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Diocèse d'Annecy Haute Savoie et Val d’ArlyDiocèse d'Annecy

1849 : envoi en mission (épisode 2)

Départ de missionnaires et de sœurs de Saint-Joseph en Inde. C’est Mgr Sébastien-Théophile NEYRET, ancien aumônier des Sœurs de Saint Joseph à Évian, et désormais (février 1849) Vicaire apostolique de Vizagapatam, qui demande le renfort de religieuses pour la mission de l’Inde...

 

Les Sœurs de la Croix de Chavanod n’ont point d’institutrices formées, contrairement à celles de Saint Joseph ; voilà pourquoi le p. Mermier s’adresse en priorité à cette congrégation. Il s’agit d’avoir des femmes capables de parler et de comprendre l’anglais, ainsi que les langues indigènes... Les Supérieures d’Annecy accueillent cette demande avec joie. De 1849 à 1860, 24 religieuses de Saint -oseph d’Annecy feront le voyage vers l’Inde.

Ci-dessous quelques extraits des lettres du père Mermier, confiés par les Missionnaires de Saint François de Sales

A Mgr NEYRET
D-ACM - 30.06.1849

DEPART DE MISSIONNAIRES ET DE SŒURS DE ST JOSEPH.
LA RETRAITE DE LA FEUILLETTE.
LE TRAVAIL DES MISSIONNAIRES 

+J. M. J.

Annecy, ce 30 juin, 1849. 

Monseigneur,

[Les quatre Sœurs de Saint Joseph.]
                                                                                                                                                                                  Soeurs de Saint-Joseph parties en Inde en 1868 

Dieu soit béni ! Voilà que nous avons la consolation d’annoncer à Votre Grandeur le départ de notre nouvel envoi. C’est au­jourd’hui que partent les quatre Sœurs destinées à aller féconder les efforts et les travaux de nos Missionnaires dans l’In­de. C’est encore, je l’espère le choix du Dominus Messis ; c’est à la demande et aux sollicitations de l’Ordinaire que les Su­périeurs et Supérieures, les Directeurs de ces généreuses filles se consacrant à cette œuvre si importante et presque nécessaire pour le soulagement de ce sexe malheureux ont dû leur dire : “Allez, le Maître vous appelle, allez aussi, vous, bonnes sœurs, fidèles épouses de J. C. Chères filles de St Joseph, vous avez aussi votre tâche. "

Dans la vigne de ce vaste Provicariat de Vizagapatam, ce ne sont pas seulement les petits enfants, les petites filles, les ma­lades, les infirmes, tant de malheureux si chers à Jésus-Christ qui périssent sans se­cours, ce sont les personnes de votre sexe, cette précieuse moitié du genre humain pour laquelle Jésus-Christ a aussi donné sa vie, ce sexe dévot pour lequel la Religion est tout et qui sans la Religion n’est rien ; allez, il vous appelle, son ignorance, son esclavage, sa dégradation et son avilisse­ment crient vers vous.” 

Les voilà donc en route. Que Dieu les conserve le long de leur traversée. Que les Saints Anges les protègent, les conduisent heureusement au terme de leur voyage. Qu’el­les arrivent auprès de leur ancien et nou­veau père en parfaite santé. 

(…)                                                                                             Soeurs de Saint-Joseph parties en Inde en 1879

[… chez les Srs de Saint Joseph.]

Quant aux Sœurs, je ne sais pas si elles pourront facilement fournir des sujets. Mgr Rendu m’a déjà dit que pour le premier envoi, on s’adresserait à la maison de Chambéry. Vous devrez prendre votre temps pour bien examiner ce qui con­vient aux établissements de Sœurs dans notre Mission.

[Pour le moment, pas de Filles de la Croix en Inde.]

Je vous déclare sans arrière-pensée, que je n’ai point l’intention d’u­tiliser les Filles de la Croix dans la Mis­sion de l’Inde au moins pour le moment. El­les ont une vocation à remplir dans notre Savoie évidente, sûre, facile qui ira bon train, Dieu aidant, sous peu. Ayant pris connaissance de la lettre à la Mère Aloysia, je sais d’un côté ce qu’il faut pour des institutrices dans l’Inde et d’un autre côté, je sais ce que des Filles de la Croix peuvent faire en cette qualité. Celles-ci ont été bien honorées de votre lettre et me chargent de vous remercier de toutes leurs forces des attentions que vous avez pour elles.

 
A M. DUPONT, à Yanaon.
ACM - 30.06.1849

LES SŒURS DE ST JOSEPH EN INDE.
LA PREMIERE ECOLE DE YANAON.
RETRAITE A LA FEUILLETTE. 
                                                   Soeurs parties en Inde en 1871 (archive congrégation)

+J. M. J.

Annecy, ce 30 juin, 1849.

Mon cher confrère.

 Dieu soit béni ! Voilà que nous avons la consolation de vous envoyer quatre Sœurs de St Joseph. Elles partent aujourd’hui d’Annecy ; elles devront partir de Bordeaux le 10 juillet.

