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Compagnon d'Espérance

Ci-dessous, les notes prises par Françoise Ouziel lors de la conférence de Fabrice Hadjadj le 6 octobre dernier pour la conférence de rentrée du service diocésain de formation (Sedifor).

Conférence de Fabrice Hadjadj : Compagnons d’espérance

Introduction

Chacun de nous est venu ce soir avec un espoir : mieux comprendre, grandir, avancer… voire échapper à sa belle-mère ou à un dîner avec ses cousins belges…

Mais nous devinons aussi que l’espérance n’est pas exactement l’espoir, que nous sommes compagnons ce soir dans le sens où nous donnons à l’espérance une dimension religieuse.

Et si l’espérance n’était qu’un divertissement, une fuite en avant pour tromper notre désespoir ?

Comme des compagnons de débauche ou de beuverie : débauche spirituelle, intellectuelle, peut-être plus subtile, mais le principe est le même : se soûler pour oublier. L’espérance est-elle une compagne, ou bien un leurre, une illusion ?

On dit « l’espoir fait vivre ». Mais n’est-ce pas une illusion pour ne pas mourir, pour ne pas se tuer ?

1 - La trompeuse espérance

Dans la mythologie grecque, Pandore ouvre la jarre dans laquelle Prométhée avait enfermé tous les maux menaçant les hommes : la vieillesse, le travail, la maladie, le vice, la folie, et la passion… L’espérance est aussi un mal, peut-être le pire, car, par ses mensonges, elle dissuada les hommes d’un suicide général, en leur faisant croire qu’ils pourraient échapper à la souffrance, au vice, à la passion, à la folie, à la maladie... L’espérance est un mal (puisque c’est un mensonge) qui permet aux hommes de supporter tous les autres maux, de ne pas être complètement écrasés. Mais en réalité, elle ne sert qu’à prolonger leur souffrance, à les soumettre plus longtemps à quelque chose qui de toute façon finit mal.

Dans cette tradition, être compagnons d’espérance, c’est être compagnons de l’absurde, de l’illusion.

Cela nous change de l’image habituelle, chez les catholiques, de la petite espérance décrite par Charles Péguy. Mais il faut commencer par l’objection la plus vive, celle de l’illusion qu’est l’espérance, pour essayer de voir comment en sortir.

Parce que, quand on y réfléchit un peu, on s’aperçoit que cette vision désespérée de l’espérance ne peut s’empêcher de la présenter comme le soubassement de la vie humaine : sans elle, les hommes se suicideraient, ne supporteraient pas de vivre.

« L’espoir fait vivre » : l’espérance est notre « pain quotidien », (même si c’est pour nous « rouler dans la farine »). D’où le terme de « compagnons d’espérance » : ceux qui partagent ce pain de l’espérance qui permet de vivre.

De fait, si je n’espère plus rien, à quoi bon continuer à manger ?

On peut voir les choses autrement et dire : «  heureusement qu’il y a la faim ! » qui nous pousse à nous lever le matin sans trop nous poser la question du sens de la vie, mais en nous disant « je vais commencer par les tartines » !

Mais être vraiment humain, c’est avoir besoin d’abord du pain d’une certaine espérance.

Une autre remarque : connaître, crier son désespoir, c’est encore une façon d’espérer…  (le pire des désespoirs est celui qui s’ignore, qui se donne des airs d’optimisme).

La notion de désespoir présuppose l’espoir, qui est premier (de même que le désordre présuppose l’ordre).

2 - L’espérance : une consolation ? ou un combat ?

Certains reprochent de trouver dans l’illusion de l’espérance une consolation facile. Pouvoir se passer de consolation serait la vraie force. Mais n’est-ce pas un immense orgueil ?

Car accepter la consolation, c’est aussi reconnaître qu’on a besoin de quelqu’un d’autre. L’espérance apporte en effet de la consolation, mais il n’y a pas que cela.

L’espérance est même surtout un combat dans le sens où elle pousse à agir, à affronter les difficultés. Alors que derrière le désespoir se cache peut-être une certaine forme de paresse (l’acédie), le renoncement à se confronter à ce qui est difficile.

