Homélies, méditations, prières, ... — Paroisse Saint-André en Gavot-Léman

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Homélies, méditations, prières, ...

Pour chaque dimanche et fêtes

Ecouter la parole de Dieu   

 

 

12eme dimanche du temps ordinaire

du 21 juin au 28 juin

Lecture du livre du prophète Jérémie (20, 10-13) 

Psaume 68 (69) 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 12-15) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 26-33)

Méditation:

Déclarations

Dans ce discours où il envoie ses disciples en mission, Jésus ne fait pas de vaines promesses : la tâche de ses amis sera ardue. Comme lui, ils feront face à une violente opposition. Jésus est lucide et désire que nous le soyons également : le suivre et parler en son nom peut mener sur des chemins périlleux. Dénoncer les injustices, refuser toute violence, prendre les armes de la compassion, de la vulnérabilité, de la paix, tout cela met en danger. La vie de Jésus en est une parfaite illustration. Pourtant, en conclusion de ces avertissements qui présagent des lendemains difficiles pour les disciples, Jésus répète à plusieurs reprises : « Ne craignez pas. » Car tout en envoyant ses disciples au-devant de probables difficultés, Jésus promet une vie qui surpasse celle du corps et il les assure de son soutien indéfectible. Il leur dit qu’il se « déclarera » pour eux. Ainsi ne faut-il pas entendre les mots qui concluent ce passage comme l’énoncé d’une condition sous le mode d’un donnant-donnant. Dieu n’est pas un parrain de la mafia qui dispense sa protection en échange de notre soumission. Il faut entendre ces mots comme une bonne nouvelle : en Dieu se trouvent notre force et notre vie. Cette vie est déjà dispensée mais Dieu, qui respecte infiniment la liberté de chacun, attend de nous que nous donnions notre consentement à recevoir son soutien, c’est-à-dire à nous « déclarer » nous aussi pour lui.

Comment résonnent en moi les paroles de Jésus m’assurant que tout ce que je suis compte pour Dieu jusqu’au moindre de mes cheveux ?

Quelles peurs puis-je confier à Dieu pour lui demander de m’en libérer ?

Par Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris

Le Saint du jour:

Saint Louis de Gonzague

1568-1591. Fils d’une famille noble, il se voua très jeune à la prière et à la pénitence. Entré chez les jésuites, il mourut à 23 ans après s’être mis au service des pestiférés. Patron de la jeunesse étudiante.

Par Xavier Lecœur

11eme dimanche du temps ordinaire

du 14 au 21 juin

Lecture du livre de l’Exode (19, 2-6a)

Psaume 99 (100)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (5, 6-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 36 – 10, 8)

Méditation:

Du cœur compatissant du Christ

 

Jésus appelle ses disciples, les envoie, leur donne pouvoir et leur détaille ses prescriptions. La mission qu’il leur confie naît de son cœur compatissant. L’évangile s’ouvre en effet sur un regard de Jésus jeté sur les foules « désemparées et abattues ». Ainsi, avant même d’envoyer les disciples vers ces foules, Jésus voit ; avant de donner des consignes, il aime ; et avant de confier la mission, il compatit. Pour les disciples, la mission commence par la prière. On ne s’envoie pas soi-même, on est envoyé. L’initiative appartient au Maître de la moisson. Le pouvoir qu’ils reçoivent n’est pas le leur : il leur est donné. Les disciples ne parlent pas en leur nom, ils proclament ce que Jésus lui-même proclame : « Le royaume des Cieux est tout proche. » Ils n’agissent pas de leur propre autorité, ils exercent l’autorité reçue du Christ. L’énumération de leurs noms donne à penser que la mission est confiée à des hommes concrets, divers et fragiles. Le contenu et le cadre de la mission sont connus  : il s’agit d’aller vers « les brebis perdues de la maison d’Israël », de proclamer la proximité du Royaume, de guérir les malades, de ressusciter les morts, de purifier les lépreux, d’expulser les démons. La mission est parole et action. Elle annonce et elle restaure. Elle proclame un Royaume qui s’approche et elle en donne déjà les signes. Finalement, ce que les disciples ont reçu gratuitement, ils doivent le donner gratuitement. Tout est là. Le disciple n’est pas propriétaire de la grâce, il en est le serviteur. Ce qu’il a reçu sans mérite, il doit le transmettre sans calcul. La gratuité est la marque du Royaume.

