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Synode de la famille : une démarche participative

La famille, « noyau vital de la société et de la communauté ecclésiale » (1), est au coeur des préoccupations pastorales du pape François. Celui-ci a décidé de convoquer un Synode des évêques qui se déroulera en deux temps : une assemblée extraordinaire, en octobre prochain, pour préciser l'état des questions et recueillir les témoignages et propositions des évêques ; un Synode ordinaire en 2015, pour chercher des lignes d'action pastorale...

Comment annoncer, aujourd’hui, la Bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ aux familles et les inciter à en vivre ? Ceci dans un contexte où « tant d’enfants et de jeunes ne pourront jamais voir leurs parents recevoir les sacrements. » Et alors même que « l’enseignement sur la miséricorde divine et la tendresse envers les personnes blessées, dans les périphéries géographiques et existentielles, reçoit un accueil immense ». (2)


Face à ces défis, une réflexion sur les choix pastoraux à propos de la famille s’impose comme
« nécessaire, urgente et juste » (3). Dans une démarche innovante, le pape associe tous les fidèles à cette réflexion (4).


Une heureuse initiative donc, mais difficile à mettre en œuvre, en raison de délais très courts, et d’un langage peu accessible… Comment a-t-elle été relayée dans notre diocèse ?


Lors du Conseil diocésain des Mouvements et Services de la Pastorale familiale, en novembre, le Père évêque a remis le questionnaire aux responsables, à charge pour eux de consulter les membres de leur mouvement et de remonter leurs contributions. Réunir des groupes de réflexion, en cette période de fin d’année, relevait de la haute voltige. Néanmoins, sur les 18 mouvements de la Pastorale familiale, la moitié ont apporté leur contribution. Au vu de l’intérêt suscité par cette enquête, un questionnaire simplifié a été mis en ligne sur le site diocésain, dans le courant du mois de décembre : il a recueilli une vingtaine de réponses. Des groupes de paroissiens ont également envoyé leur contribution.

UN SENTIMENT D’ABSENCE DE RÉCONFORT JOINT À UNE GRANDE SOIF DE SPIRITUALITÉ

Des attentes, des souffrances, des espoirs, des questions, des convictions se sont exprimés. En voici quelques échos.

> Sur les attentes : Concernant l’enseignement de l’Église sur la famille, le langage est jugé trop ecclésial, étranger à nos contemporains. Comment rendre ces textes plus accessibles ? Cet enseignement a un caractère trop normatif. Comment sortir du licite/illicite, pour prendre en compte la complexité des situations humaines ? La norme ne peut pas tout résoudre. Elle doit s’accompagner de considérations pastorales. Beaucoup disent avoir pris des distances avec l’enseignement sur la morale sexuelle, exposé dans Humanae Vitae.
Rejoignant la préoccupation exprimée par le pape (5), de remettre la morale à sa juste place, un couple, engagé de longue date dans la préparation au mariage, témoigne :  « Nous rencontrons beaucoup de jeunes qui ont déjà vécu des souffrances assez fortes (perte d'un proche, divorce des parents....), et n'ont pas toujours trouvé un réconfort, ni dans l'Église, ni ailleurs. Cela les a parfois éloignés de Dieu, tellement leur souffrance était forte. Il y a cependant une grande soif de spiritualité, qui pour nous est nouvelle depuis ces dernières années. Certains sont « retournés » par la rencontre avec Dieu lors de la préparation au mariage. Il nous semble que le premier message à leur témoigner est l'Amour immense pour chacun d’eux, sans doute avant la morale sur la famille et la sexualité. »

> Des questions : De nombreux couples se préparant au mariage ont peu de lien avec l’Église, mais ils reconnaissent la présence de Dieu dans l’amour qu’ils vivent et demandent une célébration religieuse. L’Église ne pourrait-elle pas les accompagner vers une célébration non sacramentelle à l’occasion de leur mariage civil ? Le sacrement pourrait venir plus tard, selon leur cheminement.
La foi se transmet-elle ? Des parents expriment leur désarroi : « Nos trois enfants ont suivi fidèlement toute leur catéchèse. Ils ont reçu les sacrements de l’initiation, sont allés régulièrement à la messe en famille, mais l’âge adulte venant, ils ont tous délaissé l’Église. »

> Des souffrances : Les divorcés remariés et leurs conjoints souffrent de se sentir jugés, par l’Église, en état de péché permanent, et d’être exclus des sacrements. Des personnes non directement concernées regrettent également un manque de charité de l’Église à leur égard. D’autres comprennent mal que l’Église refuse le baptême à un catéchumène parce qu’il est marié avec une personne divorcée.

> Des espoirs : Pour les personnes homosexuelles, le désir est d’être acceptées comme elles sont, et d’être intégrées à la vie des communautés chrétiennes : « Nous avons du temps à donner… »

> Des convictions : La famille chrétienne a vocation à être ouverte sur le monde et ne doit pas se replier sur elle-même.

ON AURAIT AIMÉ ÊTRE PLUS RÉACTIFS, MAIS LE DIALOGUE CONTINUE !

Début janvier, une équipe de la Pastorale familiale, réunie autour du Vicaire général, a élaboré la synthèse des contributions reçues et l’a transmise au Service national Famille et Société.
À partir des remontées des diocèses, le vice-président de la Conférence des évêques a rédigé la synthèse nationale et l’a envoyée à Rome, où elle s’est ajoutée aux contributions des autres pays du monde. Le résumé du document national est téléchargeable sur le site de la Pastorale familiale.
C’est une joie de voir que les Églises locales sont interrogées, signe que l’Église universelle est la communion des Églises particulières. L’exercice est nouveau et nous regrettons de ne pas avoir été assez réactifs, pour donner plus largement la parole à tous.  Même si la contribution de notre diocèse a été envoyée, nous vous invitons à continuer l’échange, afin de nous approprier ces questions. Mais attention à ne pas anticiper sur les réponses que donnera le Synode !

Élisabeth et Jean-Marc Bénichou
Responsables de la Pastorale familiale


■■■ Article paru dans la revue diocésaine Église d'Annecy - mai 2014

(1) Synode, Document préparatoire, p. 2 - à télécharger ici
(2) (3) Ibid. (4) Lire le numéro de décembre 2013, p. 5 : « Une consultation élargie ».
(5) Evangelii Gaudium n° 43.
 

Pour aller plus loin : www.eglise.catholique.fr

2014-2015 : le chemin synodal sur la famille

La famille, embrassée comme dans une étreinte idéale, entre le Synode extraordinaire qui aura lieu au mois d’Octobre 2014 et le Synode général qui se tiendra en 2015. Un parcours original qui implique et interpelle toutes les composantes ecclésiales, mais non seulement. Dans le choix de la famille, avec ses défis inédits et ses grandes ressources, l’Église respire à pleins poumons, pour elle-même et pour l’ensemble de l’humanité.  Plus d'info : www.familia.va