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Diocèse d'Annecy Haute Savoie et Val d’ArlyDiocèse d'Annecy

Rencontrer Jésus ressuscité

Retrouvez ici l'édito de Mgr Yves Boivineau paru dans la revue du diocèse Catholiques 74 du mois d'avril.


Au cours du carême, les chrétiens se mobilisent volontiers, personnellement et collectivement, en accueillant l’invitation à la conversion, dans la prière, le jeûne et le partage. C’est heureux ! Toutefois, cette attention portée sur « les efforts à faire » peut curieusement insinuer qu’avec la fête de Pâques la vie reprend son cours… ordinaire ! Or, le sommet de l’année liturgique n’est pas le carême mais bien Pâques que nous fêtons pendant cinquante jours, au cours desquels nous laissons se déployer toute la richesse du mystère de la résurrection du Seigneur : la mort de Jésus, sa résurrection et le don de l’Esprit saint à la Pentecôte sont le déploiement de l’unique mystère pascal.

Après le jeûne du carême, prenons le temps de goûter la joie du matin de Pâques. Les lectures bibliques qui nous sont offertes chaque jour nous invitent à intérioriser – à saisir avec le coeur – la bonne nouvelle de la résurrection, et à redécouvrir la fraîcheur de notre baptême. Intérioriser : non pour nous enfermer dans un intimisme stérile, mais pour nous ouvrir à la vie, et ne pas nous installer dans la posture de l’observateur indifférent ! « Tant que l’homme demeure extérieur à lui-même, il situe Dieu en dehors de soi. À mesure qu’il s’intériorise, Dieu lui devient toujours plus intérieur », disait très justement Maurice Zundel. Ce n’est pas sans évoquer l’Évangile de Jean que nous entendrons au cours du temps pascal. Il emploie
souvent le verbe « demeurer » pour signifier l’intimité réciproque, dont la source est la communion trinitaire, et qui est au coeur même de l’expérience chrétienne : « Si quelqu’un m’aime,… mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui » (14,23) ; « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » (15,5).
Les récits évangéliques de la résurrection racontent l’expérience d’une rencontre : « Notre coeur n’était-il pas tout brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? », se disent les deux disciples d’Emmaüs, qui s’en retournent raconter aux apôtres ce qui vient de leur arriver, alors que, sur le chemin, « ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé ». Ils racontent, ils racontent… et, nous dit Luc, comme ils parlent encore, Jésus est au milieu d’eux. La rencontre avec le Christ se réalise en premier lieu dans la conversation de ceux qui parlent de lui. La rencontre avec le ressuscité, la foi en lui, suppose donc la parole, le témoignage, l’entretien familier avec les frères dans la foi. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

Mgr Yves Boivineau