Quelle place est-ce que j’accorde à la compassion dans ma vie ?

Qu’ai-je reçu gratuitement dans ma vie que je suis disposé à donner gratuitement à mon tour ? 

Par Jean-Paul Sagadou, prêtre assomptionniste, rédacteur en chef de Prions en Église Afrique

Le saint du jour:

Saint Méthode le Confesseur

Vers 790–847. Moine emprisonné pendant dix ans pour avoir défendu le culte des icônes. Après la défaite des iconoclastes, il fut nommé patriarche de Constantinople.

Par Xavier Lecœur

Saint Sacrement

du 7 juin au 14 juin

Lecture du livre du Deutéronome (8, 2-3.14b-16a)

Psaume 147 (147B)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (10, 16-17)

Méditation:

En nous

 

«Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » La question, posée par les Juifs et relayée par Jean, n’a-t-elle pas habité chacune, chacun d’entre nous à un moment de notre vie de croyant ? En évoquant un pain qui tombe du ciel, l’auditoire de Jésus a forcément en tête la manne tombant du ciel dans le livre de l’Exode, sans laquelle le peuple hébreu serait mort de faim. La promesse ici est différente, et c’est ce que Jésus veut souligner. Cette fois, le pain qu’il offre à travers sa chair donne la vie éternelle. C’est peut-être sur cette éternité qu’il nous faut porter notre attention. Plutôt que d’être un futur hypothétique, le don de Jésus nous fait participer, depuis ici et maintenant, à cette vie en abondance qui ne finit pas. Dans cette communion où Dieu vient demeurer en nous, la trame de notre existence s’ouvre à une autre manière d’être, tournée vers cette promesse d’éternité et ce qu’elle implique pour nos vies, si nous la prenons au sérieux. Ce Dieu qui vient demeurer en nous, c’est ce qui nous prémunit de réduire notre foi à une éthique. Mais c’est aussi l’aiguillon de l’amour qui nous presse de vivre la communion telle que le Christ l’a enseignée. Et s’il y a forcément quelque chose qui nous dépasse dans ce médium qu’est l’hostie, son humilité correspond bien à la simplicité évangélique. Dans un bout de pain peut se tenir une puissance de salut.

Comment la promesse de la vie éternelle peut-elle donner une autre dimension à ma vie quotidienne ?

Est-ce que, comme les Juifs interrogeant Jésus, je me laisse la possibilité de m’étonner de cette surprenante manifestation de Dieu qu’est le Saint Sacrement ?

Par Marie Leduc-Larivé, théologienne

Le saint du jour:

Saint Gilbert

XIIe siècle. À son retour de la deuxième croisade, il résolut de se consacrer totalement à Dieu et entra chez les Prémontrés. Premier abbé de l’abbaye de Neuffontaines (Allier).

Par Xavier Lecœur

Sainte Trinité 

31 mai au 7 juin 

Lecture du livre de l’Exode (34, 4b-6.8-9) 

Cantique Daniel 3, 52, 53, 54, 55, 56 

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (13, 11-13) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 16-18) 

Méditation:

