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Parole de père, parole de mère

Répétant la conférence qu'il avait donnée à Annecy en mai, le Dr Bernard Duméril, conseiller conjugal et ancien président national du CLER, est intervenu à Annemasse en octobre dernier, sur le thème du rôle des parents dans l'éducation affective et sexuelle de leurs enfants.

Devant un auditoire très attentif (quatre-vingts personnes venues de tout le diocèse, dont une bonne proportion de jeunes parents), le Dr Duméril a introduit le thème, en rappelant les enjeux de l’éducation et « son côté mystérieux ». Le médecin propose une analogie avec… la digestion : les parents donnent le meilleur d’eux-mêmes, de leurs valeurs, et les enfants opèrent le tri de cette « nourriture » : tantôt ils gardent, tantôt ils jettent !
Alors, qu’avons-nous à faire résonner ? Pour le Dr Duméril, un projet éducatif digne de ce nom tient en quatre objectifs-clés : l’éducation à une authentique liberté, l’éducation au discernement, l’éducation au respect réciproque et l’éducation à la confiance en soi.
Ces objectifs sont portés par les deux parents, mais à l’intérieur du couple, chacun a une fonction particulière à remplir. Si les rôles domestiques de l’homme et de la femme peuvent être interchangeables, il n’en est pas de même des fonctions paternelle et maternelle. La parité homme/femme, évolution légitime, ne peut gommer les différences : l’égalité n’est pas l’identique. Il ne peut y avoir de substitution du père par la mère, et inversement.
Dans une famille, il y a une triangulation père-mère-enfant, créatrice de lien social. Le lien entre père et mère est utilisé par l’enfant pour creuser, entre deux personnes différentes, son propre espace de désir et de vie.
Chacun des géniteurs a une identité particulière. Ce qui fait l’identité féminine, c’est la gestation. Porter un enfant et le mettre au monde est source d’émotions sans équivalent : la maternité, long voyage silencieux, ne se partage pas ! Mais le risque, pour la mère, est de s’installer dans une relation fusionnelle avec l’enfant…
Le père, lui, intervient comme « tiers séparateur ». Il exprime à l’enfant que la toute-puissance de la mère est relative. Il aide l’enfant à différencier ce qui est lui est extérieur et ce qui lui est propre. En séparant l’enfant de sa mère, le père l’aide à s’ouvrir au monde et à prendre conscience des réalités. D’où la nécessité que la mère exprime la confiance qu’elle accorde au père.

Dans les familles où un parent manque, suite à un décès ou une séparation, il est important que la mère, ou le père, puisse évoquer le parent absent, en mettant l’accent sur certaines caractéristiques qu’il a aimées chez lui.

Le conférencier a conclu, en invitant les participants à oser une parole pour dire que la différence sexuelle a du sens, qu’il est bon que l’enfant puisse bénéficier de l’amour d’un père et d’une mère, qu’il puisse entendre résonner cette différence de tonalité, structurante pour lui, à chacune des étapes de son développement.
 

 

Élisabeth Bénichou

■■■ L’enregistrement audio de la conférence est disponible auprès de la Pastorale de la famille.