Homélies, méditations, prières, ...
Ecouter la parole de Dieu
5eme dimanche de Carême
22 au 29 mars 2026
Lecture du livre du prophète Ézékiel (37, 12-14)
Psaume 129 (130)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8, 8-11)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (11, 1-45)
Méditation:
Grâce à la foi d’une femme

L’évangile de ce 5e dimanche de Carême nous conduit à Béthanie, dans une maison marquée par le deuil. Lazare est mort depuis quatre jours. Tout semble irrémédiablement perdu. Lazare et ses sœurs, Marthe et Marie, sont des amis intimes de Jésus. Malgré l’émotion qui le saisit, Jésus s’avance vers le tombeau et prononce une parole qui bouleverse l’univers : « Lazare, viens dehors ! » Comme au premier jour de la création, la voix du Christ traverse la pierre, défait les liens, rend la vie. Face à Jésus, la mort s’efface, vaincue, réduite à néant.
Mais avant ce miracle, il fallait un acte décisif : la foi d’une femme. Marthe, celle que l’on dit occupée, dispersée, celle qui aurait choisi la « mauvaise part », proclame sa foi sans réserve. C’est sur cette confession que Jésus révèle son identité et sa mission : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » La foi de Marthe devient ainsi annonce de Pâques.
Aujourd’hui encore, le Christ cherche des cœurs simples, des intelligences éclairées, des mains et des pieds prêts à s’engager pour croire en lui et porter son message. Comme à Marthe, il nous demande : croyons-nous que la vie est plus forte que la mort ? Que nos choix, si modestes soient-ils, peuvent faire advenir son Royaume ? Que rien n’est jamais perdu et que l’espérance est un don à demander sans relâche ? Si nous répondons « oui », alors, déjà, la résurrection commence en nous.
Quel aspect de ce long récit me touche plus profondément ? Pourquoi ?
Que signifie pour moi le fait que Jésus soit la résurrection
et la vie ?
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
Le Saint du jour:
Bienheureux Clément Auguste Graf von Galen
1878-1946. Évêque de Münster en 1933, il dénonça les exactions du régime hitlérien, notamment en 1941, lors de trois sermons retentissants. Béatifié en 2005 par Benoît XVI, qui le présenta comme «un modèle de foi profonde et intrépide».
4eme dimanche de Carême
15 mars au 22 mars 2026
Lecture du premier livre de Samuel (16, 1b.6-7.10-13a)
Psaume 22 (23)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (5, 8-14)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (9, 1-41)
Méditation:
Dieu qui vient à l’homme !
Dans le prologue, au début de son évangile, saint Jean présente Jésus comme « la vraie Lumière qui éclaire tout homme ». Cette lumière rejoint aujourd’hui l’aveugle de naissance, dont l’évangile garde volontairement l’anonymat pour que chacun puisse se reconnaître en lui. Il ne demande rien : c’est Dieu, en Jésus, qui prend l’initiative et pose son regard sur lui. Dieu cherche l’homme bien avant que l’homme ne le cherche. Peut-être l’aveugle a-t-il simplement perçu une présence, ou entendu cette parole surprenante échangée à son sujet : « Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Pour celui qui vit dans les ténèbres, une telle annonce ne peut qu’ouvrir un espoir. Par la boue, créée avec de la salive et posée sur ses yeux, signe du geste créateur, Jésus vient recréer une humanité blessée. L’aveugle obéit, va se laver à la piscine de Siloé et revient voyant. La lumière reçue l’entraîne vers une plus grande clarté : la connaissance de Jésus. Son témoignage révèle sa progression intérieure : d’abord il parle de « l’homme appelé Jésus », puis d’« un prophète », et enfin d’« un homme de Dieu ». Et quand Jésus vient à lui une dernière fois et lui révèle son identité, l’homme s’incline : « Je crois, Seigneur. » Devenu témoin de la lumière, il devient le symbole de tout chrétien appelé, par le baptême, à transmettre la clarté de la foi par sa vie.
En quoi mon propre chemin ressemble-t-il à celui de l’aveugle qui apprend peu à peu à reconnaître la lumière ?
Comment puis-je, dans ma vie quotidienne, devenir à mon tour témoin de la lumière reçue ?
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
Le Saint du jour:
Bienheureux Jean-Adalbert Balicki
1869-1948. Professeur de théologie puis recteur du séminaire de Przemysl, ce prêtre polonais excella dans la direction spirituelle. Béatifié en 2002.
