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Familles face aux extrémismes

Peut-on prévenir ce risque d’embrigadement ? Quels sont les signes inquiétants ? Comment réagir face à un jeune ou un proche qui se radicalise ? Quels peuvent être les rôles et les responsabilités des institutions, des responsables religieux, et des familles ? Lors de la conférence organisée, par la Maison de la famille et le Sédifor, le 12 mai dernier, Jean-Marie Petitcler a donné des clefs de compréhension de ce phénomène et ouvert des perspectives. Résumé...

Dans notre pays, des personnes, jeunes adolescents, adultes, parfois même en famille,  font le choix de s’engager dans des mouvances nihilistes, qui bafouent toutes les valeurs élémentaires, à commencer par la valeur de la vie, la sienne et celle d ‘autrui . C’est un phénomène d’une gravité inédite et déconcertante. Qu’est ce qui peut conduire des personnes à cette forme d’engagement mortifère ?

Deux sources d’inspiration

L’expérience. Quarante ans de présence en zone sensible, au cours desquels il a assisté à une dégradation du « Vivre ensemble ». Un constat : « La politique de la ville (43 Milliards d’euros investis surtout dans la rénovation urbaine) n’a pas réussi à enrayer le phénomène de ghettoïsation des quartiers. Les indicateurs sont toujours au rouge : échec scolaire, chômage. »  
Don Bosco. Nos prisons sont les principaux foyers de radicalisation. « Ah si ces jeunes avaient pu rencontrer, avant d’en arriver là, quelqu’un qui sut se rendre attentif à leurs difficultés ! »

Prévenir ce phénomène de radicalisation (ou plutôt de sectarisation) qui met en danger le « Vivre ensemble » est un enjeu pour nos familles et nos institutions. 

Comprendre pour prévenir. Deux éléments sont à prendre en compte : l’évolution de l’exclusion sociale et l’évolution de la pratique religieuse. Des musulmans qui se radicalisent ou des radicalisés qui s’islamisent ?

La propagande diffusée par DAECH touche différentes catégories.

Jeunes radicalisés en prison. En France, le parcours des terroristes va de la délinquance à la radicalisation, passer du statut de salaud au statut de héros.

Jeunes issus des territoires des anciennes colonies, au chômage, sans perspectives d’avenir. Immense déception. Sentiment de haine. DAECH surfe sur ce sentiment de haine.
Dans tous les milieux, jeunes marqués par une crise d’identité, confrontés à une société qui ne leur permet pas d’envisager un avenir à la hauteur de leur rêve (engagement dans un combat humanitaire, romantisme).
Jeunes addicts aux jeux videos violents. « Le drame des jeux videos à trop haute dose, c’est qu’ils estompent la frontière entre le virtuel et le réel. Dans le virtuel, il n’y a pas de souffrance. »

Rôle important joué par internet.

Un processus de sectarisation en cinq étapes  :

Création d’un « Nous ». Une relation forte est nouée avec la victime, soit dans le réel, soit par internet. Le jeune se sent conforté, valorisé, au sein d’un petit noyau très fusionnel.
Création d’un « Eux », les mécréants, ceux qui ne partagent pas notre foi. Opposer le « Nous » et le « Eux ».
Déshumaniser le « Eux ».
Le « Eux » est présenté comme menaçant pour le « Nous ».
Prendre les armes pour répondre à cette menace du « Eux » qui va détruire le « Nous ».

Il y a d’abord, un embrigadement relationnel suivi d’un endoctrinement idéologique.

Prévenir la sectarisation, c’est prévenir ce moment de dissociation entre le « Nous » et le « Eux ». En famille, être attentif à tous les signes de repli du jeune qui va commencer par déserter ses relations familières ou ses activités. La prévention est l’affaire de tous. Rôle de l’école. Si on évacue la question de Dieu de l’école, les jeunes n’ont aucun espace pour échanger, porter un un regard critique, sur les questions de foi qui les habitent.

Éduquer à la fraternité. Une urgence pour prévenir la radicalisation. La fraternité : une valeur universelle, présente aussi bien dans la République que chez les chrétiens ou les musulmans. La fraternité, c’est faire l’expérience de la similitude et de la différence. Là où notre république est en difficulté, c’est au nom de quoi demander la fraternité ? Comment fonder la fraternité en dehors de sa référence à un Père commun ? Pour les chrétiens, la fraternité se comprend dans une équation : Dire « Dieu est Père » =  Vivre en frères. Retourner à la source de la fraternité.

Éduquer à la fraternité. Comment ?

Découvrir la différence comme une source d’enrichissement. La différence peut faire peur. Si on prend la peine de se connaître, la peur disparaît. On a peur quand on n’est pas capable d’anticiper la réaction de l’autre. Importance des familles ouvertes sur les autres.
Éduquer au respect.
Apprendre à gérer les conflits sans avoir recours à la violence. Ça s’apprend !

Des CD gravés de la conférence + le débat qui a suivi, sont à disposition sur commande auprès de la pastorale familiale : familles@diocese-annecy.fr. Prix d’envoi  : 7 € .