[Frais de voyage et collaboration de tous.]

Admirez et remerciez avec nous la Divi­ne Bonté ! L’administration du Conseil Cen­tral de Lyon pour la Propagation de la Foi est venue à notre secours, il est vrai : mais ce qui nous restait à faire était bien au-dessus des forces des Missionnaires et des sœurs. Cependant tout est de nouveau terminé à la grande satisfaction de tout le monde. Les heureux voyageurs auront de quoi faire leur traversée sans inquiétude s’il plaît au Bon Dieu qu’il ne leur arrive aucun accident en route. 

Ces nouveaux envois sont autant d’occa­sions de salut pour plusieurs parmi nous. Voici comment : ce ne sont pas quelques de­niers ni des sols qu’il faut pour de sembla­bles voyages, mais des sommes ; cependant on finit par arriver au chiffre convenu, tout le monde s'aide, surtout le Clergé ; vous pouvez croire que les Missionnaires ne s’épargnent pas.

[2 Missionnai­res.]

Les Sœurs sont accompagnées par deux Missionnaires dont un Prêtre, l'autre, Dia­cre. Le Prêtre est François Décompoix, il a fait ses vœux simples et perpétuels. Le Diacre est M. Balmand, neveu de M. l'Archi­prêtre de Thorens ; il n’a fait que le vœu triennal de stabilité ; tous deux ont à achever leurs études comme je vous le disais dans ma dernière lettre.

[Les Sœurs.]

Je ne puis rien vous dire sur les Sœurs, sur leurs classes etc. Ce sera à vous de voir avec Mgr Neyret comment vous devrez faire pour commencer ce nouveau genre d’établis­sement dans l’Inde.

[Bien les éta­blir à Yanaon.]

Il est bien important que vous établis­siez cette première école de Yanaon sur des bases sûres et solides ; ce sera probable­ment là que les nouvelles Sœurs qui devront partir aller rejoindre les premières, met­tront pied à terre et qu’elles devront se préparer pour les autres stations du Pro­vicariat. Entendez-vous donc bien avec Sa Grandeur et donnez-nous des renseignements détaillés sur vos plans d’établissement, les règlements, l’enseignement, la discipline etc. Nous en aurons besoin pour préparer d’autres envois. 

Où prendrons-nous et comment ? je n’en sais rien. Les Sœurs auront-elles des su­jets à envoyer ? Les Noviciats ne sont pas riches en sujets. On pense que les Sœurs du Diocèse de Chambéry pourront fournir pour un second envoi. Tout cela ne se fera pas sans embarras, n’importe pourvu que nous accomplissions les desseins de Dieu sur nous, sur les Sœurs, sur la portion de l’Inde qui nous est donnée à cultiver. Pour­vu que nous fassions la volonté de Dieu, rien ne doit compter.

Deo Gratias ! Oh oui ! Deo Gratias ! Voilà que nos quatre Missionnaires sont prêts à partir. Ils doivent être pour le 25 rendus à Bordeaux. Le choix, je l’espère sera encore bon. Ils sont tous jeunes, tous pieux, ils seront, je crois assez obéissants.
Nous n’envoyons point de Frères, cette fois. Nous avons cru qu’il était plus avantageux à notre Mission de faire des dépenses pour augmenter le nombre des Missionnaires dont vous avez un besoin si urgent dans ces commencements, que celui des Frères.(...)

Le père Mermier, fondateur des MSFS bientôt béatifié ?

Le père Mermier est né en 1790 à Chaumont, près de Frangy. Sa maman faisait le catéchisme aux enfants. Pendant la Révolution, la ferme familiale a hébergé en cachette des prêtres réfractaires. Diagnostic du Père Pierre-Marie Mermier : il faut prêcher des missions paroissiales. Il a fondé Les Missionnaires de Saint-François de Sales pour travailler chez nous. La congrégation a aussi tenu des collèges à Mélan et à Evian. Puis les Missionnaires sont partis en Inde et dans le reste du monde. L'idée du Père Mermier : faire connaître à tout homme qu'il est aimé de Dieu

Une figure méconnue
Pour les Missionnaires de Saint-François de Sales, aucun doute : le Père Mermier a vécu en saint. Et les supérieurs de la congrégation, en Inde notamment, aimeraient que cela soit officiellement reconnu du Vatican. Mais pour cela, il faut une dévotion au Père Mermier dans son diocèse d'origine. "C'est notre travail aujourd'hui : faire connaître cet homme", explique le Père Yves Carron, postulateur de la cause. 

Une longue procédure
La cause de béatification du Père Pierre-Marie Mermier avait été ouverte en 1990. Les dossiers théologiques et historiques ont été bouclés. Le travail s'est ensuite enlisé. Cette année 2017, avec la réouverture de la cause, les Missionnaires travaillent donc à la notoriété du Père Mermier. "Après ce stade diocésain de la procédure, viendra le stade romain. La vie et la théologie de ce prêtre seront passés au crible. Il nous faudra donc du temps, avant de voir notre fondateur béatifié !" résume le Père Yves Carron.  

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