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Face au chaos

... la solidarité. Maladie psychique d'un enfant. Nous habitions près de Versailles. À seize ans, notre fils fait voler en éclats tous les cadres de la famille, de l’école et de la société : deux années de violence, de délinquance, de folie non reconnue par les psychiatres… Pour nous, l’ère du chaos : la sœur fugue ; le frère rentre dans une coquille d’où il n’est plus sorti.

Juste avant ses dix-huit ans, notre fils est conduit à l’hôpital psychiatrique sur notre insistance (il en saura gré à son père plus tard). Le Vendredi saint, les soignants nous annoncent qu’il délire franchement. Cette année-là, nous n’allons pas aux célébrations de Pâques ; nous restons au pied de la Croix.
Notre fils refuse les médicaments. Notre vie reste chaotique, de jour comme de nuit. Les séjours à l’hôpital succèdent aux crises (douze hospitalisations en huit ans). Lors de ses vingt et un ans, la prise en charge à l’hôpital de jour pour jeunes
adultes – où il progressait – s’arrête. Rien n’est prévu pour la suite. La chute dans le vide des journées à la maison est rude pour tous.
Qui entendra les cris de notre fils en détresse ? Un de ses camarades nous demande de ses nouvelles (il est devenu médecin) ; un autre vient le voir à l’hôpital. Des collègues de son père font du vélo le week-end avec lui. Un couple d’anciens chefs scouts vient voir Louis, l’invite ou nous invite tous les trois.
Qui entendra les cris des malades psychiques – schizophrènes, bipolaires, paranoïaques… – qui demandent, implicitement ou explicitement, à ne pas être regardés seulement comme des malades, mais comme des hommes et des
femmes avec qui l’on peut parler ?
Entendez nos cris, vous qui connaissez notre détresse ! Nous avons sollicité des « psy » pour prendre soin de notre couple. Nous avons participé aux groupes de parole de l’Unafam (1), et profité de son merveilleux numéro d’appel Écoute famille. Désormais, nous parlons de notre drame tous azimuts. Des mains se tendent… Les membres de notre équipe d’ACI viennent systématiquement faire réunion chez nous, afin que nous puissions rester en veille. Des amis nous
soutiennent, certains nous hébergent quand nous sommes en danger chez nous.

Qui entendra les cris des familles laminées par la maladie psychique d’un des leurs ? Seigneur, merci de nous avoir déjà répondu par ton Église, qui a soutenu la fondation du mouvement Relais Lumière Espérance. Celui-ci nous a offert de participer, à Versailles, à une équipe de rencontre de parents de malades. Il y faisait bon déposer son « paquet », être compris par des personnes rendues proches par l’expérience du tsunami
« maladie psychique ». Avec l’aide d’un prêtre accompagnateur, nous avons vécu cette fraternité comme lieu de présence du Christ en nos vies. Nous nous y sommes nourris les uns les autres, pour pouvoir reprendre la route.
Nous aimerions prolonger cette expérience ici, et que d’autres puissent en bénéficier. C’est pourquoi nous souhaitons créer une équipe sur le bassin annécien (2), avec des personnes souffrant de l’état psychique d’un proche.

Christophe et Marie-Françoise Cézard

■■■ (1) Unafam : Union nationale des familles et amis de malades psychiques.
(2) Pour nous contacter : Tél. 09 67 02 31 32 / 06 24 94 79 30 ; cmf.cezard@wanadoo.fr
MALADIE PSYCHIQUE D’UN ENFANT Face au chaos, la solidarité

Voir aussi le site de la Pastorale de la santé : www.diocese-annecy.fr/sante