Homélies, méditations, prières, ...
Ecouter la parole de Dieu
5eme Dimanche de Pâques
3 mai au 10 mai 2026
Lecture du livre des Actes des Apôtres (6, 1-7)
Psaume 32 (33)
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (2, 4-9)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 1-12)
Méditation:
Du jamais vu !
Vous avez déjà vu des pierres vivantes ? Moi, non. Ou une maison qui a une âme ? Je n’ai pas vu l’âme, mais je connais des lieux qui ont une âme, maison, beau monument ou église. S’y découvre ce je-ne-sais-quoi qui transpire la beauté, la paix, la présence. Vous en connaissez proches de chez vous. « La pierre, rejetée par les bâtisseurs, est devenue pierre d’angle. » Le Christ rejeté par les hommes est devenu la pierre d’angle de l’Église, non pas le bâtiment, mais la communauté des chrétiens. Et je peux être une de ces pierres vivantes de la communauté qui se réunit en Église pour célébrer le Ressuscité. Nous aussi, nous sommes précieux. Nous portons, nous supportons ensemble, nous servons comme les diacres, dans nos missions de proximité des pauvres. Eux aussi sont des pierres vivantes de l’Église.
Grâce à eux, grâce à nous, la parole de Dieu se multiplie fortement. Et, dans la maison du Père, il y a de nombreuses demeures. À nous de souhaiter y prendre notre place. Elle est préparée par Jésus lui-même. À nous de vouloir y être avec Jésus pour vivre une grande communion. Le chemin de la maison du Père est plus simple que ce que nous imaginons. Avoir le regard fixé sur lui fait avancer. Comme par attirance. Sur ce chemin nous ne sommes pas seuls à connaître et à vivre des œuvres du Seigneur. La communauté de l’Église est le lieu du partage et de la joie. Alléluia !
Quand je regarde la communauté des chrétiens, est-ce que je me sens une pierre vivante ou une pierre inerte ?
Est-ce que je regarde le monde à partir de l’Église dans laquelle je suis actif ou est-ce que je regarde l’Église de l’extérieur ?
Par Tommy Scholtes, prêtre jésuite, Prions en Église Belgique
Le saint du jour:
Saints Philippe et Jacques
Ier siècle. Deux des douze Apôtres. Appelé par Jésus, Philippe joua un rôle actif lors de la multiplication des pains. Jacques, fils d’Alphée, aurait dirigé l’Église de Jérusalem après le départ de saint Pierre.
Par Xavier Lecœur
4eme Dimanche de Pâques
26 avril au 3 mai
Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 14a.36-41)
Psaume 22 (23)
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (2, 20b-25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 1-10)
Méditation:
Un passage qui n’est pas secret

L’évangile de ce dimanche est riche en protagonistes : des brebis, un berger, un bandit ou voleur, un portier et…. une porte ! La porte, c’est Jésus lui-même. En se qualifiant ainsi, il nous prend à contre-pied. En effet, l’image du bon berger, par laquelle il va se désigner juste après, nous est bien plus familière. Quand il dit de lui-même qu’il est la porte qui permet le passage de la sécurité de l’enclos à l’espace nourricier des pâturages, Jésus formule en images ce qu’il affirme plus loin dans le même évangile : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6). Passer par Jésus, c’est accéder au Père, c’est-à-dire à une vie donnée en abondance. Il y a donc un enjeu de vie et de mort à mettre notre confiance en Jésus, l’image du troupeau menacé par un voleur animé d’intentions meurtrières le signifie clairement. Sans nommer les forces d’opposition à la vie, Jésus affirme qu’elles sont bien à l’œuvre. Or, nous rappelle-t-il, il est justement venu pour que nous ayons la vie. Certes, nous ne sommes pas épargnés par la mort mais la promesse de vie que Jésus fait dans ce texte n’en demeure pas moins réelle. Jésus, qui vient vivre avec nous, nous ouvre le passage vers la vie. Ce passage n’est pas caché ou ouvert aux seuls détenteurs d’une clef, ce n’est pas un labyrinthe de conditions et de lois. C’est Jésus, tout simplement.
Quelle est cette vie en abondance pour moi ?
À quoi puis-je reconnaître la voix de Jésus dans mon existence ?
Comment cette image de berger et de brebis me parle-t-elle ? Que me dit-elle de ma relation à Dieu ?
Par Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris
Le saint du jour:
Saint Raphaël Arnáiz Barón
1911-1938. “Jésus a besoin d’âmes qui l’écoutent en silence”, écrivait ce jeune Espagnol qui arrêta ses études pour devenir oblat dans un monastère trappiste. Canonisé en 2009.
Par Xavier Lecœur
3eme Dimanche de Pâques
19 avril au 26 avril 2026
Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 14.22b-33)
Psaume 15 (16)
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 17-21)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35)
Méditation:

Vivre comme apôtres
À peine revenus d’Emmaüs, les disciples attendent patiemment que les Apôtres s’expriment pour pouvoir, enfin, prendre la parole. Leur rencontre inédite – une interprétation itinérante des Écritures puis la fraction du pain – cède la place devant le témoignage apostolique. « À leur tour », les deux disciples parlent du geste essentiel de l’eucharistie, Parole et pain consacré, qu’ils sont les premiers à avoir expérimenté. Entre Apôtres et disciples, cette hiérarchie surprenante révèle une structuration ancienne de l’Église que saint Luc veut expliciter. La puissance de l’expérience de la rencontre du Ressuscité – qui ne dépend pas des Apôtres – doit passer au crible du témoignage unique de ces derniers. Pour Luc, eux seuls répondent
à la double exigence d’avoir été compagnons de Jésus sur
les routes de la Terre sainte – en étant témoins de son enseignement et des gestes de puissance qu’il accomplit – et directement associés aux derniers jours de la vie de Jésus jusqu’à sa résurrection. Inversement, Cléophas et son compagnon témoignent d’une nouveauté dans le récit de Luc. Ni les femmes, venues les premières au tombeau, ni Simon-Pierre n’ont eu accès à cette expérience de la Parole qui vient nous rejoindre sur nos routes, se déploie en un accompagnement personnalisé, prend corps dans la présence eucharistique et nous envoie vers les autres ! À notre tour, nous sommes engagés sur la route de l’écoute, de la célébration et du service dans une Église tout apostolique.
