Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Paroisse Saint-Jean-aux-Portes-d'Annecy Paroisse Saint-Jean-aux-Portes-d'Annecy

Homélies du Père Pierre MASSON _ 2018

  4ème dimanche ordinaire  B     (28 février 2018)                                                                                                                                Mc 1, 21-28

Depuis toujours les hommes ont vécu dans la crainte de la toute- puissance de Dieu. Les rites religieux avaient pour but d’apaiser la colère de Dieu et de se concilier ses bonnes grâces. Le passage de la mort fait peur à beaucoup. Il est suivi du Jugement symbolisé par la balance qui pèse le bien et le mal. Et aujourd’hui encore je rencontre des chrétiens qui vivent dans la peur du jugement, du péché, de l’au-delà, de l’enfer ou du diable.

La peur est présente dans les lectures d’aujourd’hui. C’est le peuple d’Israël qui a peur de Dieu et ne veut plus l’entendre car pour eux Dieu se manifestait dans la fureur d’un volcan. Mais Dieu, Lui, veut se faire entendre, Il ne cherche pas à faire peur…alors, Il envoie des prophètes parler en son nom et ouvrir des chemins de vie.

Dans l’Evangile, c’est la peur du possédé : " Es-tu venu pour nous perdre ? " Il sait qui est Jésus : le Saint de Dieu; mais cette sainteté lui fait peur. Elle est une menace. Alors Jésus fait taire le démon  et l’expulse du possédé. Ce possédé pourra alors vivre dans la confiance, en paix, avec Dieu et ses frères.

 La peur est l’œuvre du mal et Jésus nous en libère.

Ainsi la peur nous ferme à la relation, à la confiance, à l’amour, à la rencontre. L’autre devient une menace, un danger dont on se protège. Même Dieu nous fait peur. Jésus n’a jamais eu peur de la rencontre. Il a toujours aimé pour sauver et faire vivre. Il nous apprend à prier en disant avec lui : « Père » et il nous fait demander la vie de Dieu, son Esprit en partage.

Au moment de la Passion, ce n’est pas de son Père qu’il a peur : « Ta volonté et non la mienne…entre tes mains je remets mon esprit. » Il s’abandonne dans un excès de confiance à l’amour du Père.

La peur de Dieu nous paralyse et nous empêche de prier avec confiance. Combien de fois j’ai entendu dire : « Je n’arrive pas à prier … »  et après un cheminement on découvre qu’il y a cachée en nous la peur de s’offrir à Dieu.

Souvenons-nous des paroles de Jean-Paul II : « N’ayez pas peur de Dieu, de l’Evangile, d’aimer… » et l’un des reproches les plus fréquents de Jésus à ses disciples c’est leur peur : « Pourquoi avoir peur hommes de peu de foi ? »

Devant Dieu ce n’est pas la peur qui nous anime mais la confiance et l’adoration dans la certitude que sa puissance est toujours au service de la vie et de l’amour. Il est le Dieu de la vie, même à travers la mort. Et nous pouvons nous réjouir.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? Il commande aux esprits impurs et ils lui obéissent ! Un grand prophète s’est levé parmi nous. » Dieu seul peut nous libérer de nos peurs. Qu’Il nous donne assez de foi pour lui demander cette libération et qu’Il nous donne de vivre dans la confiance, l’abandon et la joie !

« De quoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? »

******************************************************************************************************************************************************

Epiphanie : 6 janvier 2018                                                                                                          

    Mt 2, 1-12

En ce début d’année, les mages de l’Evangile nous ouvrent un chemin de vie. Ils ont vu se lever l’étoile d’un roi et les voici à Jérusalem au palais du roi Hérode. Mais ils sont renvoyés ailleurs, à Bethléem, un petit village de Judée et dans une simple maison ! Dieu est venu déjouer leur GPS : il n’est pas là où ils pensaient normalement le trouver. Ils nous découvrent un autre Dieu que celui qu’ils connaissaient. Dieu s’est caché dans un enfant. C’est à cet enfant que les mages offrent des présents royaux, des présents de grand prix. Par ces présents ils disent à l’enfant qu’il est quelqu’un de grand. Cet enfant, dont personne ne connait la naissance, est le vrai roi des Juifs, le vrai roi des hommes, le vrai roi du monde. Dieu se cache et se révèle en cet enfant comme plus tard il se révèlera dans le crucifié : à Noël, comme au calvaire, Dieu est présent en Jésus.

Pour nous aussi, Dieu se cache dans nos frères, particulièrement les plus pauvres et les plus petits. Il nous faut le regard des mages pour le découvrir. Il nous faut voir l’étoile divine qui brille en tout.

Alors, nous devenons les mages qui viennent dire à chacun : « Tu as du prix, tu es aimé. » Nos présents, ce sera notre amitié, notre pardon, notre écoute, notre fraternité, notre respect, notre estime. En chacun nous apprenons à voir le visage de Jésus. Chacun devient beau, digne d’être aimé et rencontré.

Chacun de nous a en lui cette étoile divine, chacun abrite Dieu, chacun héberge Jésus et Marie. Dans nos pauvretés et nos limites personnelles, Dieu se rend présent. Il n’est étranger à aucune situation. Notre cœur est la crèche où s’arrête l’étoile qui conduit à Dieu.

Et si nous sommes ainsi porteurs du visage de Jésus, c’est pour le révéler aux autres, l’offrir aux autres. Pour cela il nous faut être humble et plein d’amour comme à Bethléem. C’est dans la simplicité de nos relations quotidiennes que nous annonçons Jésus, roi d’amour.

En cette fête de l’Epiphanie, où Dieu nous montre en Jésus le vrai roi, regardons-nous les uns les autres comme des rois, et la lumière brillera sur la terre.

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. »