Homélies, méditations, prières, ...
Ecouter la parole de Dieu
4 eme dimanche du temps ordinaire
1er au 8 Février
Lecture du livre du prophète Sophonie (2, 3 ; 3, 12-13)
Psaume 145 (146)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 26-31)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 1-12a)
Méditation:
Humilité biblique
La récurrence des appels à l’humilité dans les textes bibliques manifeste que celle-ci n’est sans doute pas la première caractéristique des personnes qui se réclament de la foi en Dieu. De son côté, Paul emploie souvent le vocabulaire de la « fierté ». Il veut corriger l’autocongratulation de certains groupes, en appelant les chrétiens de Corinthe à n’être fiers que « dans le Seigneur ». Ce ferme recadrage trahit la tentation permanente de nous attribuer ce qui n’appartient qu’à la grâce, avec le risque avéré de ployer sous la pression de « l’Évangile de la prospérité ». Dans cette forme dévoyée de compréhension de l’action de Dieu dans l’histoire, le seul critère d’évaluation de nos initiatives pastorales et liturgiques est le succès numérique ou financier.
Or, la nécessaire relecture de nos propositions devrait plutôt s’appuyer sur les Béatitudes, aux critères paradoxaux mais joyeux ! Malgré les signes extérieurs de puissance que les Églises chrétiennes cherchent parfois à se donner, nous devrions être conscients de faire partie des « humbles du pays », de n’être qu’un peuple pauvre et modeste, prêt à recevoir la vérité sans jamais pouvoir prétendre en être le maître. Au-delà du travail sur l’enseignement biblique et du geste fraternel que nous tentons d’esquisser, ce rapport respectueux à ce qui nous est donné se déploie dans l’eucharistie. La communion au Christ nous est gracieusement offerte mais elle ne nous appartient pas.
Quels sont mes critères de relecture de la vie liturgique et pastorale de ma communauté ?
À quel « pauvre de cœur » vais-je témoigner ma proximité cette semaine ?
Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)
Le saint du jour:
Saint Sever
VIIe siècle. La piété de cet ermite du Cotentin conduisit les habitants d’Avranches à le choisir pour évêque.
3 eme dimanche du temps ordinaire
du 25 janvier au 1er février
Lecture du livre du prophète Isaïe (8, 23b – 9, 3)
Psaume 26 (27)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 10-13.17)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 12-23)
Méditation:

« Viens ! »
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Sommes-nous bien sûrs d’entendre cet appel à la conversion tel qu’il est formulé ? N’avons-nous pas tendance à le percevoir comme l’énonciation d’une condition : « Convertissez-vous pour faire advenir le Royaume » ou « Convertissez-vous afin d’être dignes du Royaume » ? Or, le texte est bien clair, nulle condition n’est posée à la venue du Royaume, il est déjà là. L’histoire qu’inaugure cette phrase du Christ commence donc par une affirmation inouïe : le Royaume est donné avant même que nous ayons fait quoi que ce soit pour le mériter. Pour le dire autrement, l’amour nous précède. Alors, en quoi consiste donc l’appel à se convertir s’il n’y a rien à faire ? Se convertir ça n’est pas « faire ce qu’il faut », « se mettre dans les clous » pour mériter l’amour, c’est juste acquiescer à ce qui est offert. Il n’y a rien à faire, il y a juste à se laisser faire ou, du moins, à tendre un peu l’oreille pour laisser l’appel du Christ faire la lumière en nous. Comme pour les disciples, c’est au cœur de notre quotidien, là où nous sommes occupés à vivre nos vies, que Jésus nous rejoint. Il ne nous dit pas « deviens parfait », il dit juste « viens ». Voilà le retournement (c’est-à-dire la conversion) auquel nous sommes conviés : continuer à faire ce que nous faisons, mais en laissant le Christ participer à nos actions pour qu’elles contribuent à leur tour à rendre le Royaume tout proche pour d’autres.
Comment la parole du prophète Isaïe qui annonce une lumière et la sortie de la ténèbre résonne-t-elle pour moi ?
Où déceler les traces du Royaume dans ma vie telle qu’elle est, dans mes tâches quotidiennes, dans mon travail et mes relations ?
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris
Le saint du jour:
Conversion de saint Paul
Sur la route de Damas, le Christ ressuscité se révèle à Saul, intransigeant défenseur de la tradition hébraïque, et le change en l’Apôtre Paul, qui portera le message chrétien hors des milieux juifs.
BAPTEME DU SEIGNEUR
du 18 au 25 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (49, 3.5-6)
Psaume 39 (40)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 1-3)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 29-34)
MEDITATION:
« Voici l’Agneau de Dieu »