3eme dimanche de Carême
8 mars au 15 mars 2026
Lecture du livre de l’Exode (17, 3-7)
Psaume 94 (95)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 1-2.5-8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (4, 5-42)
Méditation:
Avec nous

«Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » L’interrogation du peuple hébreu, éprouvé par la soif au creux du désert, traverse les temps et rejoint notre quotidien. Le Seigneur ouvre la mémoire de Moïse : le Seigneur s’est engagé pour son peuple quand, par son bâton, Moïse a ouvert un passage dans les eaux de la mer pour sauver le peuple hébreu de la servitude en Égypte. Par ce même bâton, Moïse ouvrira une faille dans le rocher laissant couler une source pour désaltérer le peuple. Oui, le Seigneur est avec Moïse quand il répond à sa mission de conduire son peuple vers la liberté.
La liturgie de ce dimanche nous conduit à entendre le renversement exprimé par la rencontre de Jésus avec une femme de Samarie. À l’heure la plus chaude, Jésus attend la Samaritaine : « Donne-moi à boire. » Dans un dialogue en vérité le Seigneur libère en elle ce qui l’entrave. Désormais, elle porte en elle une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle.
À leur retour, les disciples étonnés de voir Jésus converser avec cette femme, l’appellent pour le repas. Mais lui est déjà rassasié : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » En effet, Jésus fait de cette femme une disciple. Elle qui, laissant sa cruche, court partager la source de vie qui a jailli en elle au cœur du dialogue avec son Seigneur. Oui, le Seigneur est au milieu de nous !
La rencontre avec le Christ est-elle, pour moi, source vive ?
Est-ce que je le vois attendre au bord du puits me demander à boire ?
Ai-je à cœur de partager autour de moi le goût de cette eau vive ?
Anne Da, xavière
Le Saint de jour:
Saint Jean de Dieu
1495-1550. “Dieu avant tout, et par-dessus tout ce qui est dans le monde !” Telle était la devise de ce Portugais qui, après sa conversion à Grenade, y ouvrit un hôpital destiné aux nécessiteux. Ainsi naquit l’Ordre des frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu.
2eme dimanche de Carême
1er mars au 8 mars 2026
Lecture du livre de la Genèse (12, 1-4a)
Psaume 32 (33)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (1, 8b-10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)
Méditation:
La vraie lumière

Transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, Jésus anticipe la gloire de sa résurrection mais aussi celle de la Croix. Son procès approchant, il dévoile à ses intimes le sens des événements à venir. Ils auront bien besoin de cette lumière pour vivre la Passion, traverser les persécutions et la transmettre à leur tour.
La scène commence avec Jésus, Moïse et Élie. Mais il reste seul à poursuivre le chemin avec ses disciples. Après les prophètes et la Loi, le Christ Jésus est désormais l’unique à manifester la gloire du Père. La lumière qui transfigure son visage et ses vêtements vient de lui. Dès l’origine, elle a marqué sa présence dans le monde. Le soleil et la lune ne sont venus qu’au quatrième jour de la Création. Les astres sont des repères marquant l’alternance du jour et de la nuit mais ils ne sont pas la lumière. Chaque couleur possède une manière différente de la refléter. Le charbon et le diamant sont chimiquement identiques. Mais l’un apparaît noir et l’autre brillant parce qu’ils laissent passer la lumière différemment.
La Transfiguration révèle la gloire du Fils. Elle rappelle aussi que Dieu est la véritable lumière qui brille sur toute la Création. Elle anticipe enfin ce que nous sommes. La Transfiguration de Jésus annonce la couleur. « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » car chacun à sa manière est appelé à se laisser habiter par la sainteté de Dieu pour rayonner à son tour du feu de son amour.
En ce temps de Carême, vais-je laisser le Christ illuminer
ma vie ?
Comment manifester la présence du Père et la vie entièrement donnée de son Fils à ceux qui s’attardent encore dans la nuit ?
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste
Le saint du jour:
Saint Aubin
469-550. Nommé sur le tard évêque d’Angers, il osa s’élever fermement contre les mœurs dissolues des seigneurs mérovingiens. Saint patron des villes d’Angers et de Guérande.