Quelle parole pourra me nourrir pendant la semaine qui s’ouvre ?
Devant qui vais-je témoigner aujourd’hui du Ressuscité ?
Par Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)
Le Saint du jour:
Saint Timon
Ier siècle. L’un des sept premiers diacres choisis par les Apôtres. Selon la tradition, il aurait ensuite évangélisé la région de Corinthe, où il aurait été crucifié.
Par Xavier Lecœur
2eme Dimanche de Pâques
Semaine du 12 au 19 avril
Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 42-47)
Psaume 117 (118)
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 3-9)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)
Méditation:
Une promesse pour aujourd’hui

Il est peu de passages dans la Bible qui disent clairement pourquoi ils nous ont été transmis. Celui‑ci en fait partie. Il est écrit pour ceux qui ne seront jamais témoins directs des apparitions du Ressuscité, pour ceux qui vivront de l’écoute de la Parole et de la foi reçue. Pour nous. Ainsi, l’évangile devient lui‑même un rendez-vous avec le Christ. Le Ressuscité qui n’abolit ni la peur ni le doute, mais qui vient les traverser. Il est bien le Crucifié vivant : ses plaies demeurent visibles. La joie des disciples naît précisément de cette reconnaissance. La Résurrection n’efface pas l’histoire, elle l’accomplit. Absent lors de la première apparition de Jésus, Thomas ne se contente pas du témoignage des autres. Il ose dire son besoin, sa difficulté à croire. Son attachement au Christ est trop profond pour se satisfaire de mots. Thomas réclame les plaies, car le Ressuscité est, pour lui, celui qu’il a vu souffrir. Il ne cherche pas une preuve abstraite, mais une continuité. Son cri de foi est l’aveu d’une relation retrouvée. La Résurrection ne peut être désincarnée, elle porte encore les traces de l’amour livré. Ce texte est une promesse pour aujourd’hui. La foi n’exige pas des certitudes immédiates, mais une disponibilité intérieure, en chemin. Croire sans avoir vu, c’est croire à partir d’une Parole reçue, transmise, habitée par l’Esprit. Là où la recherche est sincère, là où le doute est accueilli sans être nié, le Christ vivant est déjà à l’œuvre.
Qu’est-ce que cet évangile m’apprend sur Jésus ressuscité ?
Comment l’apôtre Thomas peut-il inspirer mon chemin de foi ?
Quelle place les Écritures ont-elles dans ma vie de foi ?
Par Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
Le Saint du Jour:
Saint Jules Ier
+ 352. Élu pape en 337, il combattit les partisans de l’hérésie arienne et défendit le mystère de la Sainte Trinité.
Dimanche de Pâques
Semaine du 5 avril au 12 avril 2026
Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34a.37-43)
Psaume 117 (118)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (5, 6b-8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 1-9)
Méditation:
Un nouvel élan
C’est Pâques ! Et plutôt qu’un point d’arrivée, cette fête devrait être un nouveau départ dans notre vie spirituelle. Ce n’est pas pour rien que la toute première lecture de la veillée pascale débute ainsi : « Au commencement… » Je me souviens d’une année où je m’étais astreint à une discipline exigeante pendant le Carême, en particulier du point de vue du jeûne. Arrivé à Pâques, j’ai engouffré la moitié d’un gâteau au chocolat – c’était un moment jouissif, j’en conviens ! Mais j’ai été vite confronté à un problème : au cours des premiers jours du temps pascal, je ne savais plus comment me disposer intérieurement, maintenant que l’ascèse était terminée. J’étais même un peu triste : tout ça pour un plaisir intense mais bien peu de joie finalement. C’est que je n’avais pas couru vers Dieu
au long du Carême ; j’avais plutôt tenté de « performer » pour lui être plus disponible, quand Pâques arriverait. Mais, rendu au bout de la course, je ne savais plus comment marcher humblement avec le Christ. J’avais confondu la fin et les moyens. J’avais pris le chemin pour la destination. Que nous ayons « réussi » ou pas notre Carême cette année a peu d’importance aujourd’hui. Car Pâques sonne le début d’un nouvel élan, pour autant que l’on se laisse atteindre par la joie de cette conviction de foi : la mort est vaincue, elle n’aura pas le dernier mot ! Il n’est pas trop tard ; il n’est jamais trop tard pour donner la place centrale à Dieu dans notre vie. Et rien n’est aussi efficace pour y arriver que de se laisser traverser par la joie d’être sauvés par celui « qui nous précède ».
Qu’est-ce qui m’empêche de me laisser traverser par la joie de Pâques, s’il y a lieu ?
Quel « nouveau départ » ai-je envie de prendre dans ma vie spirituelle ?