Au monde et à moi

Dans le don du Fils unique engendré, c’est Dieu tout entier qui est engagé : le Père et le Fils et le Saint-Esprit. Dans le chapitre sur la contemplation de l’Incarnation de ses Exercices Spirituels, saint Ignace de Loyola propose de contempler « comment les trois Personnes divines […] décident en leur éternité que la deuxième Personne se ferait homme pour sauver le genre humain » (no 102). En son Fils, Dieu se donne tout entier. Lorsque le Verbe de Dieu se fait chair, Dieu est tout entier engagé par son Verbe. Lorsque je dis : « Je te donne ma parole », je suis tout entier engagé par et dans cette parole donnée, et mon interlocuteur garde en lui ma parole sans que cette parole m’ait quitté. Dieu se donne. Mais le recevons-nous ? Dans son Offrande à l’Amour miséricordieux, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus osera écrire en s’adressant à « mon Dieu ! Trinité bienheureuse » : « Vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Époux. » Thérèse passe du « monde » à « moi » : « Dieu a tant aimé le monde » devient « Dieu m’a tant aimé ». ­Délire, mégalomanie, orgueil ? Non, simplement, audace de la foi. Comme saint Paul dira : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi » (cf. Ga 2, 20). Le salut advient dans ma vie quand je découvre ce « pour moi ». Le mystère de la Sainte Trinité, c’est le mystère de l’amour qui se « dilate » pour que je puisse y entrer, gracieusement. En me donnant Jésus, Dieu me dit : « Je te donne ma parole. »

Quelle est cette promesse que Dieu me fait ?
Dieu me donne Jésus en vue de me sauver. Quel désir ai-je d’être sauvé, et de quoi ? 

Par Emmanuel Schwab, recteur du sanctuaire de Lisieux

Le saint du jour:

Visitation de la bienheureuse Vierge Marie

Une charité attentive, la joie d’un cœur ouvert au projet divin… La rencontre de Marie et Élisabeth fait déjà percevoir des signes du salut apporté par le Christ.

Par Xavier Lecœur

 

Pentecôte

24 mai au 31 mai

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 1-11)

Psaume 103 (104)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (12, 3b-7.12-13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-23)

Méditation:

La modernité de la Pentecôte

Il y a dans la fête de la Pentecôte quelque chose de résolument moderne, presque bouleversant : la certitude qu’une communauté peut renaître, se transformer, s’unifier. Non pas par des stratégies humaines, mais par un Souffle venu d’ailleurs. Un Souffle qui ouvre les portes, libère la parole et rend aux femmes et aux hommes la grâce de se comprendre. Dans les Actes des Apôtres, l’Esprit surgit comme une déflagration de lumière. Les disciples, encore craintifs et refermés, sont soudain projetés au cœur du monde. Comme une rafale, un feu, et surtout une voix qui devient plurielle, le Souffle de Dieu se fait entendre dans toutes les langues. Première surprise : l’Esprit ne nivelle pas, il rassemble en préservant l’aspérité des différences. Paul dit cette même vérité lorsqu’il parle d’un seul Esprit à l’origine de dons multiples. Voilà la deuxième leçon de Pentecôte­. L’unité chrétienne n’est pas un bloc compact et lisse ; elle respire de ses diversités, elle vit de la complémentarité des talents, des histoires, des sensibilités. Dans l’Évangile, Jésus souffle sur ses disciples comme Dieu, au commencement, avait soufflé sur Adam. Ce geste intime, presque fragile, recrée pourtant la mission dans toute sa force : être témoins, porter la paix et la réconciliation. Car désormais, nous sommes traversés par cette respiration divine qui nous dépasse. Un troisième enseignement de l’Esprit ? La foi n’est jamais une clôture. Elle est un élan.

Lorsque je prie avec la Séquence de Pentecôte (p. 172), quelle qualité de l’Esprit Saint me parle le plus aujourd’hui ?
Qu’est-ce que le souffle de Jésus ressuscité vient renouveler dans ma vie ? 

Par Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église.

Le saint du jour:

 

Saint Donatien et Saint Rogatien

IIIe siècle. Ces deux frères furent dénoncés comme chrétiens et, ayant refusé d’abjurer, furent mis à mort. Patrons de la ville de Nantes.