1er dimanche de Carême
22 février au 28 février 2026
Lecture du livre de la Genèse (2, 7-9 ; 3, 1-7a)
Psaume 50 (51)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 12-19)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 1-11)
Méditation:
Sans cesse redire « oui » à Dieu

Le récit des tentations constitue un tout avec celui du baptême à l’issue duquel Jésus reçoit la confirmation de son identité de Fils de Dieu. Cette succession d’événements – baptême, confirmation par le Père, tentations – n’est en rien fortuite. Il faut lire le récit des tentations à la lumière de ce qui précède. L’histoire, donc, commence avec Jésus qui demande à recevoir le baptême de conversion que dispense le Baptiste. Ce dernier s’insurge et dit à Jésus qu’il n’en a pas besoin, Jésus lui oppose que c’est pourtant ce qu’il doit faire. Jésus signifie ici qu’il accepte d’endosser la condition humaine. Il dit « oui » au Père. Alors, le Père confirme qu’il reconnaît en lui son Fils bien-aimé. Mais le récit ne s’arrête pas là, il se poursuit au désert où Jésus est conduit par l’Esprit pour être tenté. Si Jésus vit un combat contre le Satan, c’est parce qu’il a dit « oui » à Dieu. Pour nous également, le combat survient précisément quand nous nous décidons pour Dieu. La tentation ou le combat spirituel ne signifient pas que nous sommes séparés de Dieu mais que nous avons sans cesse à le choisir de nouveau. Jésus a mené cette bataille jusqu’au bout : juste avant sa mort, au jardin des oliviers, il a dû, une fois encore, dire « oui » à Dieu. Jésus n’est pas venu pour mettre fin au combat, mais pour nous montrer comment le vivre et surtout pour le mener en nous. Voilà en quoi réside notre joie : là aussi, il est avec nous.
« L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Que puis-je faire pour me nourrir de la parole de Dieu ?
« Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Dans mes attitudes de croyant, lesquelles pourraient être une façon de mettre Dieu à l’épreuve ?
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris
Le Saint du jour:
Chaire de saint Pierre, Apôtre
La Chaire de saint Pierre rappelle la mission que le Christ a confiée à son Apôtre. La foi de Pierre est le rocher sur lequel le Seigneur a bâti son Église.
6ème dimanche du temps ordinaire
15 février au 22 février 2026
Lecture du livre de Ben Sira le Sage (15, 15-20)
Psaume 118 (119)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2, 6-10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 17-37)
Méditation:
L’exigence d’une vie accordée au Christ

Les textes de ce dimanche nous indiquent que choisir le Christ n’est pas sans conséquences, à commencer par la fidélité nécessaire au choix posé. Si la première lecture nous rappelle que la fidélité dépend bien de nous et de notre choix de rester fidèles, la finale de l’évangile de Matthieu nous invite à faire de notre parole un vrai « oui » ou un vrai « non ». L’enseignement inaugural de la mission de Jésus se poursuit. Sa voix s’élève avec force et clarté pour évoquer la Loi, qui devient un chemin de vie menant à Dieu. D’une certaine manière, nous sommes invités à une vraie radicalité. Cette radicalité, nous la tenons du Christ lui-même. Il n’est pas venu pour abolir la Loi, mais pour la porter à son accomplissement. Les paroles de Jésus dérangeront toujours. Affirmer que tout homme qui se met en colère contre son frère est un meurtrier ou que l’homme qui insulte son frère est digne de la géhenne de feu sont des mots violents. La tentation d’oublier ces paroles de Jésus peut être grande, mais ses paroles, même dures, invitent aussi à une exigence de vie et d’amour. La Loi est cette sagesse dont parle Paul. Une sagesse tellement éloignée de celle du monde que seul l’Esprit peut nous en faire découvrir les contours. Une sagesse qui ne cesse d’éclairer notre recherche et de façonner notre discernement. Une sagesse qui écrit nos « oui » et nos « non » pour que notre vie soit toujours plus accordée à la vie même de Dieu.
Quels sont les chemins habituels de mon discernement lorsque je dois poser des choix importants dans ma vie ?
Comment la parole de Dieu éclaire-t-elle mes paroles et mes actes ? L’Évangile m’aide-t-il à rejoindre mes compagnons d’humanité ?
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers
Le Saint du Jour:
Saint Claude La Colombière
1641-1682. Avec sainte Marguerite-Marie Alacoque, dont il fut le confesseur, ce brillant jésuite contribua à répandre la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Canonisé en 1992.
