Journée "Femmes nées quelques part" — Diaconie

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Journée "Femmes nées quelques part"

A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la Pastorale des Migrants du diocèse d'Annecy a organisé une journée dédiée à la "Femme Migrante".
  • Quand

    du 15/03/2026 au 15/03/2027

  • Couvent des sœurs de la charité, La-Roche-sur-Foron

  • Ajouter l'événement au calendrier

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Femmes venues d’ailleurs : foi, courage et dignité en chemin

Quitter son pays, c’est souvent laisser derrière soi sa famille, ses repères, parfois même sa sécurité. Beaucoup de femmes venues d’ailleurs témoignent que, dans ce déracinement, la foi devient une force essentielle. Le psaume 22 – « Le Seigneur est mon berger » – accompagne ce chemin difficile : la conviction que Dieu conduit la rencontre, soutient, relève, donne la force de rester debout.

Elles disent aussi le courage immense qu’il faut pour partir avec ses enfants, affronter l’inconnu, porter la pression des familles restées au pays et, parfois, le jugement du pays d’accueil. Car en France, où l’on se sent parfois supérieur ou méfiant, la personne migrante reste souvent perçue comme « étrangère », même après des années. Pourtant, derrière les papiers et la procédure administrative, il y a une vie, une histoire, une dignité.

Ces femmes expriment une immense gratitude pour l’accueil reçu : la première rencontre, lorsqu’on arrive, peut réconforter, sécuriser, changer un destin. Dans un centre où l’on vit parfois côte à côte sans se connaître, la rencontre de la foi crée des liens : on se découvre « une seule famille dans l’Église ». Les échanges permettent d’apprendre à se connaître réellement, au-delà des apparences et des préjugés.

Beaucoup évoquent aussi la souffrance de l’éloignement : savoir sa famille loin, parfois en danger, amplifie la solitude et l’insécurité. Mais la foi demeure un appui : « Dieu nous aime, et quand on se sent aimé, tout est possible. »

La parole partagée révèle une profonde sagesse. Pour dire leurs blessures, elles utilisent la métaphore des fleurs : malgré la boue où nos pieds s’enfoncent parfois, une fleur peut toujours refleurir. « Rester belle pour son Dieu », disent-elles, comme un acte de résistance intérieure. Certaines répondent simplement : « Amen. »

Les jeunes rappellent aussi l’importance de respecter toutes les femmes – mères, grand-mères, sœurs – et s’inquiètent pour les jeunes, exposés à la haine des réseaux sociaux.

Nous croyons à la possibilité de rencontres vraies, nées de petites actions faites avec le cœur, capables d’entraîner bien plus grand qu’elles.

Ces femmes venues d’ailleurs nous bousculent et nous enrichissent. Elles apportent un « sang neuf », élargissent notre regard, nous apprennent à écouter. Elles révèlent qu’une rencontre n’est jamais seulement humaine : c’est souvent une rencontre avec Dieu. Leur espérance, malgré tout, rappelle que la dignité se relève toujours, que la confiance en Dieu ouvre un chemin même dans l’inattendu.

Elles le disent avec force :
« La France m’a donné la vie, un espoir. »
« On est une immense famille dans l’Église. »

Et ensemble, elles nous redisent que, malgré les croix à porter, la vie peut encore fleurir.

Femmes migrantes

Nul ne choisit le lieu de sa naissance,
ni la terre de ses premiers pas.
Mais Dieu connaît chaque nom,
chaque visage, chaque histoire.

Être femme migrante,
c’est marcher sur des routes d’exil,
porter le poids du déracinement,
 garder la vie au creux de ses mains.
C’est perdre sa maison sans perdre sa dignité.
C’est traverser la peur
en s’abandonnant à l’espérance.

Car là où l’homme dresse des frontières,
Dieu ouvre des chemins.
Là où les droits manquent,
Sa justice demeure.
Là où tout vacille,
Sa présence soutient.

Être née quelque part, c’est un mystère.
Être accueillie, c’est une responsabilité.
Aimer l’étranger, c’est un commandement.   

Poème de Nadine