Jonathan Guilbault, directeur éditorial de Prions en Église Canada
Le Saint du jour:
Saint Vincent Ferrier
1350-1419. Ce dominicain espagnol parcourut les routes d’Espagne, d’Italie et de France, afin d’exhorter ses contemporains à la pénitence et à la conversion. Il mourut à Vannes.
6eme dimanche de Carême
29 mars au 05 avril 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (50, 4-7)
Psaume 21 (22)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (2, 6-11)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (21,1-11)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (26, 14 – 27, 66)
Passion de notre Seigneur Jésus Christ
La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu
L. En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : D. « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » L. Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » L. Il leur dit : ✠ « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : ✠ « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » L. Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : D. « Serait-ce moi, Seigneur ? » L. Prenant la parole, il dit : ✠ « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » L. Judas, celui qui le livrait, prit la parole : D. « Rabbi, serait-ce moi ? » L. Jésus lui répond : ✠ « C’est toi-même qui l’as dit ! »
L. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : ✠ « Prenez, mangez : ceci est mon corps. » L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : ✠ « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. »
L. Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Alors Jésus leur dit : ✠ « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » L. Prenant la parole, Pierre lui dit : D. « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » L. Jésus lui répondit : ✠ « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » L. Pierre lui dit : D. « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » L. Et tous les disciples dirent de même.
Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : ✠ « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. » L. Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : ✠ « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. » L. Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : ✠ « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » L. Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : ✠ « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » L. De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait : ✠ « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » L. Revenu près des disciples, de nouveau il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. Alors il revient vers les disciples et leur dit : ✠ « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. » (℞)
L. Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné un signe : D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » L. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : D. « Salut, Rabbi ! » L. Et il l’embrassa. Jésus lui dit : ✠ « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! » L. Alors ils s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent. L’un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille. Alors Jésus lui dit : ✠ « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? » L. À ce moment-là, Jésus dit aux foules : ✠ « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. » L. Mais tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les écrits des prophètes. Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens. Quant à Pierre, il le suivait à distance, jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait. Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort. Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent : A. « Celui-là a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.” » L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit : A. « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? » L. Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : A. « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. » L. Jésus lui répond : ✠ « C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » L. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : A. « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! Quel est votre avis ? » L. Ils répondirent : F. « Il mérite la mort. » L. Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent ; d’autres le rouèrent de coups en disant : F. « Fais-nous le prophète, ô Christ ! Qui t’a frappé ? »
L. Cependant Pierre était assis dehors dans la cour. Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit : A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! » L. Mais il le nia devant tout le monde et dit : D. « Je ne sais pas de quoi tu parles. » L. Une autre servante le vit sortir en direction du portail et elle dit à ceux qui étaient là : A. « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. » L. De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment : D. « Je ne connais pas cet homme. » L. Peu après, ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : A. « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. » L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : D. « Je ne connais pas cet homme. » L. Et aussitôt un coq chanta. Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement. (℞)
Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mettre à mort. Après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.
Alors, en voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ; il rendit les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens. Il leur dit : D. « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » L. Ils répliquèrent : A. « Que nous importe ? Cela te regarde ! » L. Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : A. « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. » L. Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour y enterrer les étrangers. Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour le Champ-du-Sang. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Ils ramassèrent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné.
L. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » L. Jésus déclara : ✠ « C’est toi-même qui le dis. » L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : A. « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus. Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » L. Ils répondirent : F. « Barabbas ! » L. Pilate leur dit : A. « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » L. Ils répondirent tous : F. « Qu’il soit crucifié ! » L. Pilate demanda : A. « Quel mal a-t-il donc fait ? » L. Ils criaient encore plus fort : F. « Qu’il soit crucifié ! » L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : A. « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » L. Tout le peuple répondit : F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » L. Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.
Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : F. « Salut, roi des Juifs ! » L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.
En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. Arrivés en un lieu dit Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire), ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire. Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » (℞) Alors on crucifia avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche.
Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; ils disaient : F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! » L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant : A. « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! Il a mis sa confiance en Dieu. Que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime ! Car il a dit : “Je suis Fils de Dieu.” » L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.
À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : ✠ « Éli, Éli, lema sabactani ? », L. ce qui veut dire : ✠ « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (℞) L. L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! » L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire. Les autres disaient : F. « Attends ! Nous verrons bien si Élie vient le sauver. » L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit.
(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant.)
Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »
L. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette. Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre. (℞)
Le lendemain, après le jour de la Préparation, les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, en disant : A. « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai.” Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : “Il est ressuscité d’entre les morts.” Cette dernière imposture serait pire que la première. » L. Pilate leur déclara : A. « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »
L. Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du sépulcre en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.
Méditation:
Au risque de croire
Aux portes de Jérusalem, la foule est là, qui se bouscule et qui acclame. Au cœur de cette agitation, il y a Jésus. L’Écriture s’accomplit. Jésus entre dans Jérusalem, assis sur un âne. Il est reconnu, acclamé comme le Messie. « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » La foule n’a pas d’autres mots pour l’accueillir. Aujourd’hui, comme chaque année, nos églises accueillent la foule des Rameaux. Hommes et femmes qui passent chercher quelques brins d’olivier ou de buis. La foule est là, comme d’habitude et par habitude, mais sans trop mesurer ce qui se passe dans cette belle liturgie des Rameaux. Certains repartent parfois avec la question de Dieu dans leur tête, d’autres avec le désir de recevoir le baptême, d’autres encore avec un simple rameau qu’ils sont venus attraper à la sauvette sans trop savoir pourquoi. Si la foule pouvait dérouter aux portes de Jérusalem, la foule des Rameaux nous déroute aussi un peu, aujourd’hui dans nos assemblées.
