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Pourquoi souffre-t-on ?

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La souffrance a autant de visages qu'il y a d'hommes. Elle naît et meurt avec chacun de nous. Parce que tout être est unique, chacun la vit d'une façon qui lui est propre. On peut souffrir dans sa chair (physique), dans sa tête (psychique) ou dans son âme, dans son esprit (spirituel).La souffrance est un mystère : Pourquoi moi et pas lui ? Pourquoi eux et pas nous ?


La maladie, le handicap, la violence, les attentats, les catastrophes naturelles... la souffrance frappe injustement, aveuglément, elle est absurde car elle n'obéit à aucune logique. Sur son lit de mort, le Cardinal Veuillot qui avait visité beaucoup de malades, atteint d'un cancer à son tour, disait à ses prêtres « Ne parlez pas de la souffrance, vous ne savez pas ce que vous dites ».

Trouver un sens à ce vécu douloureux

Jusque là croyant, athée ou agnostique, le constat est le même : la souffrance n'a pas de sens, elle est un non-sens.
Le croyant n'est pas à l'abri d'une expérience de souffrance, il n'a pas de réponse, et, si d'aventure il en avait une, sa souffrance cesserait-elle ? Tout au plus, peut-il chercher et donner un sens à ce qu'il éprouve « à cause » du Message de l'Evangile. La souffrance peut alors aider celui qui peine vers un chemin de dépassement pour ne pas se laisser écraser par elle, pour qu'elle n'ait pas le dernier mot.
Quand quelqu'un souffre, tout son entourage vit aussi l'épreuve, autrement, par compassion : les proches, les amis, les soignants et tous ceux qui entrent dans son sillage.
En silence, Dieu est atteint par les souffrances des hommes, ses enfants : il souffre avec nous, il est venu nous le dire par la vie et la mort du Christ. En effet, dans les limites de son humanité, la nôtre, ce Fils de Dieu, laisse transparaître son émotion dans l'épisode de la mort de Lazare (Jn 11). Il frémit en son esprit et se trouble en voyant Marie et les juifs pleurer la mort de son ami, et devant son tombeau il frémit à nouveau. Il y a l'amitié blessée et la vision de sa propre mort.
Ainsi en est-il pour moi.
Celui qui souffre n'est pas que blessure, il demeure un être humain capable d'aimer, d'être aimé, qui demande à tout son entourage de l'épauler, de l'accompagner, pour garder intact l'être de vérité qu'il est, au plus profond de lui-même.
Cela le conduit, autant que son entourage, sur un chemin d'espérance et même de bonheur.

Sur le chemin d'une espérance, sur le chemin de la vraie Vie

Celui qui est meurtri dans sa chair et dans son esprit, a besoin de son entourage pour « tenir debout » dans sa tête. C'est pourquoi s'accompagner les uns les autres est essentiel. Côtoyer les blessés de la vie, travailler à préserver leur dignité, me permet de fouiller en moi des trésors d'écoute, d'affection, de compassion et j'y trouve en même temps ma propre dignité humaine, et fraternelle si je suis croyant. Je crois que l'épreuve de la souffrance, physique, morale ou spirituelle est un chemin d'accompagnement mutuel, personne n’en sort comme il y est entré.