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Peut-on encore s'engager pour toute sa vie ?

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Peut-être avons-nous ce slogan en tête : « Engagez-vous, rengagez-vous », ce qui nous a fait perdre toute la richesse de ce qui se cache derrière le mot « s'engager ». S'engager, c'est prendre un engagement et le tenir. Ou encore, se fixer un but et s'imposer des exigences, des obligations pour le réaliser.

S’engager, ce peut être aussi donner sa vie en gage. C’est une décision personnelle, qui relève de ma seule responsabilité. Personne ne peut s’engager à ma place.
S’engager permet de donner sens à sa vie, construire quelque chose de durable.
S’engager, c’est aussi risquer. Risquer l’impossible, l’inespéré. Risquer la vérité qui dort en moi. Risquer un regard d’amour, un geste d’espérance.
S’engager, c’est risquer de tout donner, à « prendre l’autre en gage ». Tout risquer sur les promesses que l’on a prises.

L’engagement de la foi

La foi n’est-elle pas ce qui nous engage le plus ? La foi n’est-elle pas ce qui nous engage de manière radicale, définitive ? Et cet engagement concerne toute notre vie.

La foi s’inscrit dans le temps et elle s’exprime à travers des moments privilégiés où notre engagement va s’enraciner. C’est pourquoi, il y a des sacrements, des rites, des fêtes dans notre vie chrétienne.
C’est pourquoi aussi, notre existence est ponctuée de décisions, d’options à prendre qui sont comme autant d’authentifications de l’engagement de toute une vie. Dix ans, vingt ans, trente ans après une option fondamentale, nous redécouvrons à travers des choix à faire, la fidélité à notre engagement. L’engagement du chrétien n’est pas un engagement parmi d’autres. Pour un baptisé, être engagé ne veut pas dire qu’on est enrôlé dans un mouvement, donner du temps pour rendre service. L’engagement du chrétien, ce n’est pas autre chose que la plongée du baptisé dans la vie du Christ ressuscité. Le chrétien engagé, non seulement, est revêtu du Christ, bien plus, le baptisé a le Christ qui vit en lui.

S’engager dans le mariage

Le mariage est un engagement des deux époux l’un envers l’autre. Il est le fruit de leur amour. Le bonheur de l’un devient celui de l’autre. Comment construire quelque chose de définitif si l’on ne s’engage pas ?

La fidélité, le respect des engagements dans le mariage ou dans d’autres états de la vie : célibat, vie consacrée ou sacerdoce - est la valeur qui permet à la personne humaine d’intégrer le temps et la durée au projet de vie.

L’amour humain peut-il surmonter le temps ? L’amour humain apparaît de soi, comme une ouverture sur l’infini, par la recherche de la plénitude qu’il représente.
La durée constitue aussi une épreuve pour l’amour conjugal... comme pour d’autres engagements- car elle fait office de révélateur et de décapant. Elle peut se manifester dans des crises qui mettent la fidélité à l’épreuve. Ce qui fait la force d’un couple, c’est qu’il a la volonté de tenir. Il s’engage à tout faire pour réussir, à prendre tous les moyens pour faire grandir l’amour. « Etre fidèle, ce n’est pas tenir mais entretenir une promesse. » (Gustave Thibon). Ce qui importe, c’est la profondeur et l’intensité avec lesquelles le couple s’engage aujourd’hui.
Il est facile de comprendre toute l’importance de la liberté du choix pour que le « OUI » du mariage engage les deux époux. Cela est exprimé dans le beau dialogue du sacrement de mariage antre le célébrant et les époux : « Vous allez vous engager l’un envers l’autre, est-ce librement et sans contrainte ? » Les époux s’engagent devant tous, devant l’Eglise, devant Dieu, à être le visage même de l’Amour.

S’engager dans le célibat consacré

 Aucune personne humaine n’existe sans avoir une vocation. Chacune de nos vies doit être accueillie comme une vocation. A chacun de nous, le Seigneur dit, comme au prophète Jérémie : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais. Avant que tu sortes de son ventre, je t’ai consacré ». (Jérémie 1, 5)

L’essentiel, pour réussir notre vie, est de correspondre au dessein d’amour que Dieu a sur nous et que l’esprit Saint nous fait connaître.
Les gens mariés le sont parce que le Seigneur les a appelés à la louer de cette manière, en vivant un amour unique, singulier, exclusif et fécond.
Le prêtre, le religieux, la religieuse est celui qui répond au « Viens et suis- moi ». Comme les autres hommes et les autres femmes, ils ont leur caractère, leur tempérament, leurs limites , leurs qualités et leurs défauts. Ils ont des racines, une famille, des amis, une histoire personnelle. Ils ont choisi de suivre Jésus Christ et ils aiment l’Eglise. Ils font partie de communautés où ils se retrouvent et où ils partagent. Ils écoutent la Parole de Dieu qui les fait vivre. Ils prient et cherchent à mener leur vie dans la justice et l’amour. Ils ont la vocation, celle d’annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu à tous les hommes. Ils s’engagent pour toute leur vie, à vivre dans le célibat. Ce célibat est un choix. Le célibat, pour l’Evangile, est une façon de livrer sa vie. Malgré les soupçons qui pèsent sur lui aujourd’hui, le célibat est une manière d’aimer le Christ. Sa justification n’est autre que l’amour de Dieu, l’amour du Christ, qui est Dieu avec nous.

Celui qui choisit le célibat ne choisit pas le non-mariage, il ne choisit pas le célibat pour lui-même, il choisit le Christ. Celui qui choisit le célibat ne choisit pas contre un amour mais pour l’Amour du Christ, amour sans partage.
« Un Christ qui ne vaudrait pas qu’on lui donne sa vie, ne vaudrait pas la peine d’être annoncé...Le Christ n’a de poids pour le monde que par le poids qu’il pèse dans une vie d’homme ». Cardinal Etchegaray Celui qui embrasse le célibat chrétien opte pour le Christ avant tout, et malgré toutes les difficultés. Il permet aussi une plus grande disponibilité pour le service de l’Eglise et des hommes. Il exprime déjà quelque chose de l’au-delà.