Par Xavier Lecœur

7eme Dimanche de Pâques

 17 mai au 24 mai 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (1, 12-14) 

Psaume 26 (27) 

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (4, 13-16) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 1b-11a)

Méditation:

La foi s’appuie sur les autres

 

«Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. » Le tableau, certes un peu idéalisé, que les Actes dressent des disciples réunis après l’Ascension met en relief une caractéristique essentielle de la prière chrétienne : elle engage à la fois l’intériorité de chacun et la vie du groupe. Ces deux aspects sont indispensables. Une foi qui ne touche pas en profondeur une personne, qui ne rejoint ni son expérience ni sa compréhension du monde, conduit tôt ou tard à une forme d’aliénation. L’histoire montre que bien des croyants se sont vu imposer une foi, y compris chrétienne, sans véritable écho intérieur ; il en est souvent résulté une adhésion superficielle et une source de malaise. À l’inverse, une foi vécue dans un isolement complet appelle à la vigilance. Lorsqu’une conviction n’est partagée par personne, il est sage de prendre du recul et d’examiner avec soin ses certitudes personnelles. Comme éditeur, je reçois trop souvent des manuscrits de personnes convaincues d’avoir reçu une révélation pour le moins singulière. La sagesse de Dieu se manifeste dans la manière dont il se révèle aux disciples. Jésus ressuscité dissipe les doutes de Thomas afin qu’il puisse accueillir pleinement la foi qui s’élabore. Mais pour l’assimiler et la faire mûrir, Thomas s’appuie sur les autres. Ce qu’il pressent comme juste est alors relu, confronté et affiné au cœur de la communauté des croyants.

Ce que je prétends croire rejoint-il vraiment ce que je vis et ce que je ressens au fond de moi ?
Suis-je à l’aise pour parler de mes convictions avec d’autres et pour les confronter à leur regard ? 

Par Jonathan Guilbault, directeur éditorial de Prions en Église Canada

Le saint du jour:

 

Saint Pascal Baylon

1540-1592. Entré chez les Franciscains comme simple portier, ce berger espagnol se fit remarquer par sa grande humilité, son obéissance et son goût pour la prière. Patron des œuvres eucharistiques.

Par Xavier Lecœur

6eme Dimanche de Pâques

10 au 17 mai

Lecture du livre des Actes des Apôtres (8, 5-8.14-17)

Psaume 65 (66)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (3, 15-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 15-21)

Méditation:

 

La joie comme testament

En ce temps pascal, ouvrons l’oreille aux paroles de Jésus à ses disciples sur le chemin qui le conduisait à livrer sa vie par amour. Pour les disciples, éprouvés par la séparation d’avec leur Seigneur, ces paroles sont précieuses, comme celles d’un testament spirituel. Elles résonnent comme le mémorial de ce qu’ils ont vécu lors du dernier repas, recevant l’appel au bonheur : heureux ceux et celles qui, dans l’ordinaire des jours, agissent à la manière du Christ. Le récit des Actes des Apôtres atteste en effet de la manière de vivre de Philippe et ses compagnons, reçue de Jésus lui-même. Oui, Jésus a honoré sa promesse de revenir vers eux, lui qui s’est manifesté comme le Ressuscité tout au long des 50 jours du temps pascal. La promesse de Jésus aux disciples de prier le Père d’envoyer sur eux l’Esprit de vérité, le Défenseur qui sera toujours avec eux, est effective. Philippe en témoigne, lui qui, au nom du Christ Jésus, délivre les possédés, guérit les paralysés et les boiteux. Une grande joie est le signe de la présence de l’Esprit du Christ qui œuvre par les disciples. Cette promesse nous est faite, à nous qui vivons dans l’amitié avec lui. L’évangile de Jean tourne notre regard vers la Trinité. Il nous introduit dans les relations trinitaires : puissions-nous reconnaître que Jésus est dans le Père, que nous sommes dans le Fils par l’Esprit, et que lui est en nous.

Quelle sera, en ce temps pascal, la manière de mettre le Ressuscité au cœur de ma vie ?
Est-ce que j’accueille la joie qui se donne quand l’Esprit du Christ Ressuscité se manifeste dans une rencontre ? 

