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Qui ose aujourd’hui parmi nous être prophète ?

Quelle richesse dans la Parole de Dieu ! Elle traverse nos vies en y semant des images fortes, des mots précieux que nous emporterons comme des semences d’éternité.
Mots de confiance adressés à Jérémie : « Moi, je t’ai consacré…Ne tremble pas… Je suis avec toi… »

Quelle richesse dans la Parole de Dieu  !

Elle traverse nos vies en y semant des images fortes, des mots précieux que nous emporterons comme des semences d’éternité.

Mots de confiance adressés à Jérémie : « Moi, je t’ai consacré…Ne tremble pas… Je suis avec toi… »

Mots de louange du Psaume qui chantent en nos cœurs :

« Seigneur, tu es mon roc… Seigneur, tu es mon espérance… Jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles. »

 Mots fervents, fleurs de tendresse à recueillir dans la Lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe : « S’il me manque l’amour, je ne suis rien… l’amour ne passera jamais. »

Mots déroutants, révélation paradoxale de l’avenir de Jésus en Saint Luc : « Ils s’étonnaient du message de grâce…Et ils poussèrent Jésus hors de la ville…Lui, passant au milieu d’eux allait son chemin. »

Passant au milieu de nous, la Parole s’est faite un chemin. Essayons de repérer sa trace dans nos vies pour qu’elle façonne en nous l’homme nouveau selon le Christ.  

Le chemin du prophète est hérissé de pierres sur lesquelles il ne faut pas trébucher. Qui ose aujourd’hui parmi nous être prophète ?

Mais qu’est-ce qu’un prophète ? C’est celui qui est choisi pour parler au nom de Dieu. C’est une lourde responsabilité qui oblige le prophète à faire preuve de courage avec le risque d’être rejeté, voire même tué.

C’est la raison pour laquelle le Seigneur s’adresse à Jérémie pour lui dire : « Je fais de toi un prophète pour les peuples. Ne tremble pas devant eux. Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. »

Dieu ne cache pas au prophète Jérémie les difficultés qu’il va rencontrer. Mais il lui donne tout de même l’assurance qu’il est avec lui, qu’il ne l’abandonnera pas.

Nous, aujourd’hui, sommes-nous des prophètes à la suite de Jésus ? Osons-nous dire, dans le monde d’aujourd’hui, que la seule manière d’être heureux, c’est de vire l’Évangile ?

Comment s’y prendre ? Saint Paul vient de nous proposer une méthode. Elle porte un nom : « L’Amour, le nom même de Dieu qui n’est qu’Amour ».

Le chemin proposé par Paul résonne de mots tendres : « L’amour prend patience…l’amour rend service… Il trouve sa joie dans ce qui est vrai. »

Son chemin est tracé par une parole forte : « J’aurais beau distribuer ma fortune aux affamés, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. »

C’est un chemin tâtonnant car nous ne voyons pas encore l’aboutissement : « Nous voyons une image obscure. Ce jour-là, nous verrons Dieu face-à-face. »

C’est aussi un chemin marqué par l’échec et l’imperfec- tion. Car il faut toujours et toujours, « chercher ce qu’il y a de meilleur », un amour vrai et sincère.

Il nous faut « imprimer » ces mots de Paul au plus profond de nous. Mais avant même de les accueillir, reconnaissons en eux la révélation de ce qu’est Dieu lui-même.

Et nous pourrons nous émerveiller de ce Dieu « qui prend patience, qui ne tient pas rancune, qui espère tout. »

Saint paul nous garantit une chose inouïe à laquelle il faut oser croire : seul « L’Amour ne passera jamais. »

Pourtant, nous l’avons entendu dans l’Évangile, Jésus lui-même n’a pas échappé au sort des prophètes. Il a connu l’échec et la mort. Il a donné sa vie par amour, pour nous sauver.

Les auditeurs de Jésus « s’étonnaient » vient de nous dire Saint Luc. Et il y avait grandement de quoi !

Étonnement de s’entendre dire que le Jour de Dieu était enfin arrivé. Le peuple de la Promesse, après des siècles d’une attente parfois joyeuse, souvent désespérée, touchait enfin au rivage de la Terre Promise !

Étonnement du message de grâce transmis par Jésus. Qu’a-t-il fait de la vengeance de Dieu promise par Isaïe et que tout un chacun traduisait par un soulèvement victorieux contre l’occupant romain ?

Étonnement de voir le fils de Joseph se prendre peu ou prou pour le Messie. Que les gens de Capharnaüm se soient laisser abuser, passe encore. Mais là, dans son pays, où on l’a vu grandir comment peut-il oser se présenter comme l’Envoyé ? Cela frise l’imposture ! Étonnement de le voir se positionner à l’égal d’Élie et Élisée, ces grandes figures du prophétisme et de vouloir faire référence à eux pour justifier une dimension universelle du salut.

C’est plus qu’ils n’en peuvent supporter : il est urgent de supprimer ce dangereux illuminé et de revenir à une conception plus saine de la religion : la leur. Il leur échappe mais « il ne put faire là aucun miracle », commente Saint Marc, en raison de leur incrédulité.

Nous le savons, il n’y a d’aujourd’hui de Dieu que moyen- nant la foi en Jésus.

Il nous faudra toujours accueillir la Bonne Nouvelle, boire à longs traits l’eau vive de la Parole de Dieu, quand elle cesse d’être un « demain » à attendre pour devenir un « aujourd’hui » à faire.

Bonne Nouvelle d’un Christ qui accomplit aujourd’hui l’attente des hommes. « Tu as les paroles de la vie éternelle », tu es Celui qui fait vivre parce qu’il fait aimer. Voilà la Bonne Nouvelle à vivre et à faire aujourd’hui.

Si nous faisons de la lumière pour tous ceux qu’aveuglent l’égoïsme, la haine ou la peur.

Si nous faisons de la liberté pour tous ceux qui sont prisonniers – de leur télé, d’internet, de leur voiture, de leur mentalité – à commencer par nous.

Si nous faisons de la liberté pour toutes les victimes de l’oppression et de l’injustice alors il y aura un aujourd’hui où se réalisera la Promesse.

 Alors, il y aura une Église vivante, accueillante à tout homme en attente de bonheur.

Et il y aura, ici, une fraternelle assemblée de croyants unis dans une même foi, une joyeuse communion dans le Christ, une vraie fête de Dieu-Amour, bref, une Messe, quoi !

Il suffit de nous y mettre !

Père Philippe Muller