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Paroisse Saint-François d'Assise en vallée d'Arve Paroisse Saint-François d'Assise en vallée d'Arve

Voyage solidaire en Palestine-Israël

Témoignage de Monique Puech

Témoignage au retour d’un voyage en Palestine

Je rentre d’un voyage solidaire en Palestine-Israël organisé par le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-terre solidaire). Nous étions 13 participants de toute la France, engagés dans ce mouvement de solidarité. Certains avaient déjà été en Palestine et étaient plus au courant de la situation des palestiniens que moi qui était totalement novice dans la découverte de ce pays.

Dès mon arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, j’ai été frappée par le nombre d’israéliens juifs pratiquant avec la tenue rituelle. Je posais la question à mes compagnons, mais il n’y a pas de palestiniens dans l’aéroport ? Ils m’ont répondu ils sont interdits d’aéroport en Israël et doivent se rendre à Aman en Jordanie, s’ils veulent prendre l’avion.

Ensuite j’allais d’étonnement en étonnement car on m’avait expliqué que les palestiniens avaient des plaques vertes sur leurs voitures et ne pouvaient pas rentrer en Israël, les Israéliens quant à eux ont des plaques jaunes et ne peuvent pas circuler en Cisjordanie/Palestine. Palestiniens et Israéliens n’empruntent pas les mêmes routes, les routes palestiniennes sont très mal entretenues alors que les routes Israéliennes sont comme dans les pays européens.

Nous avions deux chauffeurs et 2 bus, l’un à plaques jaunes et l’autre verte pour faire nos visites selon que l’on était en Israël ou en Cisjordanie. Pour passer de  Cisjordanie en Israël, les voyageurs sont obligés de passer par des check-point avec contrôle d’identité, fouilles etc… et encore les palestiniens ne peuvent pas toujours passer, ce qui leur fait perdre un temps considérable pour aller à leur travail par exemple.
 Nous avons vu un autre check-point pour des agriculteurs, qui ouvrait à heure indéterminée, au bon vouloir de l’armée israélienne, si bien que les agriculteurs pour se rendre sur leur terre perdent chaque jour des heures à attendre.

Autre réalité terrible que vivent les palestiniens : la colonisation qui a commencé après la guerre de 1967 au sud de Jérusalem et dans la vallée du Jourdain, positions stratégiques, le Jourdain étant le puit de la région et les colons ont détourné toute l’eau à leur profit.

Les colonies augmentent de plus en plus, 70% de plus de colons en 2013. Ils détruisent les villages palestiniens, les cultures ; il n’est pas rare de voir des hectares d’arbres fruitiers détruits en une matinée par des bulldozers, ils prennent les habitats palestiniens en bon état et mettent des drapeaux israéliens à toutes les fenêtres. Ils s’installent en plein quartier palestinien à Jérusalem-est, sans le moindre scrupule.

Il y a aussi la construction d’un mur pour séparer Israël et la Cisjordanie, infranchissable pour les palestiniens. Toutes les fois que l’on pénètre dans une zone palestinienne, il y a un panneau : « zone dangereuse, peuplée de terroristes », alors qu’en Israël il y a des panneaux « état démocratique où vous êtes en sécurité »
Il s’agit d’un véritable apartheid que vivent les palestiniens sous le regard indifférent du monde. Il y a des associations que nous avons rencontrées : les partenaires CCFD qui luttent souvent de façon non violente pour les droits des palestiniens ou pour qu’ils puissent vendre leur produits d’artisanat (céramiques, objets en bois, broderies..) dans les villes palestiniennes, surtout à Hébron dans le sud de la Cisjordanie ou à Bethléem.

Il existe aussi une société d’archéologie qui fouille pour donner une autre version à l’existence du temple de David à l’emplacement du temple de Jérusalem ex quartier musulmans pour éviter que les israéliens envahissent par les colonies ce quartier se déclarant chez eux puisque c’était le lien du temple de David.

D’autres associations s’occupent des réfugiés dans les camps de Belata à Naplouse, ou des bédouins du désert qui vont être expulsés de leur lieu de vie pour être parqués vers Jérusalem dans un endroit très réduit, alors qu’eux sont habitués aux grands espaces.

Il est vraiment dommage qu’un si beau pays, le pays du Christ de surcroit pour nous Chrétiens, soit pareillement divisé ou que des gens soient chassés de leur terre, vivent comme s’ils étaient en prison, n’étant pas libre de circuler sur leurs routes, n’ayant pas accès à l’eau qu’ils doivent racheter au prix fort à Israël et la conserver dans des citernes, étant constamment fouillés, subissant maint contrôle d’identité comme s’ils étaient tous des terroristes.
Heureusement que dans ce tableau sombre se lèvent des gens de bonne volonté, soit israéliens, soit palestiniens, pour lutter (souvent de façon non-violente) pour que les droits des palestiniens soient respectées. Ils se sentent abandonnés par le reste du monde qui s’intéresse à d’autres conflits ou défendent d’autres causes qui semblent plus médiatiques. Aussi ils ont été très sensibles à notre visite et à l’intérêt que nous leur avons porté.

De retour en France, j’ai envie de les aider en lien avec mes compagnons de voyage qui organisent déjà des actions, par exemple « 24h pour connaitre la Palestine » à Grenoble où ils essaient de faire connaitre cette situation inacceptable.

Si vous êtes intéressés nous pourrions faire des actions sur Sallanches je suis en lien avec les grenoblois.
Vous pouvez me contacter Monique PUECH 04 50 91 34 38