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Service diocésain de Formation (Sedifor) Service diocésain de Formation (Sedifor)

Notre Eglise est-elle suffisamment fraternelle ?

Le Sedifor a fait de la diaconie son fil conducteur pour l'année 2010-2011. Afin d'introduire ce thème, et après la présentation détaillée des formations proposées, le service diocésain de formation a invité Jean-Marie Petitclerc*, prêtre salésien de Don Bosco, et éducateur bien connu, a apporter son témoignage samedi dernier, sur sa manière d'exercer la diaconie (le service du frère) dans son quotidien auprès des adolescents.

Pour Jean-Marie Peticlerc, il existe trois niveaux d’exercice de la fraternité :

  • - celui de la proximité (donner à manger à celui qui a faim),
  • - le niveau institutionnel (engagement dans les Resto du Cœur, Secours Catholique…)
  • - et le niveau politique.

Les chrétiens, à son sens doivent s’engager sur ces trois niveaux.

Puis, il a développé l’inspiration fondamentale de Don Bosco**, l’un des premiers éducateurs de rues, qui a vécu à une époque d’importantes mutations sociétales, comparables à celles que nous vivons aujourd’hui avec de fortes turbulences de la jeunesse.* Fil rouge de la théorie salésienne: douceur, accueil et empathie, qui se résume en trois attitudes : confiance, espérance, alliance.

La confiance : en période de profonde mutation sociétale, la confiance s’estompe, la capacité de transmettre va être davantage liées à la bonne relation adulte-jeune, que par les institutions. Or la confiance ne se décrète pas, elle se donne, de préférence à une personne qui a autorité (dans le sens de la capacité à faire grandir l’autre). Une position de pouvoir qu’elle quelle soit ne fait pas forcément autorité. L’autorité se fonde sur la crédibilité des porteurs (école, famille, parents, éducateurs, politiques) et repose sur la cohérence des personnes entre le dire et le faire. L’hypocrisie sape à la base la crédibilité ( Jean-Marie Petitclerc nous donne l’évangile comme exemple avec l’attitude de Jésus envers les hypocrites) et nous pose cette question : Acteurs de la pastorale, sommes-nous crédibles ?

 

L’espérance : on éduque aujourd’hui pour demain, or les adultes aujourd’hui ont trop souvent un regard négatif sur l’avenir, ce qui est très démoralisant pour la jeunesse. Comment motiver un jeune pour ses études ou son travail, s’il n’a pas d’objectifs de vie, tant l’avenir semble bouché ? En situation éducative, martèle Jean-Marie Petitclerc, on n’a pas le droit de gémir sur son temps, les conséquences sur la jeunesse sont trop lourdes (fragilité, déprime, suicide…)

L’alliance : je ne peux rien faire pour toi… mais avec toi… je peux faire beaucoup ! Il est important de trouver la bonne distance entre l’éducateur et le jeune, l’art éducatif, c’est l’art du positionnement nous dit-il. Eduquer, c’est fonder la relation ans le « je crois en toi », c’est faire sortir de l’enfance, séparer, développer l’autonomie … Dieu, nous dit-il, créé l’unité en séparant (la Genèse).En conclusion de ce témoignage sur sa manière de vivre la diaconie, le prêtre salésien nous rappelle que l’amour de Dieu, l’amour des hommes, c’est le même amour, et que la fraternité, c’est le sacrement de notre foi en Dieu.

Pour illustrer le thème de la fraternité et clôturer cet après-midi riche en rencontres, Joëlle Bourmault, conteuse biblique a raconté la Lettre à Philémon, au cours de la célébration de la Parole qui a clôturé la journée.

 

 C. Folgoas
Service communication

* Diplômé de l'Ecole Polytechnique, Jean-Marie Petitclerc a aussi suivi une formation d'éducateur spécialisé et obtenu une maîtrise de sciences de l'éducation. Il est également directeur d'une association de prévention, Le Valdocco, dans un quartier sensible d'Argenteuil. Il a publié en tant qu'auteur une dizaine d'ouvrages sur le thème de l'éducation.

** Saint Jean Bosco ou Don Bosco (né Giovanni Melchior Bosco le 16 août 1815 près de Turin, Italie - mort le 31 janvier 1888 à Turin) est un prêtre italien qui a voué sa vie à l'éducation des jeunes enfants issus de milieux défavorisés et qui a fondé en 1854 la Société de Saint François de Sales plus connue sous le nom de Congrégation des Salésiens. L'Église catholique l'a déclaré saint en 1934, sous le nom de saint Jean Bosco.
En 2009, 150 ans après, la Congrégation des Salésiens compte 16000 salésiens de part le monde