Par Anne Da, xavière

Le saint du jour:

 

Saint Jean d’Avila

1502-1569. Par sa prédication ardente, ce prêtre et théologien espagnol fut à l’origine des conversions de saint François de Borgia et de saint Jean de Dieu. Docteur de l’Église depuis 2012.

Par Xavier Lecœur

5eme Dimanche de Pâques

3 mai au 10 mai 2026

Lecture du livre des Actes des Apôtres (6, 1-7) 

Psaume 32 (33) 

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (2, 4-9) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 1-12)

Méditation:

Du jamais vu !

Vous avez déjà vu des pierres vivantes ? Moi, non. Ou une maison qui a une âme ? Je n’ai pas vu l’âme, mais je connais des lieux qui ont une âme, maison, beau monument ou église. S’y découvre ce je-ne-sais-quoi qui transpire la beauté, la paix, la présence. Vous en connaissez proches de chez vous. « La pierre, rejetée par les bâtisseurs, est devenue pierre d’angle. » Le Christ rejeté par les hommes est devenu la pierre d’angle de l’Église, non pas le bâtiment, mais la communauté des chrétiens. Et je peux être une de ces pierres vivantes de la communauté qui se réunit en Église pour célébrer le Ressuscité. Nous aussi, nous sommes précieux. Nous portons, nous supportons ensemble, nous servons comme les diacres, dans nos missions de proximité des pauvres. Eux aussi sont des pierres vivantes de l’Église.
Grâce à eux, grâce à nous, la parole de Dieu se multiplie fortement. Et, dans la maison du Père, il y a de nombreuses demeures. À nous de souhaiter y prendre notre place. Elle est préparée par Jésus lui-même. À nous de vouloir y être avec Jésus pour vivre une grande communion. Le chemin de la maison du Père est plus simple que ce que nous imaginons. Avoir le regard fixé sur lui fait avancer. Comme par attirance. Sur ce chemin nous ne sommes pas seuls à connaître et à vivre des œuvres du Seigneur. La communauté de l’Église est le lieu du partage et de la joie. Alléluia !

Quand je regarde la communauté des chrétiens, est-ce que je me sens une pierre vivante ou une pierre inerte ?
Est-ce que je regarde le monde à partir de l’Église dans laquelle je suis actif ou est-ce que je regarde l’Église de l’extérieur ? 

Par Tommy Scholtes, prêtre jésuite, Prions en Église Belgique

Le saint du jour:

 

Saints Philippe et Jacques

Ier siècle. Deux des douze Apôtres. Appelé par Jésus, Philippe joua un rôle actif lors de la multiplication des pains. Jacques, fils d’Alphée, aurait dirigé l’Église de Jérusalem après le départ de saint Pierre.

Par Xavier Lecœur

4eme Dimanche de Pâques

26 avril au 3 mai 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 14a.36-41) 

Psaume 22 (23) 

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (2, 20b-25) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 1-10) 

Méditation:

Un passage qui n’est pas secret

L’évangile de ce dimanche est riche en protagonistes : des brebis, un berger, un bandit ou voleur, un portier et…. une porte ! La porte, c’est Jésus lui-même. En se qualifiant ainsi, il nous prend à contre-pied. En effet, l’image du bon berger, par laquelle il va se désigner juste après, nous est bien plus familière. Quand il dit de lui-même qu’il est la porte qui permet le passage de la sécurité de l’enclos à l’espace nourricier des pâturages, Jésus formule en images ce qu’il affirme plus loin dans le même évangile : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6). Passer par Jésus, c’est accéder au Père, c’est-à-dire à une vie donnée en abondance. Il y a donc un enjeu de vie et de mort à mettre notre confiance en Jésus, l’image du troupeau menacé par un voleur animé d’intentions meurtrières le signifie clairement. Sans nommer les forces d’opposition à la vie, Jésus affirme qu’elles sont bien à l’œuvre. Or, nous rappelle-t-il, il est justement venu pour que nous ayons la vie. Certes, nous ne sommes pas épargnés par la mort mais la promesse de vie que Jésus fait dans ce texte n’en demeure pas moins réelle. Jésus, qui vient vivre avec nous, nous ouvre le passage vers la vie. Ce passage n’est pas caché ou ouvert aux seuls détenteurs d’une clef, ce n’est pas un labyrinthe de conditions et de lois. C’est Jésus, tout simplement.

