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Diocèse d'Annecy Haute Savoie et Val d’ArlyDiocèse d'Annecy

Nuit des veilleurs

Le 26 juin prochain, militants de l’ACAT et chrétiens de toutes confessions se réuniront pour prier en faveur des victimes mais aussi de leurs bourreaux ! Pourquoi le 26 juin, parce que c’est la journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture ! Une veillée est prévue à la basilique d'Annecy.
  • Quand

    le 26/06/2018 de 20h00 à 23h00

  • basilique de la Visitation Annecy

  • Participants

    Ouvert àt ous

  • Ajouter l'événement au calendrier

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NUIT DES VEILLEURS   2018

LA FRATERNITE…… JUSQU ‘ A   AIMER SES ENNEMIS !

Dans la nuit du 26 juin, à l’occasion de la Journée internationale des Nations unies de soutien aux victimes de la torture, les chrétiens du monde entier s’engagent à soutenir par leurs prières ceux qui souffrent aux mains des bourreaux. Pour cela : Le groupe d’ANNECY vous invite à 20 H  à la  Visitation où les religieuses  pourront partager  ce temps privilégié de prières avec nous !  Vous serez les bienvenus et  nous vous attendons nombreux !

Les participants de la Nuit des Veilleurs apportent un soutien aux victimes par la prière, mais  également en envoyant des messages de soutien à dix victimes de la torture. Que ce soit au Vietnam, au Gabon ou à Bahreïn, ces personnes ont été battues, torturées, emprisonnées,  pour leur engagement en faveur des droits de l’homme, pour leur engagement politique, pour avoir protégé les plus pauvres, ou pour avoir été un jour suspecté par les autorités.

Parmi eux, Me Nam (« mère champignon » en vietnamien), blogueuse vietnamienne, condamnée pour avoir critiqué le pouvoir en place. Au Gabon, Bertrand Zibi Abeghe opposant politique est détenu depuis 2016. Il n’a toujours pas été jugé et a subi des mauvais traitements en détention. A Bahrein, AbdulhadI Al Khawaja est le fondateur du Centre bahreïni pour les droits de l’homme. Arrêté en avril 2011, il a été violenté et torturé, puis condamné sur la base d’aveux obtenus sous la torture. Il purge une peine de prison à perpétuité. Abdellahi Matalla Saleck et Moussa Bilal Biram sont des militants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) en Mauritanie. Détenus depuis 2016 ils ont été condamnés sans preuves et ont été victimes de tortures en garde à vue.         

Les chrétiens rassemblés cette nuit apportent l’espérance dans la foi et réaffirment ainsi la nécessité de s’opposer sans condition à la  torture : « La foi chrétienne ne peut en aucun cas composer avec la torture. En cette Nuit des Veilleurs, nous proposons de substituer l’instrumentalisation de l’autre, qu’est la torture, qui motive l’action des  bourreaux, par la prière, la méditation et la communion avec les victimes de la torture » explique Bernadette Forhan, présidente de l’ACAT.

nuitdesveilleurs.fr/

 

La Déclaration universelle des droits de l’homme affirme dans son article premier : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Même si certains pays comme la France ont retenu ce terme dans leur devise républicaine, l’exercice de la fraternité entre citoyens peut difficilement être régi par des lois : les chefs d’État ne peuvent qu’inciter leurs concitoyens à la vivre. C’est ce qu’a fait par exemple la Fédération Protestante de France en 2017 à l’occasion de l’anniversaire de la Réformation, dont le mot d’ordre fut : Vivre la fraternité ! Une définition de la fraternité est « l’amour universel qui unit tous les membres de la famille humaine ». Ainsi l’on passe de la fraternité à l’amour, sentiments qui peuvent être d’ailleurs partagés à la fois par des croyants et des non-croyants. La maxime : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse », constitue la règle d’or, sorte d’éthique morale généralement admise par la plupart des religions et cultures...

 Aimer nos ennemis…

Avouons que pour la plupart d’entre nous, ce concept est loin d’être évident ou naturel ; il est même choquant. Même pour un croyant, la conception du bien et du mal amène naturellement à penser qu’aimer son ennemi est contraire à la loi de Dieu et que cela constitue par conséquent un insupportable objet de scandale. Mais pour Jésus, vaincre l’ennemi par l’amour qu’on lui porte, est conforme à la volonté de Dieu exprimée dans la loi. Jésus nous rappelle précisément en Matthieu (5,47) le caractère extraordinaire (perisson en grec) de l’amour chrétien. Si nous voulons suivre le Christ, ou vivre en disciples1 , nous devons par conséquent nous imprégner de l’amour de Jésus-Christ, de Celui qui est allé pour nous jusqu’à la croix et qui sur la croix a prié pour ses ennemis. L’amour pour l’ennemi conduit le disciple sur le chemin de la croix et dans la communion du crucifié.

A l’ACAT, nous travaillons depuis plus de 40 ans sur les cas de victimes de tortures, de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Mais nous nous intéressons aussi aux auteurs de ces tortures, aux bourreaux, lesquels peuvent être assimilés aux ennemis. Nous nous battons d’abord pour que les auteurs de ces crimes, ceux qui ont torturé, porté atteinte à la vie, à l’intégrité ou à la dignité humaine, passent en jugement et soient condamnés à une peine correspondante à leurs actes (à l’exclusion absolue de la peine de mort). Mais nous n’oublions pas que les bourreaux et les tortionnaires sont également des êtres humains, nos frères et sœurs devant Dieu. C’est pourquoi, par exemple, nous sommes partisans d’une justice permettant au coupable de changer, de se reconstruire, de se réinsérer ; à cet égard, nous regardons favorablement les tentatives d’une justice dite restaurative. Dans la même optique, nous voulons prier - notamment au cours de cette Nuit des Veilleurs 2018 - non seulement pour les victimes, mais également pour les bourreaux, car l’amour de Dieu s’adresse indifféremment aux unes comme aux autres ; en outre la situation des victimes ne pourra s’améliorer que si le tortionnaire se convertit ou change de regard sur la victime. Ainsi nous voulons, nous aussi, continuer de vivre la fraternité, cette fraternité qui va jusqu’à l’amour des ennemis, car ces derniers, comme nous, sont enfants de Dieu.

François WALTER