EDITO
« Dieu promet la vie, l’Esprit la fait grandir, et le Christ nous relève »
À l’approche de la Semaine Sainte, la liturgie de ce cinquième dimanche de Carême nous conduit sur un chemin d’espérance et de conversion : Dieu promet la vie, l’Esprit la fait grandir, et le Christ nous relève. Ces trois appels sont à la fois spirituels et concrets, pour nourrir notre foi dans le contexte d’aujourd’hui.
1. Espérer : Dieu ouvre les tombeaux
Le prophète Ézéchiel s’adresse à un peuple découragé, exilé, sans avenir. Dieu lui promet : “Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter…” Cette parole est une invitation à croire que Dieu agit dans nos histoires humaines. Dans notre société française souvent marquée par la lassitude, la peur de l’avenir ou la perte de repères spirituels, cette promesse garde toute sa force. Dieu n’abandonne pas son peuple : Il continue d’ouvrir des chemins de vie dans les cœurs et dans l’Église.
À vivre : Prendre un temps de silence chaque jour pour relire sa vie à la lumière de cette promesse. Confier à Dieu ce qui semble “mort” - une relation, une foi affaiblie, une situation difficile et Lui demander de faire renaître la confiance.
2. Vivre selon l’Esprit : se laisser transformer de l’intérieur
Saint Paul rappelle aux Romains que “l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous.” Cette affirmation est le cœur de la vie chrétienne : la foi n’est pas seulement une adhésion intellectuelle, mais une transformation intérieure opérée par l’Esprit. Vivre selon l’Esprit, c’est laisser Dieu inspirer nos choix, purifier nos intentions et orienter nos actions vers le bien. Dans un monde où l’individualisme grandit, l’Esprit Saint nous pousse à la communion, à la solidarité et à la paix.
À vivre : Poser un geste concret de charité ou de réconciliation cette semaine - un pardon donné, une visite à une personne isolée, un service rendu avec joie. L’Esprit agit dans ces gestes simples et fait grandir la vie du Christ en nous.
3. Se laisser relever : “Lazare, sors !”
L’évangile de Jean nous montre Jésus face à la mort de son ami Lazare. Il pleure, il prie, puis il crie : “Lazare, sors !” Ce cri traverse les siècles. Il révèle la puissance de Dieu qui fait passer de la mort à la vie ; et la tendresse du Christ qui rejoint chacun dans sa souffrance. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous appelle à sortir de nos tombeaux intérieurs : la peur, la résignation, le péché, l’indifférence.
À vivre : Répondre à cet appel en participant à un temps de prière, à une célébration pénitentielle ou à une messe de semaine. Laisser le Christ nous redire personnellement : “Sors ! Viens à la vie.”
P. Joseph Anish Kumar,