Quelle est cette vie en abondance pour moi ?

À quoi puis-je reconnaître la voix de Jésus dans mon existence ?

Comment cette image de berger et de brebis me parle-t-elle ? Que me dit-elle de ma relation à Dieu ? 

Par Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris

Le saint du jour:

 

Saint Raphaël Arnáiz Barón

1911-1938. “Jésus a besoin d’âmes qui l’écoutent en silence”, écrivait ce jeune Espagnol qui arrêta ses études pour devenir oblat dans un monastère trappiste. Canonisé en 2009.

Par Xavier Lecœur

3eme Dimanche de Pâques

19 avril au 26 avril 2026

Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 14.22b-33) 

Psaume 15 (16) 

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 17-21) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35) 

Méditation:

Vivre comme apôtres

À peine revenus d’Emmaüs, les disciples attendent patiemment que les Apôtres s’expriment pour pouvoir, enfin, prendre la parole. Leur rencontre inédite – une interprétation itinérante des Écritures puis la fraction du pain – cède la place devant le témoignage apostolique. « À leur tour », les deux disciples parlent du geste essentiel de l’eucharistie, Parole et pain consacré, qu’ils sont les premiers à avoir expérimenté. Entre Apôtres et disciples, cette hiérarchie surprenante révèle une structuration ancienne de l’Église que saint Luc veut expliciter. La puissance de l’expérience de la rencontre du Ressuscité – qui ne dépend pas des Apôtres – doit passer au crible du témoignage unique de ces derniers. Pour Luc, eux seuls répondent
à la double exigence d’avoir été compagnons de Jésus sur
les routes de la Terre sainte – en étant témoins de son enseignement et des gestes de puissance qu’il accomplit – et directement associés aux derniers jours de la vie de Jésus jusqu’à sa résurrection. Inversement, Cléophas et son compagnon témoignent d’une nouveauté dans le récit de Luc. Ni les femmes, venues les premières au tombeau, ni Simon-Pierre n’ont eu accès à cette expérience de la Parole qui vient nous rejoindre sur nos routes, se déploie en un accompagnement personnalisé, prend corps dans la présence eucharistique et nous envoie vers les autres ! À notre tour, nous sommes engagés sur la route de l’écoute, de la célébration et du service dans une Église tout apostolique.

Quelle parole pourra me nourrir pendant la semaine qui s’ouvre ?

Devant qui vais-je témoigner aujourd’hui du Ressuscité ? 

Par Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)

Le Saint du jour:

 

Saint Timon

Ier  siècle. L’un des sept premiers diacres choisis par les Apôtres. Selon la tradition, il aurait ensuite évangélisé la région de Corinthe, où il aurait été crucifié.

Par Xavier Lecœur

2eme Dimanche de Pâques

Semaine du 12 au 19 avril 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 42-47) 

Psaume 117 (118) 

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 3-9) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

Méditation:

