La peur — VEA

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Newsletter

La peur

Le Royaume des Cieux est ici et maintenant, chemin à explorer chaque jour, dans le respect, la douceur et la tendresse, pour l’autre et pour soi-même.

La peur et nous

Quelle relation étrange nous entretenons avec la peur ! 

Elle a été prévue pour être notre alliée face aux dangers de toutes sortes qui pouvaient menacer nos vies. Elle devait se déclencher à bon escient, pour un vrai danger et nous faire réagir de manière adaptée au contexte, puis disparaître.

Mais la complexification de notre cerveau nous a rendus capables non seulement de décoder et de réguler nos émotions, mais aussi de les anticiper, de nous les remémorer, de les imaginer… Et ce qui devait permettre d’enrichir, de rendre plus flexibles nos réactions, amplifie finalement de manière redoutable nos risques de dysfonctionnement face à la peur…

Peur des araignées, des souris, peur de l’avion, du vide, peur qu’il arrive quelque chose à ses proches, peur des catastrophes, du terrorisme, peur du regard des autres, de ne pas être à la hauteur… les peurs excessives touchent un adulte sur deux et les manœuvres d’évitement, ou les confrontations forcées, ajoutent peu à peu de la peur à la peur et c’est le cycle infernal… La peur devient le monstre qui nous emprisonne et nous réduit à l’état d’animal traqué....

Elle prend plusieurs formes et change de nom en fonction des circonstances : l’anxiété, peur anticipée associée à l’attente, au pressenti ou à l’approche d’un danger ; l’angoisse, anxiété avec de nombreux signes physiques ; panique, terreur, frayeur, peurs marquées par leur extrême intensité.
La peur est contagieuse et de manière subtile, le ꞌꞌnuage mondialꞌꞌ qui enserre notre planète entre en résonnance avec nos propres peurs, les amplifie ou nous plonge dans l’angoisse sans forcément que nous en saisissions la cause.

J’ai lu récemment un livre magnifique* qui interprète le texte des Béatitudes à partir de sa version retrouvée en hébreu.
« Il vit la foule du peuple et Il monta à la montagne… » :  Jésus ꞌꞌvitꞌꞌ, comprit ce que cette ꞌꞌfouleꞌꞌ représentait, car en hébreu, le même mot désigne la foule, les émotions, l’agitation au sens psychologique, l’âme qui a peur de vivre. « L’agitation et la peur nous mettent hors de toute vie relationnelle réelle, elles ne peuvent croire qu’au malheur. » Et l’auteur d’ajouter : « S’il y a une religion mondiale, bien établie dans l’humanité et qui touche tous les humains à un titre ou à un autre, c’est bien la foi dans le malheur. L’anticipation du malheur est presque de l’ordre du réflexe. »

Je me suis observée, j’ai vu que c’était vrai… et j’ai eu envie que ça change.
Avec Lui, ꞌꞌmonter à la montagneꞌꞌ, prendre de la hauteur, se différencier de l’agitation et de la peur, revenir habiter la Présence divine qui nous constitue et veut à chaque instant nous re-susciter. Faire partie de tous ces ꞌꞌpauvres de l’êtreꞌꞌ qui pratiquent l’élargissement du cœur, cultivent la paix, le partage, ré-ouvrent la connexion avec l’univers bienveillant et le miracle. Tel est le message révolutionnaire du Christ : le Royaume des Cieux est ici et maintenant, chemin à explorer chaque jour, dans le respect, la douceur et la tendresse, pour l’autre et pour soi-même.

 

(Anne Bielawski)

* ″Heureux les pauvres ! ″ Pierre Israël Trigano et Agnès Vincent
Autre livre de référence : ″Psychologie de la peur″ Christophe André

 


Seigneur, tu connais si bien nos peurs de la pauvreté, de la maladie, de l'étranger, du migrant, de l'inconnu, de la mort, que tu nous promets la force de l'Esprit pour les surmonter.
Prépare-nous chaque jour à la recevoir pour libérer notre énergie et témoigner de ta présence.

Dominique et Jean Pelloux-Prayer