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A toi qui viens de communier

TOI QUI VIENS DE COMMUNIER ACCUEILLIR LE CORPS DU CHRIST PREPARE A L'ACCUEIL DES AUTRES. PAR CHRISTIAN SALENSON Directeur de l’ISTR (Institut de sciences et théologie des religions) On t’a expliqué, avant que tu ne communies pour la première fois, que tu devais t'avancer au moment voulu et tendre la main droite afin de recevoir le corps sacramentel.

 TOI QUI VIENS DE COMMUNIER

ACCUEILLIR LE CORPS DU CHRIST PREPARE A L'ACCUEIL DES AUTRES.

PAR CHRISTIAN SALENSON Directeur de l’ISTR (Institut de sciences et théologie des religions)

On t’a expliqué, avant que tu ne communies pour la première fois, que tu devais t'avancer au moment voulu et tendre la main droite afin de recevoir le corps sacramentel. Il fallait que tu sois informé de cette posture de notre plus ancienne tradition. Mais on ne t'a pas livré le sens de cette attitude car on n'explique pas les gestes avant de les vivre, fidèle en cela à ce que disait un de nos pères dans la foi, Ambroise (340-397): «La lumière pénètre mieux chez ceux qui ne s’y attendent pas que lorsqu'une explication quelconque les a précédés.» Mais maintenant que tu as communié et que tu as vécu ces rites, ton esprit est ouvert à en comprendre la portée. Tous les gestes ont beaucoup de signification, même les plus ordinaires. Repense à ce que tu as vécu. Tout d'abord tu t'es avancé. Tu étais quelque peu intimidé. Tu te tenais debout devant celui qui donnait la communion. Debout est la posture préférée du chrétien. Peu de gens le savent mais traditionnellement (jusqu'au XVIIe siècle), il était interdit aux chrétiens de se mettre à genoux durant le temps pascal. Tu étais debout car par le baptême tu as été mis debout. Tu es sorti de ton sommeil quand le Seigneur t'a dit: «Éveille-toi Ô toi qui dors. Relève-toi d'entre les morts. » Tu es mis debout avec le Christ lui qui est ressuscité. Déjà tu es ressuscité avec lui. Ainsi tu te tenais debout non par tes propres forces mais en prenant appui dans le Christ. Debout, tu es appelé à l'être tous les jours de ta vie en communiant avec le Christ. Ainsi tu signifiais par ton attitude même, ton désir de suivre le Christ. Tu as tendu la main et tu as reçu le corps sacramentel au creux de ta main. Tu aurais pu plonger ta main dans le plat, tu aurais pu te servir en passant. Tu aurais ainsi montré ta capacité à prendre ta nourriture, à t'en saisir, à te servir toi-même. Il n'en a pas été ainsi. Au contraire, tu t'es préparé à bien disposer ta main et tu t'es présenté main ouverte ... Tu as compris ce que cela signifie. Le corps du Christ, personne ne peut s'en saisir, ni le prendre au passage. D'ailleurs souviens-toi, tout en avançant, tu préparais ta main, et ainsi tu te préparais à accueillir le don qui te fut fait. En préparant ta main, c'est ton cœur qui s'ouvrait. Tu as vécu dans ce geste ce à quoi ta vie tout entière aspire: accueillir le don qui t'est fait, accueillir tout don comme don de Dieu. «Si tu savais le don de Dieu!» Ne t'y trompe pas! Ce que tu vis en figuré dans le rite, n'est rien d'autre que ce que tu es appelé à vivre et que tu as commencé à vivre dans ta vie car le corps sacramentel du Christ que tu reçois dans la célébration, t'est offert constamment dans ton existence. Quand tu tends la main dans le rite, tu ouvres ta vie à tout don qui t'est fait dans lequel tu pourras reconnaître le Christ, si tu ouvres aussi les yeux. Quand tu accueilles le corps sacramentel du Christ, tu te disposes à accueillir ta propre vie car avec l'Apôtre tu peux dire: «Pour moi vivre c'est le Christ». Quand tu ouvres la main pour recevoir le sacrement de l'autel, tu te prépares à accueillir ton conjoint par exemple, corps du Christ lui aussi, offert et que le sacrement de mariage t'a permis de reconnaître comme tel. Tu vois comment agit la liturgie! Elle nous révèle ce qu'est la vie. Si tu remarques bien tout ce qui a de la valeur dans ta vie, ce fut toujours un cadeau qui dépassait tes propres capacités: des amis, un conjoint peut-être, des enfants ... Et jusqu'à la vie elle-même que tu as reçue sans même la demander. .. et que dire encore de ces multiples cadeaux reçus jour après jour. En même temps, la liturgie nous éduque car il faut souvent le répéter ce geste des mains ouvertes pour pouvoir façonner nos cœurs et toute notre existence à vivre à cœur ouvert. Veux-tu donner ta vie, combattre l'injustice, soulager la misère, t'engager au service des autres et ainsi suivre le Christ? Demande-toi ce que tu acceptes d'apprendre et de recevoir de ceux que tu veux soulager. La charité, quand elle est chrétienne, à la différence de la dérive humanitaire, est toujours réciprocité. Jésus ne dit pas: lavez les pieds des autres! mais: «Lavez-vous les pieds les uns aux autres!» Regarde comment tu étais pour communier: Debout, les mains ouvertes! Veux-tu savoir comment on se tient dans la vie quand on marche avec le Christ? Debout, les mains ouvertes! Veux-tu savoir comment toute notre vie communie au Christ? En se tenant debout les mains ouvertes! Veux-tu savoir comment on aide les autres? Debout, les mains ouvertes! Peut-être, comme moi je l'avoue, à certains moments, tu connais la tentation de fermer les mains, de serrer les poings, de croiser les bras ... Il est vrai qu'à certaines heures il faut réapprendre à ouvrir les mains ... là encore la liturgie vient au secours de ma faiblesse. Communier avec le Christ dans la célébration nous engendre à communier avec Lui toute la vie. Debout! Mains ouvertes! L'accueil de tout don est chemin pour donner à notre tour, avec Lui, notre propre vie. Ainsi quiconque veut aider les autres, combattre l'injustice, soulager la souffrance ne pourra le vivre vraiment qu'à la mesure de ce qu'il recevra d'eux.

Points de repère n°215.