5ème dimanche du temps ordinaire
8 février au 15 février 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (58, 7-10)
Psaume 111 (112)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2, 1-5)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)
Méditation:
Sel et lumière
L’évangile de ce jour fait partie du discours de Jésus sur la montagne. Il suit l’évangile des Béatitudes qui est un appel au bonheur : « Heureux êtes-vous ! » Aux disciples réunis autour de lui pour l’écouter, le Seigneur ne dit pas : « Devenez le sel de la terre […] devenez la lumière du monde. » Il leur dit : « Vous êtes le sel de la terre […] vous êtes la lumière du monde. » C’est-à-dire, au cœur de ce monde, les grains de sel qui révèlent à chacun et chacune la saveur de la vie, le goût d’être disciples du Seigneur Jésus. Dans le récit des commencements du livre de la Genèse, il nous est raconté que la première parole de Dieu fut pour faire advenir la lumière : « “Que la lumière soit.” Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne » (Gn 1,3-4). Le Seigneur nous appelle à partager ce qu’il est lui-même : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12). Être la lumière du Christ, c’est « être avec lui » et agir à sa manière : partager notre pain avec celui qui a faim, accueillir chez nous les pauvres sans abri, couvrir l’indigent sans vêtement, ne pas nous dérober à notre semblable. Alors, dit le prophète Isaïe, notre lumière jaillira comme l’aurore. L’apôtre Paul l’affirme : les hommes et les femmes de ce monde qui verront cette lumière en nous rendront gloire à notre Père qui est aux cieux.
Ai-je fait l’expérience de rendre gloire au Père en accueillant dans ma vie les plus pauvres ?
Ai-je conscience d’être appelé comme disciple de Jésus à être le sel de la terre, la lumière du monde ?
Anne Da, xavière
Le Saint du jour:
Sainte Joséphine Bakhita
1869-1947. Née au Darfour, elle connut l’horreur de l’esclavage avant de venir en Italie et d’entrer chez les religieuses canossiennes à Vérone, en Italie. Première sainte soudanaise.
4 eme dimanche du temps ordinaire
1er au 8 Février
Lecture du livre du prophète Sophonie (2, 3 ; 3, 12-13)
Psaume 145 (146)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 26-31)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 1-12a)
Méditation:
Humilité biblique
La récurrence des appels à l’humilité dans les textes bibliques manifeste que celle-ci n’est sans doute pas la première caractéristique des personnes qui se réclament de la foi en Dieu. De son côté, Paul emploie souvent le vocabulaire de la « fierté ». Il veut corriger l’autocongratulation de certains groupes, en appelant les chrétiens de Corinthe à n’être fiers que « dans le Seigneur ». Ce ferme recadrage trahit la tentation permanente de nous attribuer ce qui n’appartient qu’à la grâce, avec le risque avéré de ployer sous la pression de « l’Évangile de la prospérité ». Dans cette forme dévoyée de compréhension de l’action de Dieu dans l’histoire, le seul critère d’évaluation de nos initiatives pastorales et liturgiques est le succès numérique ou financier.
Or, la nécessaire relecture de nos propositions devrait plutôt s’appuyer sur les Béatitudes, aux critères paradoxaux mais joyeux ! Malgré les signes extérieurs de puissance que les Églises chrétiennes cherchent parfois à se donner, nous devrions être conscients de faire partie des « humbles du pays », de n’être qu’un peuple pauvre et modeste, prêt à recevoir la vérité sans jamais pouvoir prétendre en être le maître. Au-delà du travail sur l’enseignement biblique et du geste fraternel que nous tentons d’esquisser, ce rapport respectueux à ce qui nous est donné se déploie dans l’eucharistie. La communion au Christ nous est gracieusement offerte mais elle ne nous appartient pas.
Quels sont mes critères de relecture de la vie liturgique et pastorale de ma communauté ?
À quel « pauvre de cœur » vais-je témoigner ma proximité cette semaine ?
Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)
Le saint du jour:
Saint Sever
VIIe siècle. La piété de cet ermite du Cotentin conduisit les habitants d’Avranches à le choisir pour évêque.
