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L'accompagnemant de l'angoisse de la personnes âgée:journée gériatrie du 7 avril 2011

nous nous sommes retrouvés une centaine de personnes pour cette journée de formation.Les partaicipants venaient d'équipe d'aumônerie à domicile, d'établissement de personnes âgées.Une jeune diplomée infirmioère et quelques membres de famille étaient également présentes ainsi que des pôrteurs de communuon de paroisses. Le médecin Mathieux Debray,chef du service de gériatrie de l'hôpital d'Annecy,nos aprésenté le matin combien nos idées reçues sur la personne âgée pouvait augmenter le stresse de vieillir.Il a continué en nous présentant les maladies courantes invalidantes. L'après midi, Jacqueline Richard, aide soignante à la maison de retraite St Joseph, nous a montré combien l'angoisse est un mécanisme de défense naturel face à des pertes et une réalité diffcilile àassumer.La journée a été ponctuée de psaumes criant l'angoisse et Daniel le délégué diocésain de la pastorale de la santé,nous a plongé dans le jardin de gètsémani en plein coeur de l'humanité de Jésus. Quelques repères pastoraux peuvent être retirés de cette journée.

Accompagner l’angoisse de la personne âgée
Journée formation 7 avril 2011 La Roche sur Foron
Intervention de Madame Jacqueline RICHARD aide soignante EPHAD

PLAN
1) J’accompagne les personnes âgées
- Présentation du service EPHAD
2) J’accompagne l’angoisse des personnes âgées
- Qu’est-ce que l’angoisse ?
3) Un savoir « faire » et un savoir « être »
Etre créatif, inventif
4) Nous sommes une équipe
Comment « s’ajuster » face à l’angoisse ?
Quand on n’a pas le temps ?
Comment « se protéger » pour tenir le coup ?
5) Pourquoi accompagner l’angoisse ?
6) Une parenthèse : le suicide des personnes âgées
7) Conclusion

 

1) J’accompagne les personnes âgées

Je travaille depuis 15 ans en gériatrie. Ce service est une EHPAD : un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Ce service est attaché au Centre Hospitalier d’Annecy. Il ya 80 personnes dans notre service. La moyenne d’âge est de plus de 88 ans. Ce n’est pas rare de voir des centenaires. Notre EPHAD s’appelle « Résidence St François » et se veut un lieu de vie jusqu’à la fin de vie.
Certains patients rentrent dans l’urgence dans notre service. Ils ont du mal à se faire une raison. Peu viennent de leur plein gré. Alors l’angoisse se fait vite sentir
Je suis Aide Soignante c’est à dire A comme « Accompagner » et S comme « sécuriser » par des soins.
J’accompagne avec ce que je suis c’est à dire avec ma personnalité
avec les circonstances
avec mes compétences
avec mes moyens
avec mon humeur du moment
avec empathie.
Accompagner c’est donner du temps, c’est prendre du temps. C’est tout le sens que je donne aux Béatitudes (Mathieu 5) dans mon travail :
« Heureux les Pauvres » : prendre le temps présent,
« Heureux les Doux » : donner le temps présent.
Aujourd’hui, il m’est demandé de vous faire part de mon expérience concrète par des exemples, de ce que j’ai ressenti et de ce que je peux témoigner

2) J’accompagne l’angoisse des personnes âgées
Qu’est-ce que l’angoisse ? Le dictionnaire parle d’une oppression, d’une inquiétude profonde, d’une peur interne, d’un stress, d’un sentiment de menace imminente. L’angoisse est accompagnée de symptômes caractéristiques : des spasmes, de la dyspnée (la difficulté de respirer), de la tachycardie, de la sudation, de l’oppression.
L’angoisse est l’expression d’une douleur physique et d’une souffrance morale.
La Personne âgée est angoissée parce qu’elle a perdu ses repères. Elle n’est plus chez elle, avec ses habitudes. Elle a perdu son autonomie. Elle est angoissée d’être dépendante » vis à vis de ses enfants, du personnel ; de la société même, de ne plus avoir de reconnaissance sociale.
« Je suis une charge pour tout le monde » dit-elle volontiers. Angoisse de ne plus bien voir pour lire ou retrouver ses affaires
angoisse de ne plus bien « entendre » (le téléphone, frapper à la porte, la visite tant attendue, la TV)
angoisse de ne plus bien « parler » (exprimer ses joies, ses peines, ses inquiétudes)
angoisse de ne plus avoir les moyens de payer sa pension.
angoisse de se sentir diminuée ; « elles en ont assez » et veulent mourir.
angoisse de ne plus pouvoir toucher (maladresse dans ses initiatives et ses mouvements)
La personne âgée appréhende de plus en plus et elle y arrive de moins en moins. Elle a besoin d’aide, de présence, d’écoute, elle est mélancolique.


