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Oser Vivre l'audace de la fraternité : recevoir et donner

Le 1er décembre à Cornier, le Service de formation du diocèse (SEDIFOR), le Secours catholique, la Pastorale de la santé et Écoute et rencontre ont invité, en cette période de l'avent, à réfléchir sur le "recevoir et le donner" au service des autres. Est-ce que la fraternité chrétienne vient éclairer cet échange de façon particulière et à quelle audace elle nous invite ? Mgr Yves Boivineau a aidé à faire la différence entre charité, solidarité et fraternité, en rappelant que la source de la fraternité dans les écritures vient du Christ. Nous sommes frère parce que Dieu est Père et le christ est le premier né. Nous sommes enfants de Dieu et nous avons à devenir ce que nous sommes déjà. La fraternité est un choix et un combat. Cette réalité est plus grande que la solidarité.

Daniel Pignal-Jacquard, délégué diocésain de la Pastorale de la santé a téméoigné de la manière dont sa vie personnelle mais aussi la Pastorale de la santé a été jardinée à travers quatre rendez-vous privilégié : l’enfant, le pauvre, l’étranger et l’ennemi.

L’enfant n’a pas la capacité à redonner sur le même mode de ce qu’on lui apporte. C’est le rendez-vous avec l’enfant qui est en moi et chez les autres adultes avec ces qualités de confiance, d’émerveillement mais aussi sa jalousie, sa rage. C’est le besoin d’être éduquer dans un environnement protégé avant de pouvoir s’envoler de ses propres ailes dans la direction qu’il souhaite. Dieu engendre en séparant. Où en sommes-nous dans la correction fraternelle ? Ce n’est pas en tirant sur une fleur qu’elle pousse plus vite !


Le pauvre n’a pas les moyens de rendre, du moins en terme d’équivalence calculée. C’est le rendez-vous avec ma pauvreté (impuissance, vulnérabilité) qui devient la révélation de ma vraie nature et de ma force. Ainsi la pauvreté de l’autre devient lieu de discernement et appui. J’ai besoin des autres et c’est la vraie nature de l’Église qui nous est donnée. Saint Vincent a dit : quand tu donnes du pain aux pauvres fais le avec beaucoup d’amour pour qu’il te pardonne !
L’étranger ne fait pas partie de mon monde, et ignore largement le système de calcul que l’on emploie ici. L’altérité : nature de notre dieu. Je dois accepter de ne pas me comprendre et de ne pas comprendre les autres. Apprendre à aimer la différence et me méfier du même. Il nous faut protéger l’altérité des équipes en nommant ce qui est destructeur. Cessons d’être gentil soyons vrai ! C’est l’autre qui me donne le chemin où je dois marcher avec lui. Dieu nous apprend à aimer le vide, l’espace comme lieu de création.

 L’ennemi, ce n’est pas qu’il ne peut pas rendre mais il ne veut pas, à part donner des coups. On voit la qualité des personnes à la qualité de ses ennemis ! L’amour des ennemis : une folie chrétienne ! Le plus grand combat est contre soi-même, comme le combat de l’ange où il n’y a pas de mort mais la révélation de son identité et de celle de Dieu. La vie se charge de nous sculpter avec un burin qui nous enlève de la matière pour révéler notre image. Il y a des moments où pensons être détruit et pourtant nous ressortons susciter autrement à la vie ou ressusciter. Les sacrements sont le lieu du Dieu de l’impossible. Il faut avoir été au bout de ses forces pour enfin voir qu’un sauveur a toujours été là auprès de nous. Le christ a été sur la croix pour ce que nous diabolisons. Notre nature inquiète a besoin de bouc émissaire et parfois on nous donne des ennemis pour simplifier une réalité plus complexe. Mais être chrétien n’est-ce pas plutôt accepter d’être bouc émissaire pour que l’autre puisse sortir toute son amertume, sa déception ? Il nous faut casser les idées toutes faites. Pour cela, il nous faut cultiver régulièrement la gratitude face à la vie pour pouvoir faire face à l’ennemi : il nous mordra mais ne nous tuera pas. L’ultime ennemi est la mort : une présence est importante avant, pendant et après afin que les vivants de s’empêtrent pas. La mort nous rend « un parmi tant d’autre et nous apprend l’ultime dépossession.

 

Après un pique nique convivial, les participants se sont constitués en groupe pour repérer les freins individuels et collectifs vécus au quotidien. Brigitte Besème, responsable du Sedifor a présenté le travail de la conférence des évêques sur les nouvelles pauvretés.

Plusieurs freins à la fraternité ont été repérés, reprenant les freins découverts par l’assemblée est inscrits sur des banderoles : la peur, le manque de temps, l’ignorance, la méconnaissance de la vraie nature de l’Eglise ,les résistances administratives et politiques, la perte du sens commun et de la justice, difficulté de sortir de l’assistanat, manque de concertation et de liens.
Chaque groupe a alors repris une banderole et travaillé sur les moyens à trouver. Nous revenons au fondement de notre foi qui nous a été transmis mais que nous avons du mal à vivre : revenir au Christ individuellement et collectivement par la prière, la Parole, la relecture, la célébration qui renvoie à l’action collective, la culture de la gratitude et la formation.

 

 


 

 

Pour finir, Elisabeth Courtois, adjointe au Sedifor, a présenté une étude d’un texte de la genèse GN33,-17 à la découverte de l’histoire de deux frères Jacob et Esaü. Jacob a volé la place d’Esaü et celui-ci voulait tuer son frère. Nous arrivons à l’épisode où Jacob devenu Père veut marchander la réconciliation avec son frère pour retrouver une maison. Esaü lui fait peur mais il devient pour nous le vrai visage de la fraternité car il ne se laisse pas dominer par son animalité pour devenir pleinement frère en se jetant dans les bras de Jacob mais tout en refusant de se faire acheter. Jacob découvre alors la gratitude. Il sort de cette confrontation boiteux mais plus humble et moins calculateur. Il n’a pas été détruit par la rencontre de l’autre. Il a surmonté ces peurs et peut désormais marcher au pas des enfants. Après la réconciliation, malgré le projet de marcher sur le même chemin, chacun va sur son chemin vers une vie d’abondance.
 

D.P.J.

Télécharger ici le document « Nouvelles Pauvretés »

Instrument de travail à l'usage des diocèses proposé par le Groupe de travail présidé par Mgr Michel Pansard -Assemblée Plénière Lourdes 3-8 novembre 2009