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2e scrutin : l'Aveugle-né

Pour méditer l'évangile du 4e dimanche de Carême, correspondant au deuxième scrutin pour les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques, voici l'homélie du Père Philippe Muller.

Jésus a quitté la terre de Samarie et le voici à Jérusalem. Il n’est plus seul comme auprès du puits de Jacob.

 Les disciples l’entourent et vont l’assaillirent de questions sur la maladie et les malheurs de cet homme rencontré au bord de la route.

 Qui oserait dire qu’il ne se reconnaît pas dans les interrogations et les remises en question des uns et des autres ?

 Nous sommes tout à la fois cet aveugle de naissance, ces voisins déroutés, inquiets de voir leur renseignement mis en doute, ces parents qui ne veulent pas se mouiller…

Et sans doute aussi des hommes et des femmes qui cherchons et attendons des réponses à toutes les interrogations qui naissent et qui inquiètent dans notre monde du XXIème siècle.

C’est aveugle de naissance, est un habitué de ces lieux qui entourent le Temple au moment des grandes fêtes juives.

Jésus remarque et voit cet homme dont le nom ne nous est pas révélé, cet homme perdu au milieu de tant d’autres, malades ou personnes handicapées comme lui.

Cet aveugle de naissance, Jésus lui a ouvert les yeux deux fois. D’abord en reprenant le geste créateur de Dieu qui avec de la glaise modela l’homme, Jésus guérit cet homme en lui procurant la vie. Il le recrée.

En même temps, Jésus lui a ouvert les yeux de la foi. Le long dédale des rencontres avec Jésus et des controverses avec les pharisiens devient pour cet homme un chemin d’éveil à la foi.

Saint Jean l’évangéliste montre bien la progression de cette découverte de la foi.

Au début, quand on l’interroge sur l’identité de celui qui l’a guéri, il parle de Jésus en disant : « L’homme qu’on appelle Jésus ».

Et quand on lui demande : « Qui est-il » ?, il répond : « Je n’en sais rien ».

Mais quand plus tard on lui demande : « Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ? » il répond : « C’est un prophète ».

Plus tard encore quand les pharisiens le poussent dans ses derniers retranchements, il ose braver leur scepticisme et leur méchanceté en affirmant : « Dieu n’exauce pas les pécheurs. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ».

La dernière étape est la plus belle : quand il se retrouve face à Jésus et précisons-le – qu’il voit pour la première fois – il se prosterne en disant : « Je crois, Seigneur ».Comme avec la Samaritaine, le récit progresse vers une adhésion de foi. Mais contrairement à celle-ci, l’aveugle, confronté à un climat de suspicion et de mépris, est malmené et même rejeté de la synagogue.

 Il devient une sorte de témoin avant la lettre. En fait, nous nous trouvons le récit d’un procès. Pas un procès concernant l’aveugle, mais concernant Celui qui l’a guéri. C’est Jésus qui est en procès.

Devant Jésus, chacun doit se positionner : le reconnaître ou non comme l’envoyé du Père, comme la lumière venue dans le monde offerte à tous les hommes.

 L’Évangile de ce dimanche est l’Évangile d’un grand paradoxe : un aveugle accède à la pleine lumière et des pharisiens s’aveuglent.  « Je suis venu, dit Jésus, pour une remise en question, afin que ceux qui ne voyaient pas voient, et que ceux qui voyaient deviennent aveugles. »

 Dans l’ensemble de la Parole de ce dimanche, plusieurs aspects de notre être de baptisé et la grâce de notre baptême sont mis à jour. :

D’abord le baptême est une nouvelle naissance. Le Christ ressuscité nous guérit de notre péché et nous recrée en tout notre être, il nous remodèle à l’image de Dieu.

Ensuite, le baptême est le sacrement privilégié de la foi, de l’adhésion de foi.

Pendant la Veillée pascale nous proclamons solennelle- ment cette foi, tant les futurs baptisés que ceux qui sont déjà baptisés.

 Un troisième aspect : depuis les débuts du christianisme, le baptême est considéré comme une « illumination ». Le terme français est piégé, car l’adjectif ‘illuminé’ a acquis un sens péjoratif.L’illumination du baptême, cela signifie que celui qui est baptisé est profondément marqué dans tout son être par la lumière du Christ ressuscité.Il devient « enfant de lumière » et cette grâce est appelée à transparaître dans sa vie quotidienne.

« Autrefois, dit saint Paul, vous n’étiez que ténèbres, maintenant vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière ».Paul nous demande d’être conséquents par rapport à la grâce que nous avons reçue : « Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres ; elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt ; vivez comme des fils de la lumière…La lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité... »

Enfin, être baptisé, c’est devenir témoin de la Lumière du Christ, là où nous vivons, parfois en rencontrant l’opposition ou le mépris.Nous savons combien cela est loin d’être théorique aujourd’hui, et nous pouvons vivre cette Eucharistie en communion avec nos frères et sœurs chrétiens persécutés à cause de leur foi.

Par la grâce de notre Baptême, de l’onction de notre Confirmation et de l’Eucharistie, vivons en enfants de lumière.

Père Philippe Muller
(Paroisse Notre-Dame de Liesse) .