L’Écriture s’accomplit : Jésus entre dans Jérusalem, ultime étape qui nous révèle la profonde humanité et le dépouillement du triomphe de ce Roi assis sur un ânon, loin des fastes et des grandeurs du monde. La lecture de la Passion nous donne de comprendre et d’accueillir le don total que Jésus fait de sa vie. Il marche vers la Croix, vers la mort et vers la grande victoire de la Résurrection ! Le cri du centurion au pied de la Croix ouvre grand l’avenir : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »
J’essaie de relire la Passion de Jésus en contemplant chaque instant de cette étape de sa vie.
Je me laisse toucher par le cri du centurion. M’est-il arrivé, comme lui, de risquer un cri de foi et de reconnaître que Dieu est là, bien présent dans tel ou tel moment de ma vie ?
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers
Le Saint du jour:
Sainte Gladys
Ve siècle. Sous l’influence de son fils, le futur saint Cadoc, cette Galloise volage quitta le monde pour vivre seule en ermite, afin d’expier ses fautes et d’obtenir le pardon de Dieu.
5eme dimanche de Carême
22 au 29 mars 2026
Lecture du livre du prophète Ézékiel (37, 12-14)
Psaume 129 (130)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (8, 8-11)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (11, 1-45)
Méditation:
Grâce à la foi d’une femme

L’évangile de ce 5e dimanche de Carême nous conduit à Béthanie, dans une maison marquée par le deuil. Lazare est mort depuis quatre jours. Tout semble irrémédiablement perdu. Lazare et ses sœurs, Marthe et Marie, sont des amis intimes de Jésus. Malgré l’émotion qui le saisit, Jésus s’avance vers le tombeau et prononce une parole qui bouleverse l’univers : « Lazare, viens dehors ! » Comme au premier jour de la création, la voix du Christ traverse la pierre, défait les liens, rend la vie. Face à Jésus, la mort s’efface, vaincue, réduite à néant.
Mais avant ce miracle, il fallait un acte décisif : la foi d’une femme. Marthe, celle que l’on dit occupée, dispersée, celle qui aurait choisi la « mauvaise part », proclame sa foi sans réserve. C’est sur cette confession que Jésus révèle son identité et sa mission : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » La foi de Marthe devient ainsi annonce de Pâques.
Aujourd’hui encore, le Christ cherche des cœurs simples, des intelligences éclairées, des mains et des pieds prêts à s’engager pour croire en lui et porter son message. Comme à Marthe, il nous demande : croyons-nous que la vie est plus forte que la mort ? Que nos choix, si modestes soient-ils, peuvent faire advenir son Royaume ? Que rien n’est jamais perdu et que l’espérance est un don à demander sans relâche ? Si nous répondons « oui », alors, déjà, la résurrection commence en nous.
Quel aspect de ce long récit me touche plus profondément ? Pourquoi ?
Que signifie pour moi le fait que Jésus soit la résurrection
et la vie ?
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
Le Saint du jour:
Bienheureux Clément Auguste Graf von Galen
1878-1946. Évêque de Münster en 1933, il dénonça les exactions du régime hitlérien, notamment en 1941, lors de trois sermons retentissants. Béatifié en 2005 par Benoît XVI, qui le présenta comme «un modèle de foi profonde et intrépide».
4eme dimanche de Carême
15 mars au 22 mars 2026
Lecture du premier livre de Samuel (16, 1b.6-7.10-13a)
Psaume 22 (23)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (5, 8-14)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (9, 1-41)
Méditation:
Dieu qui vient à l’homme !
Dans le prologue, au début de son évangile, saint Jean présente Jésus comme « la vraie Lumière qui éclaire tout homme ». Cette lumière rejoint aujourd’hui l’aveugle de naissance, dont l’évangile garde volontairement l’anonymat pour que chacun puisse se reconnaître en lui. Il ne demande rien : c’est Dieu, en Jésus, qui prend l’initiative et pose son regard sur lui. Dieu cherche l’homme bien avant que l’homme ne le cherche. Peut-être l’aveugle a-t-il simplement perçu une présence, ou entendu cette parole surprenante échangée à son sujet : « Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Pour celui qui vit dans les ténèbres, une telle annonce ne peut qu’ouvrir un espoir. Par la boue, créée avec de la salive et posée sur ses yeux, signe du geste créateur, Jésus vient recréer une humanité blessée. L’aveugle obéit, va se laver à la piscine de Siloé et revient voyant. La lumière reçue l’entraîne vers une plus grande clarté : la connaissance de Jésus. Son témoignage révèle sa progression intérieure : d’abord il parle de « l’homme appelé Jésus », puis d’« un prophète », et enfin d’« un homme de Dieu ». Et quand Jésus vient à lui une dernière fois et lui révèle son identité, l’homme s’incline : « Je crois, Seigneur. » Devenu témoin de la lumière, il devient le symbole de tout chrétien appelé, par le baptême, à transmettre la clarté de la foi par sa vie.
En quoi mon propre chemin ressemble-t-il à celui de l’aveugle qui apprend peu à peu à reconnaître la lumière ?
Comment puis-je, dans ma vie quotidienne, devenir à mon tour témoin de la lumière reçue ?
