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Diocèse d'Annecy Haute Savoie et Val d’ArlyDiocèse d'Annecy

Me dire chrétien, oui mais...

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Il n'est pas toujours facile de me dire chrétien aujourd'hui. Les faiblesses de l'histoire de l'Eglise sont parfois mises en avant pour tenter de la discréditer, ou de réduire son influence. Les messages qu'elle cherche à délivrer sont régulièrement incompris ou jugés moralement contraignants, intolérants ou dépassés.

Des faiblesses qui jettent le trouble

Comme toute histoire, l’histoire de l’Eglise est une histoire d’hommes, faite de moments plus ou moins heureux.
A certaines époques, sur certaines positions, il arrive que l’Eglise s’écarte du message d’Amour laissé par le Christ.
Ces faiblesses ont du reste été reconnues lors de la célébration du Jubilé de l’année 2000, par le pardon demandé en cette occasion ; elles ont aussi été exploitées contre l’Eglise par ses détracteurs à toutes les époques ; elles le sont encore aujourd’hui.
De cette histoire qui dure depuis 2000 ans et qui a nourri la vie de tant de millions d’hommes avant moi... que faut-il retenir ? L’Inquisition et autres périodes ou positions malheureuses de l’Eglise ? Ou les chrétiens martyrisés, les oeuvres de l’abbé Pierre, de Mère Teresa,... l’histoire de tous ces hommes et femmes qui se sont engagés ou continuent à se donner radicalement par amour pour le Christ et pour leurs frères ?

 

Les erreurs qui ont été commises par l’Église ou certains de ses représentants, doivent-elles jeter le discrédit sur la proposition d’Amour, de fécondité, d’espérance, d’appel à l’unité confiée par Jésus Christ à tous les hommes de bonne volonté ? Ces erreurs doivent-elles empêcher tous les hommes qui recherchent un sens à leur vie, de le trouver en Jésus Christ ?

Aujourd’hui encore, il peut m’arriver de douter d’une position de l’Église. Suis-je toujours sûr de bien la connaître, en allant à sa source et en prenant le temps de la découvrir, avec la volonté de la comprendre ? En ne me contentant pas de m’en remettre au résumé qu’en fait notre société de communication qui doit traiter, en un temps réduit, une multitude d’informations : parfois avec un souci d’audimat, parfois en tenant le discours que le public, dans sa majorité, a envie d’entendre. Et quand ayant fait cet effort, je doute encore d’une position de l’Eglise, en conscience, je peux toujours me demander ce qu’aurait pu dire Jésus ; pour autant cependant que ma conscience soit éclairée par une vraie connaissance de sa Parole.

Des valeurs dépassées ?

À la suite de Jésus, par la Parole qu’Il nous a laissée, nous sommes appelés, je suis appelé, à poursuivre la création, à rechercher tout ce qui grandit et respecte l’homme, tout ce qui permet un meilleur vivre ensemble pour de plus en plus d’hommes ; et, à chaque fois que nous sentons, que je sens, cette quête menacée, à porter la contradiction, à interpeller le monde, à proposer ou suggérer d’autres voies.

Chrétien, je crois que Jésus qui, en son temps, a guéri tant de malades, a pris tant de positions courageuses, s’est opposé à tant d’autorités et de pouvoirs abusifs,… au risque de sa vie, n’est pas mort et ressuscité pour rien.

En mourant sur la croix, en refusant de se sauver lui-même comme Il l’avait fait pour tant d’autres,… Il me montre jusqu’où Il m’aime ; Il veut également donner toute leur force aux paroles qu’Il avait dites, aux gestes qu’Il avait posés… pour qu’ils deviennent miens et m’inspirent : « tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » ; Il a voulu refaire alliance avec nous, avec moi.

En ressuscitant, Jésus me dit qu’Il est plus fort que la mort et que tous ceux qui L’ont condamné ; Il me dit également que, venu pour sauver le monde, Il continue aujourd’hui encore à le sauver.

Profondément, pour nous sauver, Jésus nous veut responsables ; responsables de nous-mêmes, de nos actes ; responsables de chacun de nos frères ; c’est avec cet éclairage que l’Eglise s’engage sur la pauvreté, la sexualité, l’avortement, la peine de mort… en suggérant le partage, le respect de la vie, l’amour, la maîtrise de soi… comme seules voies possibles pour une humanité debout, maîtresse de sa destinée, dans laquelle chacun a sa place, chaque homme est vraiment digne.


« Si tu veux accéder
à la liberté,
impose toi une discipline »
 Dietrich Bonhoeffer

Chrétien, je sais que je ne suis pas forcément meilleur que les autres ; mais je sais plus encore que Dieu m’aime infiniment, malgré tout ce qui me sépare de Lui quand je reste sourd à ses appels ou quand je n’arrive pas à vivre selon son esprit ; je sais qu’à chaque fois que je mets un genou à terre, Il est là pour me relever, inspirer ma vie, lui donner un sens.


Dieu me veut libre !
Libre de Le suivre ou libre d’ignorer ses propositions.

 Dieu créait les hommes comme la mer
les continents :
en se retirant.
 Holderlin

Nous vivons en Occident, une époque où, apparemment, de plus en plus d’hommes veulent s’affranchir de toute croyance, de toute contrainte ; où, apparemment, les hommes n’ont jamais maîtrisé autant de choses, n’ont jamais connu autant d’opulence !
Il est paradoxal de constater que, c’est en Occident, à cette même époque, que tant d’hommes sont si fragiles : perdant contact avec eux-mêmes, souffrant de dépression, consommant des calmants,…

Jésus Christ est venu nous apporter quelque chose qui est pour les petits ! Secret qu’il veut nous confier parce qu’il nous aime. Encore me faut-il savoir être les mains vides pour Le laisser les remplir.

Jésus a eu besoin de longues périodes de contemplation avec son Père pour découvrir comment répondre à sa volonté, jour après jour ; moi aussi, je ne peux être pleinement homme que si je connais de plus en plus ce Dieu Père qui est aussi le mien : « tout ce que tu auras à faire, je te le dirai ».
Dieu ne crie pas : la prière est indispensable pour connaître sa Parole, pour me convertir et m’ajuster à Lui : « je te conduirai au désert et je te séduirai à nouveau » (Osée – II).
Dieu, mon ami, veut également se donner pleinement à moi dans l’Eucharistie.

Chrétien, j’ai été choisi par Dieu ! Dieu me dit : « tu as du prix à mes yeux ! ».
Son choix ne peut pas rester inemployé – « je vous ai choisis pour que vous donniez du fruit » - : je suis indispensable à la réussite du projet de Dieu, au visage de l’Eglise. J’ai à y collaborer avec tout mon cœur et toute mon intelligence.

Beaucoup de femmes et d’hommes aujourd’hui ont l’intuition qu’il existe quelque chose, quelqu’un qui les dépassent, dont ils ont besoin ; pour faire face à l’épreuve, pour accompagner leur vie, leurs combats, un engagement, pour se donner des repères. Beaucoup d’hommes et de femmes, apparemment éloignés de l’Eglise ou se disant avec peu de foi, témoignent qu’être dans une église ne les laisse pas insensibles : ils ressentent une présence ; ou sont reconnaissants d’avoir eu sur leur route des témoins – souvent leur grand-mère – pour leur parler de leur foi, de Jésus, pour les ouvrir au sacré.

Chrétien, me trouveront-ils sur leur chemin pour leur dire ce qui me fait vivre, ce que j’ai trouvé, l’Espérance qui m’habite ?