Une promesse pour aujourd’hui

Il est peu de passages dans la Bible qui disent clairement pourquoi ils nous ont été transmis. Celui‑ci en fait partie. Il est écrit pour ceux qui ne seront jamais témoins directs des apparitions du Ressuscité, pour ceux qui vivront de l’écoute de la Parole et de la foi reçue. Pour nous. Ainsi, l’évangile devient lui‑même un rendez-vous avec le Christ. Le Ressuscité qui n’abolit ni la peur ni le doute, mais qui vient les traverser. Il est bien le Crucifié vivant : ses plaies demeurent visibles. La joie des disciples naît précisément de cette reconnaissance. La Résurrection n’efface pas l’histoire, elle l’accomplit. Absent lors de la première apparition de Jésus, Thomas ne se contente pas du témoignage des autres. Il ose dire son besoin, sa difficulté à croire. Son attachement au Christ est trop profond pour se satisfaire de mots. Thomas réclame les plaies, car le ­Ressuscité est, pour lui, celui qu’il a vu souffrir. Il ne cherche pas une preuve abstraite, mais une continuité. Son cri de foi est l’aveu d’une relation retrouvée. La Résurrection ne peut être désincarnée, elle porte encore les traces de l’amour livré. Ce texte est une promesse pour aujourd’hui. La foi n’exige pas des certitudes immédiates, mais une disponibilité intérieure, en chemin. Croire sans avoir vu, c’est croire à partir d’une Parole reçue, transmise, habitée par l’Esprit. Là où la recherche est sincère, là où le doute est accueilli sans être nié, le Christ vivant est déjà à l’œuvre.

Qu’est-ce que cet évangile m’apprend sur Jésus ressuscité ?
Comment l’apôtre Thomas peut-il inspirer mon chemin de foi ?
Quelle place les Écritures ont-elles dans ma vie de foi ? 

Par Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église

Le Saint du Jour:

Saint Jules Ier

+ 352. Élu pape en 337, il combattit les partisans de l’hérésie arienne et défendit le mystère de la Sainte Trinité.

Dimanche de Pâques

 Semaine du 5 avril au 12 avril 2026 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (10, 34a.37-43) 

Psaume 117 (118) 

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (5, 6b-8) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 1-9) 

Méditation:

Un nouvel élan

C’est Pâques ! Et plutôt qu’un point d’arrivée, cette fête devrait être un nouveau départ dans notre vie spirituelle. Ce n’est pas pour rien que la toute première lecture de la veillée pascale débute ainsi : « Au commencement… » Je me souviens d’une année où je m’étais astreint à une discipline exigeante pendant le Carême, en particulier du point de vue du jeûne. Arrivé à Pâques, j’ai engouffré la moitié d’un gâteau au chocolat – c’était un moment jouissif, j’en conviens ! Mais j’ai été vite confronté à un problème : au cours des premiers jours du temps pascal, je ne savais plus comment me disposer intérieurement, maintenant que l’ascèse était terminée. J’étais même un peu triste : tout ça pour un plaisir intense mais bien peu de joie finalement. C’est que je n’avais pas couru vers Dieu
au long du Carême ; j’avais plutôt tenté de « performer » pour lui être plus disponible, quand Pâques arriverait. Mais, rendu au bout de la course, je ne savais plus comment marcher humblement avec le Christ. J’avais confondu la fin et les moyens. J’avais pris le chemin pour la destination. Que nous ayons « réussi » ou pas notre Carême cette année a peu d’importance aujourd’hui. Car Pâques sonne le début d’un nouvel élan, pour autant que l’on se laisse atteindre par la joie de cette conviction de foi : la mort est vaincue, elle n’aura pas le dernier mot ! Il n’est pas trop tard ; il n’est jamais trop tard pour donner la place centrale à Dieu dans notre vie. Et rien n’est aussi efficace pour y arriver que de se laisser traverser par la joie d’être sauvés par celui « qui nous précède ».

Qu’est-ce qui m’empêche de me laisser traverser par la joie de Pâques, s’il y a lieu ?

Quel « nouveau départ » ai-je envie de prendre dans ma vie spirituelle ? 

Jonathan Guilbault, directeur éditorial de Prions en Église Canada

Le Saint du jour:

 

Saint Vincent Ferrier

1350-1419. Ce dominicain espagnol parcourut les routes d’Espagne, d’Italie et de France, afin d’exhorter ses contemporains à la pénitence et à la conversion. Il mourut à Vannes.