Ce qu’il y a de plus opposé à l’espérance, c’est la sécurité, le confort : il y a quelque chose de profondément désespéré dans la quête de confort : on se dérobe aux difficultés, en se contentant d’un idéal de consommation alors qu’on aspirait à quelque chose de plus grand. (ce qui pousse certains jeunes vers le djihadisme ? Le désespoir du confort les pousse vers un autre désespoir, celui de l’activisme violent).

3- L’espérance se déclare malgré nous, dans nos paroles les plus quotidiennes

Nous avons l’audace de prononcer chaque jour cette parole absolument exorbitante qu’est « bonjour ».

Les premiers mots du Christ après la résurrection, lorsqu’il apparaît à ses disciples, n’ont rien d’époustouflant, ne révèlent pas les secrets de l’univers. Il dit : « shalom alechem », la paix soit avec vous, c’est-à-dire « bonjour » ; il est au milieu d’eux et leur dit « Vous n’auriez pas quelque chose à manger ? », puis il parle des Ecritures comme d’une anecdote qui lui est arrivée personnellement.

Donc le message de la résurrection, c’est de dire « bonjour ».

Pourquoi est-ce exorbitant ?

Qu’est-ce qu’un « bon » jour ? c’est le jour où triomphent l’amour et la justice. Dire « bonjour », c’est transmettre l’espérance de l’avènement de la justice et de l’amour (= jugement dernier)

« Au revoir » : renvoie à l’espérance de se revoir.

« S’il-vous-plaît » = s’en remettre au bon plaisir de quelqu'un, espérer qu’il y aura correspondance entre son désir et le mien (cela renvoie à la communion des saints…)

« L’espoir fait vivre », cela se renverse en « la vie fait espérer ». C’est-à-dire que l’espérance est une dimension intrinsèque à la vie ; la vie est en elle-même espérance. Renoncer à toute espérance, c’est renoncer à la vie.

4 – La vie fait espérer … mais que fait-elle espérer ?

La vie se charge de faire tomber un certain nombre d’espoirs (par exemple, gagner au loto…)

Le dynamisme de l’espérance détruit les vains espoirs, pour nous conduire vers ce qui est seul digne d’être espéré. L’espérance a une force de purification, elle passe au feu tous les espoirs. Elle nous dépouille pour nous faire aller à l’essentiel.

Gustave Thibon : Vous serez comme des dieux (théâtre) : l’immortalité terrestre conduit au désespoir car elle rend impossible le don de sa vie, le sacrifice, l’offrande, le fait de se retirer pour laisser place à la génération suivante. L’immortalité terrestre est un espoir vain (problème du transhumanisme).

Renversement de la proposition initiale, qui était : l’espérance est-elle un moyen de tromper son désespoir ?

En fait, c’est peut-être le désespoir qui est un voile de l’espérance. C’est pourquoi l’espérance a d’abord à nous dépouiller de tout ce qui fait écran, les vains espoirs, ce qui nous sépare de l’essentiel, de ce qui est vraiment digne d’être espéré.

Thomas d’Aquin : « la prière est l’interprète de l’espérance »                                                                                        

  FH annonce la fin de l’introduction !

 La structure de l’espoir

Distinguer l’espoir, qui est un mouvement naturel, et l’espérance, qui est une vertu théologale. Mais les deux ont une structure identique.

Quel est l’objet de l’espoir ?

Thomas d’Aquin pointe 4 aspects :

L’espoir vise :

un bien (à l’opposé de la crainte, qui a pour objet le mal)
un bien futur, à venir (on n’espère pas ce qu’on possède déjà, à la différence du plaisir qui concerne un bien présent)
ardu, qui s’obtienne difficilement (sinon, c’est un désir), qu’on ne peut pas avoir par nos propres forces habituelles,
mais que l’on peut quand même atteindre (sinon, il se transforme en désespoir) : l’espoir concerne ce qui est à la frontière du possible et de l’impossible.