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
Le Saint du jour:
Bienheureux Jean-Adalbert Balicki
1869-1948. Professeur de théologie puis recteur du séminaire de Przemysl, ce prêtre polonais excella dans la direction spirituelle. Béatifié en 2002.
3eme dimanche de Carême
8 mars au 15 mars 2026
Lecture du livre de l’Exode (17, 3-7)
Psaume 94 (95)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 1-2.5-8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (4, 5-42)
Méditation:
Avec nous

«Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » L’interrogation du peuple hébreu, éprouvé par la soif au creux du désert, traverse les temps et rejoint notre quotidien. Le Seigneur ouvre la mémoire de Moïse : le Seigneur s’est engagé pour son peuple quand, par son bâton, Moïse a ouvert un passage dans les eaux de la mer pour sauver le peuple hébreu de la servitude en Égypte. Par ce même bâton, Moïse ouvrira une faille dans le rocher laissant couler une source pour désaltérer le peuple. Oui, le Seigneur est avec Moïse quand il répond à sa mission de conduire son peuple vers la liberté.
La liturgie de ce dimanche nous conduit à entendre le renversement exprimé par la rencontre de Jésus avec une femme de Samarie. À l’heure la plus chaude, Jésus attend la Samaritaine : « Donne-moi à boire. » Dans un dialogue en vérité le Seigneur libère en elle ce qui l’entrave. Désormais, elle porte en elle une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle.
À leur retour, les disciples étonnés de voir Jésus converser avec cette femme, l’appellent pour le repas. Mais lui est déjà rassasié : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » En effet, Jésus fait de cette femme une disciple. Elle qui, laissant sa cruche, court partager la source de vie qui a jailli en elle au cœur du dialogue avec son Seigneur. Oui, le Seigneur est au milieu de nous !
La rencontre avec le Christ est-elle, pour moi, source vive ?
Est-ce que je le vois attendre au bord du puits me demander à boire ?
Ai-je à cœur de partager autour de moi le goût de cette eau vive ?
Anne Da, xavière
Le Saint de jour:
Saint Jean de Dieu
1495-1550. “Dieu avant tout, et par-dessus tout ce qui est dans le monde !” Telle était la devise de ce Portugais qui, après sa conversion à Grenade, y ouvrit un hôpital destiné aux nécessiteux. Ainsi naquit l’Ordre des frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu.
2eme dimanche de Carême
1er mars au 8 mars 2026
Lecture du livre de la Genèse (12, 1-4a)
Psaume 32 (33)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (1, 8b-10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)
Méditation:
La vraie lumière

Transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, Jésus anticipe la gloire de sa résurrection mais aussi celle de la Croix. Son procès approchant, il dévoile à ses intimes le sens des événements à venir. Ils auront bien besoin de cette lumière pour vivre la Passion, traverser les persécutions et la transmettre à leur tour.
La scène commence avec Jésus, Moïse et Élie. Mais il reste seul à poursuivre le chemin avec ses disciples. Après les prophètes et la Loi, le Christ Jésus est désormais l’unique à manifester la gloire du Père. La lumière qui transfigure son visage et ses vêtements vient de lui. Dès l’origine, elle a marqué sa présence dans le monde. Le soleil et la lune ne sont venus qu’au quatrième jour de la Création. Les astres sont des repères marquant l’alternance du jour et de la nuit mais ils ne sont pas la lumière. Chaque couleur possède une manière différente de la refléter. Le charbon et le diamant sont chimiquement identiques. Mais l’un apparaît noir et l’autre brillant parce qu’ils laissent passer la lumière différemment.
La Transfiguration révèle la gloire du Fils. Elle rappelle aussi que Dieu est la véritable lumière qui brille sur toute la Création. Elle anticipe enfin ce que nous sommes. La Transfiguration de Jésus annonce la couleur. « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » car chacun à sa manière est appelé à se laisser habiter par la sainteté de Dieu pour rayonner à son tour du feu de son amour.
En ce temps de Carême, vais-je laisser le Christ illuminer
ma vie ?
Comment manifester la présence du Père et la vie entièrement donnée de son Fils à ceux qui s’attardent encore dans la nuit ?
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste
Le saint du jour:
Saint Aubin
469-550. Nommé sur le tard évêque d’Angers, il osa s’élever fermement contre les mœurs dissolues des seigneurs mérovingiens. Saint patron des villes d’Angers et de Guérande.
1er dimanche de Carême
22 février au 28 février 2026
Lecture du livre de la Genèse (2, 7-9 ; 3, 1-7a)
Psaume 50 (51)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 12-19)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 1-11)
Méditation:
Sans cesse redire « oui » à Dieu

Le récit des tentations constitue un tout avec celui du baptême à l’issue duquel Jésus reçoit la confirmation de son identité de Fils de Dieu. Cette succession d’événements – baptême, confirmation par le Père, tentations – n’est en rien fortuite. Il faut lire le récit des tentations à la lumière de ce qui précède. L’histoire, donc, commence avec Jésus qui demande à recevoir le baptême de conversion que dispense le Baptiste. Ce dernier s’insurge et dit à Jésus qu’il n’en a pas besoin, Jésus lui oppose que c’est pourtant ce qu’il doit faire. Jésus signifie ici qu’il accepte d’endosser la condition humaine. Il dit « oui » au Père. Alors, le Père confirme qu’il reconnaît en lui son Fils bien-aimé. Mais le récit ne s’arrête pas là, il se poursuit au désert où Jésus est conduit par l’Esprit pour être tenté. Si Jésus vit un combat contre le Satan, c’est parce qu’il a dit « oui » à Dieu. Pour nous également, le combat survient précisément quand nous nous décidons pour Dieu. La tentation ou le combat spirituel ne signifient pas que nous sommes séparés de Dieu mais que nous avons sans cesse à le choisir de nouveau. Jésus a mené cette bataille jusqu’au bout : juste avant sa mort, au jardin des oliviers, il a dû, une fois encore, dire « oui » à Dieu. Jésus n’est pas venu pour mettre fin au combat, mais pour nous montrer comment le vivre et surtout pour le mener en nous. Voilà en quoi réside notre joie : là aussi, il est avec nous.