Jean Baptiste voit arriver Jésus. Il ne s’agit plus d’annoncer sa venue mais de le reconnaître comme étant l’envoyé de Dieu. Sa prophétie étonne : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » L’agneau est un animal docile. Il n’aboie pas devant l’inconnu. Il ne mord pas l’agresseur. Il est doux et fragile. Pourtant, c’est lui qui prendra sur lui le péché des hommes et qui, dans son amour, l’emportera sur la Croix. Sans cet amour, il n’y a aucune possibilité de vaincre le mal ou le péché. Jean dit l’essentiel de la mission de Jésus. Le péché est un mur qui nous sépare de Dieu et nous empêche de voir le ciel. Jésus vient le détruire. Le péché est une chaîne invisible qui nous retient de marcher à ses côtés. Et lui vient à notre rencontre. L’amour de Jésus n’est pas une idée mais une expérience de libération et de joie. L’Agneau de Dieu n’élimine pas le péché à coups de baguette magique. Il le prend résolument sur lui et devient pour chacun la promesse d’une vie nouvelle. Habitués à juger l’autre, nous progressons lorsque nous cessons de pointer du doigt nos contemporains. Mais l’Évangile nous ouvre une autre perspective ; lumineuse et plus exigeante. Pour libérer l’homme, prenons aussi sur nous son péché au risque de souffrir avec lui et pour lui. Seul Jésus peut accomplir l’œuvre du salut. Mais nous pouvons y participer en adoptant sa manière de voir et en expérimentant son amour.
Quels sont les moments où je peux reconnaître Jésus et le rencontrer personnellement ?
Vais-je privilégier son amour plutôt que la force, choisir le service et son humilité plutôt que le prestige et l’orgueil ?
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste
Le Saint du jour:
Sainte Marguerite de Hongrie
1242-1270. Princesse hongroise, consacrée à Dieu dès l’âge de 3 ans. Elle entra à 12 ans dans un couvent dominicain situé sur une île du Danube. Elle y mena une vie d’extrême pénitence. Canonisée en 1943.
BAPTEME DU SEIGNEUR
du 11 au 18 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (42, 1-4.6-7)
Psaume 28 (29)
Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34-38)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 13-17)
MEDITATION:
Qui est Jésus ?

La scène au bord du Jourdain que nous écoutons en cette fête du Baptême du Seigneur est bien plus qu’un simple épisode de l’Évangile. Il s’agit d’une révélation, d’un commencement, d’une bonne nouvelle pour notre vie. Qui est Jésus ? Jean baptisait pour la conversion des péchés. Jésus, lui, est sans péché. Alors pourquoi se fait-il baptiser ? Probablement pour se mettre à notre place, assumer notre condition et rejoindre l’humanité blessée. Au moment où Jésus sort de l’eau et que le ciel s’ouvre, la Trinité est à l’œuvre. Le Père aime, le Fils obéit, l’Esprit sanctifie. Jésus est confirmé dans son identité. Il est l’Envoyé venu accomplir la mission annoncée par Isaïe : ouvrir les yeux des aveugles, libérer les captifs, proclamer la justice et nous ouvrir le salut. Ce baptême est le point de départ de la vie publique de Jésus. À partir de ce moment, il « passe en faisant le bien » (cf. Ac 10, 38). Jésus proclame la Bonne Nouvelle, guérit, relève, pardonne. Cet épisode au Jourdain est son consentement à la mission confiée par le Père, un « oui » qui le conduira jusqu’à la Croix et à la Résurrection. Notre propre baptême s’enracine dans le mystère pascal. Comme Jésus, nous avons été plongés dans l’eau et marqués par l’Esprit. Nous sommes devenus enfants bien-aimés du Père. Et nous aussi, nous avons la mission de l’annoncer. Baptisés de longue date ou bien plus récemment, demandons la grâce de faire la joie de notre Dieu.
Que m’inspire l’épisode du baptême de Jésus ?
Quel visage de Dieu puis-je identifier dans les lectures du jour ?
Qu’est-ce qui m’aide à nourrir les promesses de mon baptême ?
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
le Saint du jour:
Saint Paulin d’Aquilée
Vers 750-vers 802. “Avec l’amour de Dieu, ayons dans le cœur l’amour du prochain”, recommandait cet évêque d’Aquilée, en Italie, et théologien, conseiller de Charlemagne.
EPIPHANIE
04 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (60, 1-6)
Psaume 71 (72)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (3, 2-3a.5-6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-12)
Méditation:

Un don offert à tous
L’évangile selon Matthieu demeure discret sur le nombre exact des mages. Cependant, la tradition chrétienne leur a attribué, bien plus tard, les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar, figures symboliques de l’ensemble de l’humanité métissée. Par leur présence, ils incarnent la vocation universelle du message évangélique : tous les peuples, hommes et femmes, sont invités à se laisser illuminer par le Christ, lumière et vie du monde. À Noël, Dieu se révèle dans la simplicité d’une famille, sous le regard de quelques bergers. À l’Épiphanie, cette lumière intime se déploie au grand jour : l’étoile guide les nations et annonce que le salut n’est pas l’apanage d’un seul peuple, mais le don offert à tous. Le rêve du prophète Isaïe — celui du rassemblement des nations marchant vers la clarté de l’aurore — prend ici tout son sens. Ainsi, la fête de l’Épiphanie proclame l’universalité du dessein de Dieu. Chaque culture, chaque peuple est appelé à le célébrer selon ses propres richesses humaines et spirituelles, dans le respect des plus humbles et des plus fragiles. Les mages, en reconnaissant dans l’enfant de la crèche le Fils de Dieu, ont vu en lui la source d’une sagesse nouvelle. À leur suite, il nous appartient d’accueillir le Christ comme la lumière qui oriente nos vies, éclaire nos projets et inspire l’avenir de nos familles, de nos nations et du monde entier.
Comment est-ce que je vis aujourd’hui l’universalité du message chrétien dans mes relations avec les autres peuples et les autres cultures ?
En quoi la lumière de l’Épiphanie peut-elle encore guider nos sociétés vers plus de justice, de fraternité et de paix ?
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
Le saint du jour:
Sainte Angèle de Foligno
1248-1309. “Le Sauveur du monde a posé la douceur et l’humilité à la base des vertus”, rappelait cette mystique italienne qui, devenue veuve, entra dans le tiers ordre franciscain.