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Pastorale de la famille Pastorale de la famille

Assemblée plénière des évêques de France

Dans un long discours d'introduction, Mgr Georges Pontier, l'archevêque de Marseille et président de la conférence, est longuement revenu sur la famille qui fut au coeur des réflexions du synode extraordinaire du mois dernier au Vatican. Mgr Pontier, qui y a participé, a ainsi rappelé que la réflexion ouverte avec tous les évêques du monde entier se poursuivra jusqu'au prochain synode l'année prochaine. Dans son discours, il a bien sûr rappelé les positions de l'Eglise catholique sur plusieurs points qui sont au coeur de l'actualité française. Les explications de Xavier Sartrep (RV)


L'image de la famille heureuse menacée en France par l'individualisme

 

Mgr Pontier a rappelé un fait : « la famille est la cellule de base de toute vie sociale », que l’Eglise appelle « Eglise domestique ». En France, elle « jouit, d’une image heureuse et le projet d’en fonder une demeure le désir le plus fort ». La France, selon le président de la conférence, est même enviée par beaucoup en Europe pour « ce goût de transmettre la vie à des générations futures, signe d’un bien-être et d’une sagesse éprouvée ». Mais ces aspects positifs ne doivent pas faire oublier les menaces qui planent sur cette famille.

Mgr Pontier a ainsi critiqué cette propension à vouloir instaurer une égalité parfaite entre homme et femme, qui nie « la belle complémentarité porteuse de vie entre l’homme et la femme, inscrite dans la nature même de chaque être humain ». « L’égalité, a-t-il expliqué, est vue comme une absolue neutralité insignifiante ». Il a ainsi fustigé, sans les nommer, les récents projets de programmes éducatifs qui veulent imposer « un modèle unique et néfaste » aux enfants, « sans l’accord des parents ».

Autre critique, celle du mariage pour tous qui a amené « à légiférer comme si on devait imposer à tous ce qui est revendiqué comme utile ou légitime pour quelques-uns ».

Sur la question de la gestation pour autrui, Mgr Pontier a été très clair : c’est considérer « l’enfant comme un quelconque bien de consommation ». « On ne peut pas reconnaître là un progrès humain pour nos sociétés ». Pas question non plus d’approuver la procréation médicalement assistée « pour répondre à la revendication du droit à l’enfant ».

Quant à la fin de vie, Mgr Pontier a rappelé la position de l’Eglise catholique : l’accès aux soins palliatifs doit être rendu possible et effectif. ».

À toutes ces questions, et à d’autres, Mgr Pontier explique que ce sont les « solidarités familiales, nationales, internationales et mondiales qui peuvent seules contribuer à mettre en place les conditions d’une vie toujours plus humaine, plus juste et plus fraternelle ». « Il revient à chaque citoyen de s’ouvrir à la recherche du bien de tous, en commençant par celui des plus défavorisés. »

La construction de la paix

Dans son discours Mgr Pontier est revenu également sur plusieurs dossiers internationaux, notamment l’Ukraine qui le conforte dans sa conviction que « la construction de l’Europe n’est pas seulement un enjeu économique, mais aussi un formidable projet de vie ensemble dans la paix toujours à vouloir, à préserver et à conforter" . Il s’est ainsi réjoui que « le Pape François vienne dans quelques semaines s’adresser à Strasbourg » au Parlement européen et au Conseil de l’Europe.

Concernant la situation des chrétiens au Proche-Orient, les évêques français militent pour que « soit préservé le droit au retour le jour venu pour les populations chassées injustement et cruellement de leurs terres ancestrales ayant enfin retrouvé une sécurité indispensable ». Mgr Pontier en a profité pour saluer la visite en Irak du cardinal Barbarin, de Mgr Dubos et du père Gollnisch, qui s’ajoute à d’autres visites, considérées comme « appréciées et nécessaires ».

Mgr Pontier a salué également les musulmans français qui ont dénoncé les crimes commis par Daech. « Nous voulons poursuivre dans un esprit de responsabilité, de dialogue, de respect, nos relations avec nos compatriotes musulmans. C’est la seule voie qui nous est offerte pour une vie ensemble souhaitée par le plus grand nombre. »