« L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Que puis-je faire pour me nourrir de la parole de Dieu ?
« Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Dans mes attitudes de croyant, lesquelles pourraient être une façon de mettre Dieu à l’épreuve ?
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris
Le Saint du jour:
Chaire de saint Pierre, Apôtre
La Chaire de saint Pierre rappelle la mission que le Christ a confiée à son Apôtre. La foi de Pierre est le rocher sur lequel le Seigneur a bâti son Église.
6ème dimanche du temps ordinaire
15 février au 22 février 2026
Lecture du livre de Ben Sira le Sage (15, 15-20)
Psaume 118 (119)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2, 6-10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 17-37)
Méditation:
L’exigence d’une vie accordée au Christ

Les textes de ce dimanche nous indiquent que choisir le Christ n’est pas sans conséquences, à commencer par la fidélité nécessaire au choix posé. Si la première lecture nous rappelle que la fidélité dépend bien de nous et de notre choix de rester fidèles, la finale de l’évangile de Matthieu nous invite à faire de notre parole un vrai « oui » ou un vrai « non ». L’enseignement inaugural de la mission de Jésus se poursuit. Sa voix s’élève avec force et clarté pour évoquer la Loi, qui devient un chemin de vie menant à Dieu. D’une certaine manière, nous sommes invités à une vraie radicalité. Cette radicalité, nous la tenons du Christ lui-même. Il n’est pas venu pour abolir la Loi, mais pour la porter à son accomplissement. Les paroles de Jésus dérangeront toujours. Affirmer que tout homme qui se met en colère contre son frère est un meurtrier ou que l’homme qui insulte son frère est digne de la géhenne de feu sont des mots violents. La tentation d’oublier ces paroles de Jésus peut être grande, mais ses paroles, même dures, invitent aussi à une exigence de vie et d’amour. La Loi est cette sagesse dont parle Paul. Une sagesse tellement éloignée de celle du monde que seul l’Esprit peut nous en faire découvrir les contours. Une sagesse qui ne cesse d’éclairer notre recherche et de façonner notre discernement. Une sagesse qui écrit nos « oui » et nos « non » pour que notre vie soit toujours plus accordée à la vie même de Dieu.
Quels sont les chemins habituels de mon discernement lorsque je dois poser des choix importants dans ma vie ?
Comment la parole de Dieu éclaire-t-elle mes paroles et mes actes ? L’Évangile m’aide-t-il à rejoindre mes compagnons d’humanité ?
Benoît Gschwind, évêque de Pamiers
Le Saint du Jour:
Saint Claude La Colombière
1641-1682. Avec sainte Marguerite-Marie Alacoque, dont il fut le confesseur, ce brillant jésuite contribua à répandre la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Canonisé en 1992.
5ème dimanche du temps ordinaire
8 février au 15 février 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (58, 7-10)
Psaume 111 (112)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2, 1-5)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)
Méditation:
Sel et lumière
L’évangile de ce jour fait partie du discours de Jésus sur la montagne. Il suit l’évangile des Béatitudes qui est un appel au bonheur : « Heureux êtes-vous ! » Aux disciples réunis autour de lui pour l’écouter, le Seigneur ne dit pas : « Devenez le sel de la terre […] devenez la lumière du monde. » Il leur dit : « Vous êtes le sel de la terre […] vous êtes la lumière du monde. » C’est-à-dire, au cœur de ce monde, les grains de sel qui révèlent à chacun et chacune la saveur de la vie, le goût d’être disciples du Seigneur Jésus. Dans le récit des commencements du livre de la Genèse, il nous est raconté que la première parole de Dieu fut pour faire advenir la lumière : « “Que la lumière soit.” Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne » (Gn 1,3-4). Le Seigneur nous appelle à partager ce qu’il est lui-même : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12). Être la lumière du Christ, c’est « être avec lui » et agir à sa manière : partager notre pain avec celui qui a faim, accueillir chez nous les pauvres sans abri, couvrir l’indigent sans vêtement, ne pas nous dérober à notre semblable. Alors, dit le prophète Isaïe, notre lumière jaillira comme l’aurore. L’apôtre Paul l’affirme : les hommes et les femmes de ce monde qui verront cette lumière en nous rendront gloire à notre Père qui est aux cieux.
Ai-je fait l’expérience de rendre gloire au Père en accueillant dans ma vie les plus pauvres ?
Ai-je conscience d’être appelé comme disciple de Jésus à être le sel de la terre, la lumière du monde ?
Anne Da, xavière
Le Saint du jour:
Sainte Joséphine Bakhita
1869-1947. Née au Darfour, elle connut l’horreur de l’esclavage avant de venir en Italie et d’entrer chez les religieuses canossiennes à Vérone, en Italie. Première sainte soudanaise.