3 eme dimanche du temps ordinaire
du 25 janvier au 1er février
Lecture du livre du prophète Isaïe (8, 23b – 9, 3)
Psaume 26 (27)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 10-13.17)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 12-23)
Méditation:

« Viens ! »
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Sommes-nous bien sûrs d’entendre cet appel à la conversion tel qu’il est formulé ? N’avons-nous pas tendance à le percevoir comme l’énonciation d’une condition : « Convertissez-vous pour faire advenir le Royaume » ou « Convertissez-vous afin d’être dignes du Royaume » ? Or, le texte est bien clair, nulle condition n’est posée à la venue du Royaume, il est déjà là. L’histoire qu’inaugure cette phrase du Christ commence donc par une affirmation inouïe : le Royaume est donné avant même que nous ayons fait quoi que ce soit pour le mériter. Pour le dire autrement, l’amour nous précède. Alors, en quoi consiste donc l’appel à se convertir s’il n’y a rien à faire ? Se convertir ça n’est pas « faire ce qu’il faut », « se mettre dans les clous » pour mériter l’amour, c’est juste acquiescer à ce qui est offert. Il n’y a rien à faire, il y a juste à se laisser faire ou, du moins, à tendre un peu l’oreille pour laisser l’appel du Christ faire la lumière en nous. Comme pour les disciples, c’est au cœur de notre quotidien, là où nous sommes occupés à vivre nos vies, que Jésus nous rejoint. Il ne nous dit pas « deviens parfait », il dit juste « viens ». Voilà le retournement (c’est-à-dire la conversion) auquel nous sommes conviés : continuer à faire ce que nous faisons, mais en laissant le Christ participer à nos actions pour qu’elles contribuent à leur tour à rendre le Royaume tout proche pour d’autres.
Comment la parole du prophète Isaïe qui annonce une lumière et la sortie de la ténèbre résonne-t-elle pour moi ?
Où déceler les traces du Royaume dans ma vie telle qu’elle est, dans mes tâches quotidiennes, dans mon travail et mes relations ?
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris
Le saint du jour:
Conversion de saint Paul
Sur la route de Damas, le Christ ressuscité se révèle à Saul, intransigeant défenseur de la tradition hébraïque, et le change en l’Apôtre Paul, qui portera le message chrétien hors des milieux juifs.
BAPTEME DU SEIGNEUR
du 18 au 25 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (49, 3.5-6)
Psaume 39 (40)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 1-3)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 29-34)
MEDITATION:
« Voici l’Agneau de Dieu »

Jean Baptiste voit arriver Jésus. Il ne s’agit plus d’annoncer sa venue mais de le reconnaître comme étant l’envoyé de Dieu. Sa prophétie étonne : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » L’agneau est un animal docile. Il n’aboie pas devant l’inconnu. Il ne mord pas l’agresseur. Il est doux et fragile. Pourtant, c’est lui qui prendra sur lui le péché des hommes et qui, dans son amour, l’emportera sur la Croix. Sans cet amour, il n’y a aucune possibilité de vaincre le mal ou le péché. Jean dit l’essentiel de la mission de Jésus. Le péché est un mur qui nous sépare de Dieu et nous empêche de voir le ciel. Jésus vient le détruire. Le péché est une chaîne invisible qui nous retient de marcher à ses côtés. Et lui vient à notre rencontre. L’amour de Jésus n’est pas une idée mais une expérience de libération et de joie. L’Agneau de Dieu n’élimine pas le péché à coups de baguette magique. Il le prend résolument sur lui et devient pour chacun la promesse d’une vie nouvelle. Habitués à juger l’autre, nous progressons lorsque nous cessons de pointer du doigt nos contemporains. Mais l’Évangile nous ouvre une autre perspective ; lumineuse et plus exigeante. Pour libérer l’homme, prenons aussi sur nous son péché au risque de souffrir avec lui et pour lui. Seul Jésus peut accomplir l’œuvre du salut. Mais nous pouvons y participer en adoptant sa manière de voir et en expérimentant son amour.
Quels sont les moments où je peux reconnaître Jésus et le rencontrer personnellement ?
Vais-je privilégier son amour plutôt que la force, choisir le service et son humilité plutôt que le prestige et l’orgueil ?
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste
Le Saint du jour:
Sainte Marguerite de Hongrie
1242-1270. Princesse hongroise, consacrée à Dieu dès l’âge de 3 ans. Elle entra à 12 ans dans un couvent dominicain situé sur une île du Danube. Elle y mena une vie d’extrême pénitence. Canonisée en 1943.
