lectures du 19 -ème dimanche du temps ordinaire
- Mt 14 (22-33)
L’été n’est pas fini. Voulez-vous des devoirs de vacances ? .... ou des conseils de lectures… ?!
Eh bien, si vous avez un peu de temps cette semaine, lisez les chapitres 17, 18 et 19 du premier livre des Rois, dans l’ancien Testament, et faites ou refaites connaissance avec Elie, prophète passionné par le Seigneur et dans la figure duquel je vous assure que nous pouvons nous retrouver…
Dans le passage de ce livre pour aujourd’hui, nous sommes avec lui, qui a fui les armées de la reine Jézabel, parce qu’il a spectaculairement éliminé ses prêtres idolâtres.
Il a été fort, efficace, il a remporté la victoire au nom de Dieu. C’est un prophète guerrier. Enfin, bon, ensuite, il doit fuir pour sauver sa vie, il est menacé et se retrouve faible et vulnérable.
Au début du chapitre 19, un peu avant ce que nous avons lu ce soir (ce matin), il n’en peut plus, il souhaite mourir, c’est alors que Dieu se fait réconfort avec du pain et de l’eau, pendant son sommeil, quand il est sans défense…
Après, il peut marcher pendant 40 nuits et 40 jours vers la montagne de Dieu, l’Horeb.
Rappelons-nous que dans la Bible, la montagne est le lieu de la rencontre, de la manifestation de Dieu.
Arrivé à la montagne, (c’est le texte de ce jour), il s’abrite à l’intérieur d’une caverne et voilà que Dieu lui demande de sortir et de se tenir prêt « car il va passer »… Il lui demande de sortir, de la caverne, et surtout de ce qu’il était avant, de ce que saint Paul appelle "le vieil homme"…
Elie a eu 40 jours pour se préparer à la rencontre, il a fait comme un examen de conscience, il a du penser en marchant…et sans doute vécu un retournement intérieur. Il devient capable de saisir le passage du Seigneur dans le souffle d’un fin silence. Nous aussi, sortons de nos habitudes, de nos représentations et tenons-nous prêts. Soyons attentifs, veillons, le Seigneur passe…et souvent autrement que ce que nous attendons !
Dans l’évangile, après le signe de l’abondance du pain quand il est partagé, même pour une foule nombreuse, Jésus envoie ses disciples vivre une expérience décapante. Qu’ils aillent en barque sur les eaux tumultueuses de la mer, qu’ils aillent jusqu’à une autre rive. Lui reste à prier son Père, seul. Il a nourri les foules, il se nourrit lui-même à présent, parce qu’il a un autre pain à donner aux disciples et on verra lequel.
Un peu plus tard, La nuit est bien avancée, la mer est déchaînée, les disciples effrayés ne reconnaissent pas leur maître qui vient vers eux sur les eaux.. Pourtant, cela fait au moins deux ans qu’ils le suivent…et à peine quelques heures avant, ils étaient avec lui…
Nous connaissons la peur, nous aussi, peur de perdre ce qui nous fait vivre, nos conforts, nos sécurités. Parfois simplement la peur de nous risquer à de nouvelles rencontres…
Que faire alors ? Soit nous nous laissons submerger, soit nous en appelons au Seigneur : « sauve-moi » !
La force de la peur est de nous faire oublier que Dieu nous a déjà sauvé, que nous avons déjà, avec Lui et à plusieurs reprises surmonté les abîmes, retrouvé la foi et la paix.
Pourquoi avons-nous la mémoire si courte ?
Vous avez remarqué la phrase de Pierre ? : "Si c’est bien toi, ordonne- moi de venir à toi sur les eaux."
Dans cette phrase, il dit le doute : si c’est bien toi…et la confiance : ordonne-moi…
Jésus le prend comme il est. Avec son élan et sa pauvreté. Et c’est pareil pour nous.
Quand il commence à couler, il appelle, et la main de Jésus le saisit. C’est cela qui est comme un pain pour la foi des disciples et donc pour la nôtre : La grâce est donnée quand nous ne comptons plus sur nous, le Christ nous sauve de toutes les noyades, pour peu que nous gardions les yeux fixés sur lui.
Quelques fois, nous entendons pour nous la question : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » En nous alors, il y a une confusion mêlée de reconnaissance…
Oui Seigneur, tu le sais, je crois en toi, si mal, si peu, mais viens à mon aide…