4 eme dimanche du temps ordinaire
1er au 8 Février
Lecture du livre du prophète Sophonie (2, 3 ; 3, 12-13)
Psaume 145 (146)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 26-31)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 1-12a)
Méditation:
Humilité biblique
La récurrence des appels à l’humilité dans les textes bibliques manifeste que celle-ci n’est sans doute pas la première caractéristique des personnes qui se réclament de la foi en Dieu. De son côté, Paul emploie souvent le vocabulaire de la « fierté ». Il veut corriger l’autocongratulation de certains groupes, en appelant les chrétiens de Corinthe à n’être fiers que « dans le Seigneur ». Ce ferme recadrage trahit la tentation permanente de nous attribuer ce qui n’appartient qu’à la grâce, avec le risque avéré de ployer sous la pression de « l’Évangile de la prospérité ». Dans cette forme dévoyée de compréhension de l’action de Dieu dans l’histoire, le seul critère d’évaluation de nos initiatives pastorales et liturgiques est le succès numérique ou financier.
Or, la nécessaire relecture de nos propositions devrait plutôt s’appuyer sur les Béatitudes, aux critères paradoxaux mais joyeux ! Malgré les signes extérieurs de puissance que les Églises chrétiennes cherchent parfois à se donner, nous devrions être conscients de faire partie des « humbles du pays », de n’être qu’un peuple pauvre et modeste, prêt à recevoir la vérité sans jamais pouvoir prétendre en être le maître. Au-delà du travail sur l’enseignement biblique et du geste fraternel que nous tentons d’esquisser, ce rapport respectueux à ce qui nous est donné se déploie dans l’eucharistie. La communion au Christ nous est gracieusement offerte mais elle ne nous appartient pas.
Quels sont mes critères de relecture de la vie liturgique et pastorale de ma communauté ?
À quel « pauvre de cœur » vais-je témoigner ma proximité cette semaine ?
Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)
Le saint du jour:
Saint Sever
VIIe siècle. La piété de cet ermite du Cotentin conduisit les habitants d’Avranches à le choisir pour évêque.
3 eme dimanche du temps ordinaire
du 25 janvier au 1er février
Lecture du livre du prophète Isaïe (8, 23b – 9, 3)
Psaume 26 (27)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 10-13.17)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 12-23)
Méditation:

« Viens ! »
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Sommes-nous bien sûrs d’entendre cet appel à la conversion tel qu’il est formulé ? N’avons-nous pas tendance à le percevoir comme l’énonciation d’une condition : « Convertissez-vous pour faire advenir le Royaume » ou « Convertissez-vous afin d’être dignes du Royaume » ? Or, le texte est bien clair, nulle condition n’est posée à la venue du Royaume, il est déjà là. L’histoire qu’inaugure cette phrase du Christ commence donc par une affirmation inouïe : le Royaume est donné avant même que nous ayons fait quoi que ce soit pour le mériter. Pour le dire autrement, l’amour nous précède. Alors, en quoi consiste donc l’appel à se convertir s’il n’y a rien à faire ? Se convertir ça n’est pas « faire ce qu’il faut », « se mettre dans les clous » pour mériter l’amour, c’est juste acquiescer à ce qui est offert. Il n’y a rien à faire, il y a juste à se laisser faire ou, du moins, à tendre un peu l’oreille pour laisser l’appel du Christ faire la lumière en nous. Comme pour les disciples, c’est au cœur de notre quotidien, là où nous sommes occupés à vivre nos vies, que Jésus nous rejoint. Il ne nous dit pas « deviens parfait », il dit juste « viens ». Voilà le retournement (c’est-à-dire la conversion) auquel nous sommes conviés : continuer à faire ce que nous faisons, mais en laissant le Christ participer à nos actions pour qu’elles contribuent à leur tour à rendre le Royaume tout proche pour d’autres.
Comment la parole du prophète Isaïe qui annonce une lumière et la sortie de la ténèbre résonne-t-elle pour moi ?
Où déceler les traces du Royaume dans ma vie telle qu’elle est, dans mes tâches quotidiennes, dans mon travail et mes relations ?
Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris
Le saint du jour:
Conversion de saint Paul
Sur la route de Damas, le Christ ressuscité se révèle à Saul, intransigeant défenseur de la tradition hébraïque, et le change en l’Apôtre Paul, qui portera le message chrétien hors des milieux juifs.
BAPTEME DU SEIGNEUR
du 18 au 25 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (49, 3.5-6)
Psaume 39 (40)
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1, 1-3)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 29-34)
MEDITATION:
« Voici l’Agneau de Dieu »

Jean Baptiste voit arriver Jésus. Il ne s’agit plus d’annoncer sa venue mais de le reconnaître comme étant l’envoyé de Dieu. Sa prophétie étonne : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » L’agneau est un animal docile. Il n’aboie pas devant l’inconnu. Il ne mord pas l’agresseur. Il est doux et fragile. Pourtant, c’est lui qui prendra sur lui le péché des hommes et qui, dans son amour, l’emportera sur la Croix. Sans cet amour, il n’y a aucune possibilité de vaincre le mal ou le péché. Jean dit l’essentiel de la mission de Jésus. Le péché est un mur qui nous sépare de Dieu et nous empêche de voir le ciel. Jésus vient le détruire. Le péché est une chaîne invisible qui nous retient de marcher à ses côtés. Et lui vient à notre rencontre. L’amour de Jésus n’est pas une idée mais une expérience de libération et de joie. L’Agneau de Dieu n’élimine pas le péché à coups de baguette magique. Il le prend résolument sur lui et devient pour chacun la promesse d’une vie nouvelle. Habitués à juger l’autre, nous progressons lorsque nous cessons de pointer du doigt nos contemporains. Mais l’Évangile nous ouvre une autre perspective ; lumineuse et plus exigeante. Pour libérer l’homme, prenons aussi sur nous son péché au risque de souffrir avec lui et pour lui. Seul Jésus peut accomplir l’œuvre du salut. Mais nous pouvons y participer en adoptant sa manière de voir et en expérimentant son amour.
