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Terrorisme, pauvreté, exclusion... ce monde est-il le mien ?

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Terrorisme, attentats, enlèvements, torture... Pollution, catastrophes écologiques, épidémies, famines... Chômage, exclusion, pauvreté, misère... Certains jours, les médias regorgent de cette actualité, inlassablement ! Comme si tout allait mal !J’éprouve alors, un sentiment d'écoeurement et d'impuissance.

Dans le même temps, deux réactions se télescopent en mon for intérieur :

  • me couper de cette actualité qui m’agresse et me fait mal : je ne vois plus rien, à chacun ses problèmes.
  • devenir passéiste, défaitiste et accepter cet état de fait : après tout, je ne suis pas responsable !

Entre ces deux extrêmes, n’y aurait-il pas une troisième voie ?

 

Ce monde est-il le mien ?

Oui, hélas, ce monde est bien le mien, car c'est dans ce monde-là que je vis et j’en suis à la fois victime et acteur.

Il est le mien, car je ne suis à l'abri d'aucune forme de violence. Il est le mien aussi car je porte en moi des germes d'agressivité qui peuvent se réveiller et me faire basculer dans des attitudes proches de la folie.
Combien d’hommes engagés malgré eux dans des guerres, l’ont découvert ?
Combien de personnes perdent par orgueil et soif de vengeance, ce contrôle sur elles-mêmes qu’on appelle self-control ? Il est le mien car je ne suis à l’abri d’aucune catastrophe.

Il est le mien aussi car je porte en moi des graines d’égoïsme qui peuvent me faire agir dans mon propre intérêt au détriment de l’intérêt général. Quel souci de l’autre, de son avenir dans ma manière de vivre, de consommer ?

Mais il est aussi le mien car j'ai en moi une étincelle de vérité, de lumière à apporter au monde, j'ai quelque chose d'unique à dire, j’ai un rôle à jouer. Non, il n'est pas le mien dans le sens où je ne l'ai pas choisi, et où je refuse la logique de la terreur, de l'inhumain. Il n'est pas le mien si je pense que la vie est précieuse, que le malheur n'est pas l'avenir de l'humanité, si je crois que toute vie vient d'un autre, qu'elle est un don.

David contre Goliath

Si désarmé que je puisse l’être, qu’est-il possible de faire à mon niveau ?
Dans la Genèse, Dieu confie la Terre à l'homme en lui demandant de la soumettre, mais soumettre n'est pas profiter, gaspiller et asservir.
Chaque homme est appelé à prendre en charge ses semblables.
Dans notre liberté d'organiser la marche du monde, il nous propose une clé
« Là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur » (Lc 12,34). Alors ?…

Alors, malgré la terreur, la peur, la misère, l'ambiance stressée de notre environnement, l'espérance pourrait bourgeonner avec une règle d'or « Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement » (Lc 6, 31) ne serait-ce qu'une fois par jour et ce monde sera le mien, le tien, le nôtre.

Admettre, accepter que les autres soient autres et s’enrichir à leur contact.
Aimer la Terre et l’aider à donner le meilleur de ce qu’elle peut, sans la rendre elle aussi, esclave de l’humain.
Retrouver un peu le goût du beau, du bon, du gratuit, de la poésie.
Ouvrir les yeux, s’émerveiller et se laisser émouvoir par tant de générosité, de solidarité dont l’homme peut aussi être capable lors d’événements difficiles.
Et puis ... agir, avec ceux et celles qui sont déjà engagés sur ce chemin pour construire un monde avec plus de justice, de respect, d’amour.
Dans son livre « Beauté du monde et souffrance des hommes », François Varillon pose cette question :
« Si vous n’humanisez rien, que voulez-vous que le Christ divinise ? » et sa devise signe son Espérance, son espérance en l’homme : « Une main sur la beauté du monde, l’autre sur la souffrance des hommes, et les deux pieds dans le devoir de l’instant présent »