BAPTEME DU SEIGNEUR
du 11 au 18 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (42, 1-4.6-7)
Psaume 28 (29)
Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34-38)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 13-17)
MEDITATION:
Qui est Jésus ?

La scène au bord du Jourdain que nous écoutons en cette fête du Baptême du Seigneur est bien plus qu’un simple épisode de l’Évangile. Il s’agit d’une révélation, d’un commencement, d’une bonne nouvelle pour notre vie. Qui est Jésus ? Jean baptisait pour la conversion des péchés. Jésus, lui, est sans péché. Alors pourquoi se fait-il baptiser ? Probablement pour se mettre à notre place, assumer notre condition et rejoindre l’humanité blessée. Au moment où Jésus sort de l’eau et que le ciel s’ouvre, la Trinité est à l’œuvre. Le Père aime, le Fils obéit, l’Esprit sanctifie. Jésus est confirmé dans son identité. Il est l’Envoyé venu accomplir la mission annoncée par Isaïe : ouvrir les yeux des aveugles, libérer les captifs, proclamer la justice et nous ouvrir le salut. Ce baptême est le point de départ de la vie publique de Jésus. À partir de ce moment, il « passe en faisant le bien » (cf. Ac 10, 38). Jésus proclame la Bonne Nouvelle, guérit, relève, pardonne. Cet épisode au Jourdain est son consentement à la mission confiée par le Père, un « oui » qui le conduira jusqu’à la Croix et à la Résurrection. Notre propre baptême s’enracine dans le mystère pascal. Comme Jésus, nous avons été plongés dans l’eau et marqués par l’Esprit. Nous sommes devenus enfants bien-aimés du Père. Et nous aussi, nous avons la mission de l’annoncer. Baptisés de longue date ou bien plus récemment, demandons la grâce de faire la joie de notre Dieu.
Que m’inspire l’épisode du baptême de Jésus ?
Quel visage de Dieu puis-je identifier dans les lectures du jour ?
Qu’est-ce qui m’aide à nourrir les promesses de mon baptême ?
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
le Saint du jour:
Saint Paulin d’Aquilée
Vers 750-vers 802. “Avec l’amour de Dieu, ayons dans le cœur l’amour du prochain”, recommandait cet évêque d’Aquilée, en Italie, et théologien, conseiller de Charlemagne.
EPIPHANIE
04 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (60, 1-6)
Psaume 71 (72)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (3, 2-3a.5-6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-12)
Méditation:

Un don offert à tous
L’évangile selon Matthieu demeure discret sur le nombre exact des mages. Cependant, la tradition chrétienne leur a attribué, bien plus tard, les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar, figures symboliques de l’ensemble de l’humanité métissée. Par leur présence, ils incarnent la vocation universelle du message évangélique : tous les peuples, hommes et femmes, sont invités à se laisser illuminer par le Christ, lumière et vie du monde. À Noël, Dieu se révèle dans la simplicité d’une famille, sous le regard de quelques bergers. À l’Épiphanie, cette lumière intime se déploie au grand jour : l’étoile guide les nations et annonce que le salut n’est pas l’apanage d’un seul peuple, mais le don offert à tous. Le rêve du prophète Isaïe — celui du rassemblement des nations marchant vers la clarté de l’aurore — prend ici tout son sens. Ainsi, la fête de l’Épiphanie proclame l’universalité du dessein de Dieu. Chaque culture, chaque peuple est appelé à le célébrer selon ses propres richesses humaines et spirituelles, dans le respect des plus humbles et des plus fragiles. Les mages, en reconnaissant dans l’enfant de la crèche le Fils de Dieu, ont vu en lui la source d’une sagesse nouvelle. À leur suite, il nous appartient d’accueillir le Christ comme la lumière qui oriente nos vies, éclaire nos projets et inspire l’avenir de nos familles, de nos nations et du monde entier.
Comment est-ce que je vis aujourd’hui l’universalité du message chrétien dans mes relations avec les autres peuples et les autres cultures ?
En quoi la lumière de l’Épiphanie peut-elle encore guider nos sociétés vers plus de justice, de fraternité et de paix ?
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
Le saint du jour:
Sainte Angèle de Foligno
1248-1309. “Le Sauveur du monde a posé la douceur et l’humilité à la base des vertus”, rappelait cette mystique italienne qui, devenue veuve, entra dans le tiers ordre franciscain.