FH ajoute un 5ème point :

L’espoir suppose un secours spécial, puisque c’est ardu et pas immédiatement accessible pour moi, cela ne dépend pas de mon pouvoir ordinaire. Comme dans notre vie, les choses sont souvent difficiles, cette dimension de l’espoir est importante.

 L’espoir a un rapport au temps ouvert à l’événement, à la rencontre

L’espoir échappe à ce qui est programmable, ce qui est accessible par une simple procédure : quelque chose peut arriver qui ne dépend pas de mes propres forces : ouverture à l’avenir, à ce qui advient, à la rencontre.

Une société du contrôle, où tout est programmé, sécurisé, fait disparaître toute forme d’espoir. Ce qui arrive si l’on ne compte que sur ses propres forces, sans ouverture sur l’imprévu.

(Isabelle Rivière : Sur le devoir d’imprévoyance, très beau livre, profondément catholique)

La dimension de l’espérance, c’est l’ouverture à ce qui advient. Et c’est pour ça que c’est intrinsèque à la vie, parce qu’un programme, ce n’est pas la vie, c’est une chaîne de production, de la fabrication. Il y a dans la vie toujours cette ouverture à la rencontre.

La théorie de l’évolution contient une vision très riche de la vie, liée à des phénomènes de rencontre: Dieu fait apparaître le vivant à travers une série de rencontres, qui auraient pu ne pas être. Comme beaucoup de choses importantes dans notre vie, qui sont passées par des rencontres qui auraient pu ne pas être. Il les a fait advenir comme ça, à partir d’un ordre capable de supporter cela. Que cela soit passé par ce qui nous apparaît comme des hasards me semble plus légitime et plus conforme à la capacité de Dieu, parce qu’il n’y a que Dieu qui puisse créer des êtres en ayant le hasard dans sa main. Si on a une autre vision, on ramène Dieu à une sorte de super-ingénieur, qui prévoit tout sans rien laisser au hasard.

Même dans ce qui est programmé, il peut rester une part à l’imprévu : par exemple, la naissance d’un enfant est attendue, anticipée, prévue pour un terme donné ; mais elle reste toujours une découverte qui nous surprend, une rencontre qui nous dépasse.

Il y a dans l’espérance une sorte de naïveté : reconnaître que dans la vie, il y a toujours ces événements qui adviennent. Et que ce qui n’est pas possible aujourd’hui peut devenir possible demain. Catégorie du transpossible de Henri Maldiney : quelque chose qui est subjectivement impossible pour moi mais qui deviendra possible, parce que je vais grandir et que les circonstances, les rencontres vont me donner l’énergie que je n’ai pas pour l’instant. Pour Henri Maldiney, la dimension du transpossible est la dimension même de l’existence : le réel est toujours ce qu'on n'attendait pas. (Pour Maldiney, les cas de psychose sont une impossibilité d’ouverture au transpossible. Pour le paranoïaque, tout est programmé, rien ne se fait par hasard, tout a une cause, un but, et tout se ramène à lui.)

L’espoir est cette dimension d’ouverture au monde en tant que lieu de renouvellement et d’événement. Ce qui advient dépasse ce que je peux. Le possible excède ce que je porte en moi.

Avec l’espérance, je vais pouvoir ce que je ne peux pas pour l’instant grâce à l’autre. C’est pour cela que l’espérance implique toujours une forme de compagnonnage. Si je n’ai pas la force en moi-même, cette force me viendra des autres, de mes frères, sœurs, et aussi d’un secours que je vais considérer comme providentiel.

 Espérance, humilité et magnanimité

L’entrée dans l’espérance suppose une forme d’humilité : être assez humble pour accueillir un secours.

Cette vertu d’humilité est en lien avec la magnanimité (grandeur d’âme : le fait qu’on va poursuivre de grandes choses).

Dom Jean-Baptiste Porion (chartreux) disait : « L’humilité, c’est accepter de devenir Dieu » (être assez humble pour se laisser transformer, diviniser par Dieu et devenir un autre Christ)

à L’humilité permet d’aller au-delà de ce qui m’apparaissait possible à mon petit niveau.

