muqayyar en Irak, et la ville de Karakoch que Qusay a fui pour s’en venir en France.

Le Notre Père prononcé en Syriaque, puis en Français, nous a unis au-delà de nos frontières linguistiques sous le regard bienveillant d’un seul Père.




Lecture du livre de la Genèse                  
Dimanche 12 mars 2017

"En ces jours-là                                   
le Seigneur dit à Abram :
« Quitte ton pays,
ta parenté et la maison de ton père,
et va vers le pays que je te montrerai.
…Je te bénirai,
…Je bénirai ceux qui te béniront ;
celui qui te maudira, je le réprouverai…"

 

Merci à tous les participants

.