3) Un savoir « faire » et un savoir « être »

Il faut que je fasse preuve de discernement. L’angoisse est une étape psychologique naturelle liée à la dépression. Elle fait partie des cinq mécanismes de défense dont Elisabeth Ross parle dans son livre « les derniers instants de la vie ». Il y a d’abord le déni puis la révolte, la négociation, la dépression et enfin l’acceptation, une étape qui permet d’être en paix avec soi-même.
L’expression de l ‘angoisse se lit sur le visage (la tristesse du regard) sur le corps (le raidissement des membres).
L’angoisse est une forme d’expression, de « communication non verbale ». La communication est « création ». Il faut être créatif, c’est à dire inventif dans son travail pour communiquer et se comprendre. Une bonne communication c’est tout un art…C’est écouter, entendre, dire, faire dire (peut-être !) pour établir et maintenir une relation avec la personne âgée. Avoir une communication et une écoute bienveillante.


« Créer » c’est aussi agir et recréer. Cela pourrait se faire par empathie, une sorte de courant qui passe entre le patient et le soignant et l’inverse aussi. On se sent bien.


4) Nous sommes une équipe

Je ne suis pas seule à « accompagner » . Nous sommes une équipe. Chacun a son rôle à remplir et chacun à sa place : médecin, infirmière, cadre de santé, secrétaires, assistantes sociales, kiné, psychologue, agent de service, famille, bénévoles, animatrice, aumônerie…
Le rôle des transmissions entre nous et des protocoles est important. Nous sommes tous et toujours le maillon d’une chaîne !

Comment accompagner quand on n’a pas le temps ?
Note travail est ainsi réparti : nous avons un certain temps pour faire certaines tâches. On est limité par le temps et parfois dépassé par la quantité de travail au détriment de la qualité de la relation.
Alors, il faut savoir s’excuser de ne pas pouvoir faire plus aujourd’hui. Il faut savoir « se protéger ». Si on ne met pas de barrières, il n’y a plus de limites. Il faut savoir prendre soin de soi pour être capable d’être encore en forme pour avoir et réaliser ses projets personnels. On a une vie après le travail. Notre travail s’en ressentira si nous allons bien.
Dans l’exercice de ma fonction, je ne dis jamais que je suis chrétienne et pratiquante mais dans mes gestes, mon attitude, mes paroles auprès des personnes âgées, je le pense très fort !
Au jardin des oliviers et sur la croix, le Christ était angoissé « mon Dieu, mon Dieu Pourquoi m’as-tu abandonné ? ». L’angoisse est humaine et le Fils de Dieu était homme aussi.

5) Pourquoi accompagner l’angoisse ?
Le but est « d’apaiser », de « rassurer » si possible et établir une relation de confiance. C’est à dire détendre physiquement et moralement. Il y a cependant des personnes qui sont toujours dans la plainte quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise. ça ne va jamais. C’est aussi un appel. Jusqu’à la in de sa vie, on n’échappe pas à sa vraie nature. C’est une forme de dépendance mais cela n’empêche pas d’avoir de l’empathie pour ce patient.

La pitié est passive, la miséricorde est active
Il n’y a pas de recettes toutes faites ! Il faut savoir être pour savoir faire et savoir s’adapter. Auquel bien sûr il faut ajouter les traitements médicamenteux adaptés. Dans mon rôle, il faut porter toute l’attention sur les petits faits et gestes de soins et de nursing, accompagner les repas, le confort en réajustant l’oreiller, approcher la sonnette et le téléphone, donner à manger quand la main tremble trop, accompagner un fauteuil roulant, jeter un coup d’œil à la perfusion, aux médicaments qui n’ont pas été pris. Donner un sourire !

 

« Nul n’a plus besoin d’un sourire que celui qui ne sait plus en donner ! »

A présent, je ferais une parenthèse sur le suicide des personnes âgées

6) Une parenthèse, le suicide des personnes âgées
Par deux fois, nous avons été touchés par des suicides dans notre service, dont un, un matin de Noël, ce qui fut bouleversant pour toute l’équipe. Les fêtes et les anniversaires peuvent être très douloureux. Nous réalisons encore mieux jusqu’où la solitude des personnes âgées peut aller ?
Le suicide des personnes âgées est une réalité : il est prémédité, il est parfois exprimé et se fait à notre insu. Nous en parlons dans nos groupes de paroles. Le médecin, la psychologue sont très attentifs. Nous avons pu compter sur eux après ces drames. Nous avons pu compter sur leur disponibilité, leur écoute par des échanges personnels et en groupe.
Combien une équipe solidaire, soudée et compétente est importante et combien les groupes de parole sont nécessaires et nous unissent.
 

7) conclusion
Le passage d’un livre me revient à l’esprit : « et je sus au moment de les donner combien grands étaient ces petits bonheurs ! » Pour les personnes âgées et pour moi aussi en retour.
L’intelligence du cœur est à la portée de chacun !
Je vous remercie de votre attention.