 Espérance et émerveillement

Espérance : la vie n’est pas un programme mais une aventure qui se déploie grâce à la providence et aux rencontres successives avec les autres (cf Le Seigneur des Anneaux).

Laisser toute espérance, c’est être dans le programmable, dans le contrôle total, dans la fin de la rencontre, dans la solitude, c’est rester dans ce qui est à notre petite mesure.

Série américaine Twilight zone (La 4ème dimension - série des années 50-60) : un truand meurt et se réveille dans un monde où tout est fait pour lui, à son service : rien ne lui résiste, ses moindres désirs sont satisfaits, il ne rencontre plus personne en face de lui. Il n’a plus rien à espérer : il est en fait en enfer.

Le monde du contrôle technoscientifique est précisément le monde qui refuse l’espérance ; qui, au lieu de la naissance, l’ouverture à l’événement de la vie, préfère l’innovation, la programmation profitable d’un nouvel objet.

Cette recherche de contrôle est liée à la perte de la foi et à l’orgueil, mais aussi à la perte de l’émerveillement devant les choses de la nature, le cosmos.

2nd livre des Maccabées (2M 7,22) : au moment de la mort de sept frères, leur mère les encourage à tenir bon dans leur foi et dans l’espérance de la résurrection, poussée par l’émerveillement devant la vie et la beauté du monde : Dieu qui a créé un monde si beau ne peut pas nous abandonner. Son espérance ne s’appuie pas sur une foi en l’au-delà, en un Dieu rédempteur, mais sur le Dieu créateur, sur la merveille de la vie et de la création.

Cette merveille de la vie se fait en nous mais sans nous, sans qu’on y comprenne quelque chose ( les femmes sont plus conscientes de ce mystère que les hommes, car elles le vivent).

C’est à partir d’un émerveillement devant la vie qu’elle trouve une assise pour la foi.

On peut penser qu’elle aurait pu essayer de consoler son enfant en lui disant qu’il quittait un monde de souffrance, une « vie de merde », un monde pourri, mais elle n’essaye pas de trouver une fausse consolation. Elle lui dit au contraire : regarde comme le monde est beau. Celui qui a fait ce monde si beau en le tirant du néant, combien plus te tirera-t-il de la mort, toi qui as su être son témoin.

Les gens mourants sont souvent très sensibles à la beauté du monde et viennent y puiser une espérance.

L’espérance n’est pas fondée sur un mépris de l’ici-bas, mais sur un émerveillement devant l’ici-bas.

Si  cet émerveillement s’effondre, si nous perdons ce rapport au cosmos, d’une certaine façon l’espérance n’a plus l’assise du Dieu créateur.

C’est pourquoi, aujourd’hui, on est face à une « crise écologique » de l’espérance : nous vivons dans un monde tellement artificialisé que nous croyons que tout est en notre pouvoir : ce qui conduit au désespoir

Conclusion - L’espérance théologale : un don de Dieu

L’espérance est en lien avec la foi au Dieu bon, qui vient au secours de son peuple, qui fait miséricorde au pécheur. Notre espérance se fonde sur l’Eternel et sur plus rien de simplement mondain.

L’espérance est compatible avec le désespoir du monde car là où il n’y a plus d’issue, Dieu ouvre un chemin, dans la mer ; là où les enfants devaient mourir, un enfant va être sauvé et devenir libérateur de son peuple : rien n’est impossible à Dieu.

Mais si nous croyons à la providence divine, nous ne nous défions pas du monde ni des hommes car, parce qu’il est l’œuvre de Dieu, le monde devient aussi notre allié ; même mes adversaires deviennent mes alliés.

Méditation de Thomas More : « Donne-moi Ta grâce, Seigneur […] de voir en mes plus ennemis, mes plus grands amis, car les frères de Joseph n'auraient jamais pu lui faire autant de bien par amour et affection qu'ils lui en firent par leur malice et leur haine. » 

Il ne dit pas que Joseph aurait dû avoir confiance en ses frère, mais que, parce qu’il se confie en Dieu, il sait que même la trahison de ses frères peut servir. Toute la création devient alliée, tout ce qui arrive parce que nous savons que c’est entre les mains de Dieu.