Quels sont les moments où je peux reconnaître Jésus et le rencontrer personnellement ?
Vais-je privilégier son amour plutôt que la force, choisir le service et son humilité plutôt que le prestige et l’orgueil ?
Vincent Leclercq, prêtre assomptionniste
Le Saint du jour:
Sainte Marguerite de Hongrie
1242-1270. Princesse hongroise, consacrée à Dieu dès l’âge de 3 ans. Elle entra à 12 ans dans un couvent dominicain situé sur une île du Danube. Elle y mena une vie d’extrême pénitence. Canonisée en 1943.
BAPTEME DU SEIGNEUR
du 11 au 18 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (42, 1-4.6-7)
Psaume 28 (29)
Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34-38)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 13-17)
MEDITATION:
Qui est Jésus ?

La scène au bord du Jourdain que nous écoutons en cette fête du Baptême du Seigneur est bien plus qu’un simple épisode de l’Évangile. Il s’agit d’une révélation, d’un commencement, d’une bonne nouvelle pour notre vie. Qui est Jésus ? Jean baptisait pour la conversion des péchés. Jésus, lui, est sans péché. Alors pourquoi se fait-il baptiser ? Probablement pour se mettre à notre place, assumer notre condition et rejoindre l’humanité blessée. Au moment où Jésus sort de l’eau et que le ciel s’ouvre, la Trinité est à l’œuvre. Le Père aime, le Fils obéit, l’Esprit sanctifie. Jésus est confirmé dans son identité. Il est l’Envoyé venu accomplir la mission annoncée par Isaïe : ouvrir les yeux des aveugles, libérer les captifs, proclamer la justice et nous ouvrir le salut. Ce baptême est le point de départ de la vie publique de Jésus. À partir de ce moment, il « passe en faisant le bien » (cf. Ac 10, 38). Jésus proclame la Bonne Nouvelle, guérit, relève, pardonne. Cet épisode au Jourdain est son consentement à la mission confiée par le Père, un « oui » qui le conduira jusqu’à la Croix et à la Résurrection. Notre propre baptême s’enracine dans le mystère pascal. Comme Jésus, nous avons été plongés dans l’eau et marqués par l’Esprit. Nous sommes devenus enfants bien-aimés du Père. Et nous aussi, nous avons la mission de l’annoncer. Baptisés de longue date ou bien plus récemment, demandons la grâce de faire la joie de notre Dieu.
Que m’inspire l’épisode du baptême de Jésus ?
Quel visage de Dieu puis-je identifier dans les lectures du jour ?
Qu’est-ce qui m’aide à nourrir les promesses de mon baptême ?
Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église
le Saint du jour:
Saint Paulin d’Aquilée
Vers 750-vers 802. “Avec l’amour de Dieu, ayons dans le cœur l’amour du prochain”, recommandait cet évêque d’Aquilée, en Italie, et théologien, conseiller de Charlemagne.
EPIPHANIE
04 janvier 2026
Lecture du livre du prophète Isaïe (60, 1-6)
Psaume 71 (72)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (3, 2-3a.5-6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-12)
Méditation:

Un don offert à tous
L’évangile selon Matthieu demeure discret sur le nombre exact des mages. Cependant, la tradition chrétienne leur a attribué, bien plus tard, les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar, figures symboliques de l’ensemble de l’humanité métissée. Par leur présence, ils incarnent la vocation universelle du message évangélique : tous les peuples, hommes et femmes, sont invités à se laisser illuminer par le Christ, lumière et vie du monde. À Noël, Dieu se révèle dans la simplicité d’une famille, sous le regard de quelques bergers. À l’Épiphanie, cette lumière intime se déploie au grand jour : l’étoile guide les nations et annonce que le salut n’est pas l’apanage d’un seul peuple, mais le don offert à tous. Le rêve du prophète Isaïe — celui du rassemblement des nations marchant vers la clarté de l’aurore — prend ici tout son sens. Ainsi, la fête de l’Épiphanie proclame l’universalité du dessein de Dieu. Chaque culture, chaque peuple est appelé à le célébrer selon ses propres richesses humaines et spirituelles, dans le respect des plus humbles et des plus fragiles. Les mages, en reconnaissant dans l’enfant de la crèche le Fils de Dieu, ont vu en lui la source d’une sagesse nouvelle. À leur suite, il nous appartient d’accueillir le Christ comme la lumière qui oriente nos vies, éclaire nos projets et inspire l’avenir de nos familles, de nos nations et du monde entier.
Comment est-ce que je vis aujourd’hui l’universalité du message chrétien dans mes relations avec les autres peuples et les autres cultures ?
En quoi la lumière de l’Épiphanie peut-elle encore guider nos sociétés vers plus de justice, de fraternité et de paix ?
Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique
Le saint du jour:
Sainte Angèle de Foligno
1248-1309. “Le Sauveur du monde a posé la douceur et l’humilité à la base des vertus”, rappelait cette mystique italienne qui, devenue veuve, entra dans le tiers ordre franciscain.