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Le diaconat, un ministère du lien

Le 11 novembre, Bertrand Farabet, 52 ans, et le 18 novembre Vincent Fontaine, 51 ans, seront ordonnés diacres permanents. Bertrand est consultant technique dans une société annécienne et Vincent travaille à la mairie d'Annemasse dans le secteur de l'urbanisme. À quelques jours de leur ordination, ils présentent leurs parcours et disent comment ils perçoivent leur futur ministère.

►►► Pour annoncer, célébrer et servir, Mgr Yves Boivineau, évêque du diocèse d'Annecy ordonnera diacre permanent, signe du Christ Serviteur, Bertrand Farabet le dimanche 11 novembre à 14h30 en l'église Saint-Louis de Novel, et Vincent Fontaine le dimanche 18 novembre à 14h30 à l'église Saint-Joseph à Annemasse.

 

Comment avez-vous été appelé au diaconat ?

Bertrand : C’est le Père Jean-Claude Sancey, curé de notre paroisse à ce moment-là, qui m’a appelé sur ce chemin. C’était au printemps 2008 et ce souvenir reste gravé dans ma mémoire, tant à cause de la surprise que de la joie qui m’a accompagné depuis lors.

Vincent : C’est à Pentecôte 2009 que mon curé m’a adressé l’appel au diaconat. « Il ne fallait pas attendre la retraite pour lancer l’appel » écrivait-il, et le cap qui m’était donné était le livre de l’Exode m’invitant à répondre « me voici », comme Moïse dans le désert. Cet appel, c’est aussi plusieurs appels directs de paroissiens, qui m’ont amené à dire un « oui » dans l’abandon à l’action de l’Esprit Saint.

 

Comment avez-vous vécu tout ce temps avant l'ordination ?bertrand farabet ordonné diacre le 11 novembre 2012

B. : Plus de quatre ans entre l’appel au diaconat et l’ordination cela peut paraître long, mais ça a été un temps de mûrissement. Certaines étapes me paraissaient au début infranchissables et puis tout est venu assez naturellement, en même temps que ce chemin prenait sens en moi et me portait. Même si j’étais confiant dès le départ, les premiers mois de discernement ont permis d’évacuer certaines craintes que nous pouvions avoir, moi et mon épouse.

V. : S’il y a eu des temps de questionnements, je m’aperçois, à la relecture, que tout s’est fait assez naturellement. La conviction que je devais vivre ce temps avant tout dans la confiance était essentielle. Confiance à l’appel de l’Église, confiance au Christ, aux personnes que je rencontrais.

 

Le temps de l'annonce à la communauté est important…

B. : Oui, jusqu’alors la démarche était restée le plus confidentielle possible, afin de garder toute liberté de continuer ou d’arrêter. L’annonce à la communauté est le passage à la lumière de ce qui ne concernait qu’un petit groupe d’individus. La joie témoignée et les encouragements prodigués à cette occasion m’ont beaucoup porté. Cette annonce a été faite lors de la veillée pascale, ce qui en fait aussi un souvenir très fort pour moi.

V. : Pour ma part, il a eu lieu fin juin 2012. Le temps de l’annonce succède à un long temps de cheminement « en secret ». Le temps préalable à l’annonce est important pour l’exercice de sa liberté. Le temps de l’annonce projette vite dans le temps et il faut résister aux projections, aux choses à faire. Le temps de l’annonce est un temps joyeux, où les liens se renforcent encore dans la communauté.

 

...Et au travail ?

B. : Alors là, c’est une expérience différente mais également très poignante. J’ai la grande chance de travailler dans une petite société où règne une très bonne ambiance et là encore, les réactions et les encouragements n’ont pas manqué. Ça a été l’occasion d’une première discussion sur le rôle du diacre avec des personnes pour la plupart éloignées de l’Église.

V. : Ce fut un moment fort pour moi car, malgré de nombreuses années passées avec mes collègues, nous n’avions que très peu abordé les questions d’engagement dans l’Église. Mon cheminement a été accueilli avec joie, sans trop d’étonnement. L’accueil des élus informés m’a touché, dans le respect de cette dimension de laïcité que j’ai à vivre dans mon milieu professionnel.

 

Quel est le rôle de vos épouses ?

B. : Tout ce cheminement s’est fait en couple depuis le début et le « oui » qui a suivi l’appel s’est fait à deux voix, ainsi que tous ceux qui ont suivi lors de ce parcours. Ça a été pour moi un renforcement du oui de notre mariage. Même si c’est moi qui vais être ordonné, c’est un engagement à deux que nous avons pris et ça a d’ailleurs suscité pas mal de discussions.

V. : Il est fondamental. Il est clair que si c’est le « cheminant » qui est ordonné, le choix se fait à deux. Mon épouse m’aide à me situer et à éclaircir certains points ou positionnements dans le cheminement. Elle m’apprend beaucoup de la position du serviteur. Le rôle de l’épouse permet de prendre aussi du recul dans certaines situations, sans oublier mes trois garçons qui ont aussi toute leur place.

 

Comment voyez-vous votre ministère dans la communauté, avec les peglise d’annecy novembre 12 - def-1.jpgrêtres et dans le service où vous serez envoyé ?

B. : Je n’ai pas encore connaissance de ma lettre de mission, mais en ce qui concerne la communauté, nous avons commencé à discuter avec le Père Laurent Cros de la façon dont nous pourrions fonctionner. Je vois ce ministère comme un pont, comme un lien entre les personnes que je rencontre et l’Église, entre elles et l’autel où nous faisons mémoire de celui qui nous fait vivre et auquel nous remettons nos peines et nos espoirs : Jésus-Christ.

V. : Le diacre vivant en plein monde porte la dimension du Christ serviteur. Les contacts, les liens qu’il crée ou qu’il porte sont essentiels pour la vie de l’Église. Le diacre n'est pas un spécialiste du service et beaucoup de chrétiens sont admirablement engagés. Si le diacre est impliqué dans le service, il est témoin de la sollicitude infinie du Christ. Par la dimension du service, il amène à la figure du Christ sauveur qui prépare pour chacun une place dans le Royaume.
 

 

Article paru dans la revue officielle "Église d'Annecy" - novembre 2012
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Le diaconat permanent

Le diaconat été restauré sous sa forme permanente par le Concile Vatican II.
Au service de l’Eglise locale (diacre signifie "serviteur" en grec), diocésaine,
les diacres permanents sont pour la plupart mariés et exercent une profession.
L’ordination diaconale est le signe de l’engagement de la personne à servir et
témoigner de la prévenance de Dieu envers l’humanité. Au moment d’être ordonné,
pour signifier cette disponibilité totale à l’action de Dieu dans leur vie, les
ordinands s’allongent sur le sol. Toute l’assistance réunie autour d’eux prie alors
pour eux et pour l’évêque, mais aussi avec eux, pour demander que Dieu ouvre chacun
d’entre nous à son action prévenante dans notre vie.

Tous les diacres ont trois grandes missions : l’annonce de la Parole ; le service
de la liturgie, le service de la charité. Tout comme le prêtre diocésain, le diacre
est rattaché à un diocèse. L’ordination est suivie des "rites complémentaires", trois
signes qui rappellent la mission du diacre : la remise de l’étole (portée en travers de
la poitrine), vêtement liturgique symbole du ministère ordonné, signifie que le diacre
est ordonné pour le service de l’autel...