Bien sûr, cela ne supprime pas les épreuves, les désastres : on peut crier, dire « pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Si le Fils de Dieu l’a fait, nous avons non seulement le droit mais le devoir de le faire. Marie, lorsque Jésus est au temple, lui dit :  « Pourquoi nous as-tu fait ça ? Nous t’avons cherché dans l’angoisse. » Nous aussi, nous pouvons chercher Dieu dans l’angoisse.

L’espérance passe par des crises, par le décapage, mais nous savons que « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8,28). Rien ne nous séparera de l’amour du Christ.

Le monde en lui-même ne peut pas nous sauver, mais, en tant qu’il est l’instrument de Dieu, il contient des éléments qui vont nous sauver, qui vont nous apporter des secours les plus improbables, là où nous ne les attendons pas. (cf Seigneur des Anneaux : même les méchants peuvent changer (Golum))

Qu’est-ce que j’espère, à travers l’espérance théologale ?

L’espérance, cela n’a rien à voir avec l’espoir du bien-être, ni la quête de l’immortalité. Dieu veut que je sois un fils, il veut la joie de l’offrande filiale.

Ce qu’on doit espérer, dans la magnanimité qu’implique l’espérance, c’est d’être d’autres christs, de suivre le chemin du Christ : c’est une grande chose, pas un petit confort. Vous n’êtes pas catholiques pour avoir un confort spirituel, pour être simplement des pratiquants. Vous êtes là pour être missionnaires, être compagnon d’espérance, c’est ça, c’est ce que dit le pape François dans Evangelii gaudium. Chaque homme a une mission : c’est Dieu qui nous place à ce poste, dans cette époque et ce lieu. Nous sommes les agents secrets de Dieu, qui a besoin de nous à cet endroit-là. Osez, n’ayez pas peur ! Vous êtes d’autres christs ! C’est ça à quoi l’on est appelé !

L’urgence dans ce temps, c’est que nous sommes face à une époque où toutes les utopies mondaines, tous les progressismes se sont effondrés. Après Hiroshima, nous vivons avec la  conscience de la finitude de l’espèce humaine. Nous avons perdu la foi en un humanisme athée, en un progressisme, qui étaient des ersatz de la véritable espérance.

Aujourd’hui, l’Europe est dans un confort désespéré.  La base d’une société est de donner des raisons de vivre. Or nous avons inventé une société qui cherche des moyens, la légitimité de donner la mort (euthanasie, avortement…) plus que de donner la vie : nous assistons à un suicide de l’Europe.

Il faut que les européens redeviennent des compagnons d’espérance en Dieu qui est le créateur et le sauveur de tout homme.

Face au vide, au consumérisme, à l’absence d’espérance, des jeunes s’engouffrent dans le fondamentalisme religieux. Mais prétendre faire la volonté de Dieu en faisant des attentats, c’est vraiment être dans le désespoir accompli : vous ne croyez plus en la providence divine, vous ne croyez plus que les événements sont vos alliés. Le désespoir du consumérisme provoque un autre désespoir qui est le terrorisme. La seule manière d’en sortir, c’est d’annoncer ce qui donne une véritable espérance : annoncer la bonne nouvelle de la rédemption, annoncer la miséricorde.

L’espérance commence par une humilité profonde parce qu’on sait que nous ne pouvons pas nous sauver par nos propres forces, que nous ne sommes rien, que nous avons été tirés du néant, que c’est Dieu qui nous tient. A partir de là, elle se déploie dans une magnanimité, dans le fait que nous sommes faits pour faire de grandes choses, pour entrer dans un combat, pour affronter les difficultés. Si les gens nous persécutent, ce n’est pas un problème. La persécution, c’est l’espace même du témoignage. Ce n’est pas un obstacle, c’est le lieu même de l’espérance. N’ayons pas peur et soyons vraiment ces compagnons-là.