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1er scrutin : la Samaritaine

Pour méditer l'évangile du 3e dimanche de Carême, correspondant au premier scrutin pour les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques, voici l'homélie du Père Philippe Muller.

Au cours des trois dimanches qui viennent, nous allons entendre ou réentendre le récit de trois rencontres décisives entre Jésus et des hommes et des femmes ordinaires, qui auraient pu être nous, et qui ne sont pas sortis indemnes de leur rencontre.

 Vivons ces trois récits comme si c’était la première fois que nous les entendions, comme si c’était la première fois que nous étions témoins de cette rencontre merveilleuse et déroutante.

Déroutante, car elle a fait changer de route celle ou celui qui en a été le bénéficiaire. Chacun a vécu ce que nous appelons une conversion. Déroutante aussi par ce que tout ne s’est pas passé comme on aurait pu le prévoir.

Les lieux sont importants : au bord d’un puits pour la Samaritaine, d’une piscine pour l’aveugle-né ou d’un tombeau, pour Lazare. Trois lieux qui ne sont pas neutres dans la Bible.

Baptisés de longue date, ou catéchumènes en route vers le baptême, nous sommes invités à nous abreuver à cette Source d’eau vive, à laquelle la Samaritaine laissa s’éveiller son cœur.

À première vue, les Samaritains n’avaient pas grand-chose pour être candidats à la foi en Jésus.

Plutôt séparatistes, avec un temple concurrent de celui de Jérusalem, ils étaient mal vus des Juifs orthodoxes, et il était demandé de ne pas trop les fréquenter.

Mais la volonté de Jésus qui correspond à la volonté du Père, est de donner accès au monde de de la grâce à tous les hommes, sans distinction.

Jésus s’est assis au bord du puits de Jacob. Lieu hautement symbolique. Le puits symbole de vie.

Évocation du puits du rocher qui avait accompagné les Hébreux dans le désert.
Arrive une femme qui vient puiser de l’eau. Elle est Samaritaine, et en outre, symbole de notre humanité parfois bien fragile et blessée.

En passant de mari en mari, comme elle l’avouera, cette femme n’avait sans doute jamais été heureuse. De manière surprenante, Jésus lui demande : « Donne-moi à boire ».

 Après une première réaction d’étonnement, suit alors une longue conversation, au cours de laquelle s’éveille chez cette femme une soif qu’elle n’avait jamais connue auparavant.

La soif d’une eau vive sur laquelle elle ne sait pas encore mettre de mot, mais qui doit être étroitement liée à la personne de Celui qui lui parle.

Au cours de ce dialogue, Jésus se manifeste d’ailleurs comme un excellent pédagogue.

« En demandant à la Samaritaine de lui donner à boire, dit la préface de ce dimanche, Jésus faisait à cette femme le don de la foi. Il avait un si

grand désir  d’éveiller la foi dans son cœur, qu’il fit naître en elle, l’amour même de Dieu ! »

Et il confirme le pressentiment de la femme quant à son identité en disant clairement : Le Messie, « je le suis, moi qui te parle ».

       C’était l’heure de midi, précise Saint Jean. L’heure de la pleine lumière. L’heure de la révélation.

Nous pouvons relever qu’à aucun moment cette femme ne s’est sentie jugée ou condamnée, même quand Jésus lui dévoile son passé.

Jésus ne vient pas pour condamner, mais pour que les hommes se sentent atteints par son regard d’amour et reconnaissent alors, dans la confiance, leurs péchés.

C’est ce regard d’amour qui a touché la Samaritaine, au point que celle-ci abandonne sa cruche et s’en va témoigner auprès des Samaritains. Témoignage qui a du succès : elle amène son peuple à reconnaître en Jésus, le Sauveur du monde.

Jésus n’a pas besoin de manger. Il est en train de faire la volonté de son Père, et, c’est cela qui le nourrit ! La volonté de son Père, c’est que tous les hommes découvrent en Jésus le véritable Messie qui libèrera leur vie et leur cœur.

C’est que tous aient accès, par la foi, au monde de la grâce, ce qui est en train de se réaliser avec les Samaritains. Pour eux, la moisson est désormais toute proche.

Aujourd’hui, Jésus ressuscité nous attend, comme il attendait la Samaritaine au bord du puits. Il cherche à nous amener ou à nous ramener auprès de cette Source cachée, la Source de notre baptême.

Une Source qui murmure que nous sommes enfants bien-aimés du Père, baptisés dans l’Esprit Saint. Une source d’eau et d’Esprit qui nous guérit de nos blessures, qui lave nos péchés et qui nous fait renaître à une vie filiale dont nous ne soupçonnons pas encore toute la beauté.

Une Source qui a jailli de manière décisive du côté ouvert du Christ. 

Le Carême est le temps de nous replonger dans ce courant d’eau vive qui irrésistiblement nous emporte vers Pâques qui nous invite à cheminer sans cesse :

De l’eau du quotidien à l’eau vive de l’Esprit.
Du pain de chaque jour à la volonté de Dieu dont il faut se nourrir.
De la connaissance de l’homme nommé Jésus au prophète de Nazareth, au Messie, le Saint de Dieu, le Sauveur du monde.
Des questions multiples que nous nous posons à la proclamation de la foi.

Tous ces cheminements doivent être les nôtres sur notre route vers Pâques.

Le Pain de l’Eucharistie, l’Eau de l’Esprit. Voilà le menu évangélique inscrit à la carte de ce dimanche pour chacun de nous.

Si nous n’avons aucun appétit pour un tel festin, il est temps que le Seigneur nous ressuscité en Lui. Bon appétit de Pâques !