Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Pastorale de la famille Pastorale de la famille

Divorcés-remariés : la position de l'Église

Expliquer la position de l'Eglise... La tâche est difficile pour ne pas tomber dans la caricature. Mais, force est de constater, à lire tous les documents de Rome, qu'il faut souffler le chaud et le froid.

 

1. Les divorcés remariés baptisés se trouvent dans une situation objectivement contraire à l'indissolubilité du mariage.

C'est le point clé de tout l'édifice doctrinal de l’Église catholique. Puisque le sacrement du mariage noue entre les fiancés un lien à l'image de celui qui unit le Christ à son Église, difficile de concevoir que ce lien puisse être rompu ! Cet argument repose notamment sur cette phrase de saint Paul : Comme dit l'Écriture : "A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église" (Lettre aux Éphésiens, chapitre 5, versets 31 et 32).

Jésus cite ce même passage de l’Écriture - il s'agit du récit de la création de l'homme et de la femme dans le livre de la Genèse (Gn 2, 24). A des Pharisiens qui lui demandent si un homme peut renvoyer sa femme pour n'importe quel motif, il leur répond : "N'avez-vous pas lu l'Écriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme, et il leur dit : "Voilà pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un." A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas !" (Mt 19, 1-6).

Avec cette dernière phrase, tout semble être dit. Et pourtant...

2. Les divorcés remariés sont membres du Peuple de Dieu : ils ne sont pas excommuniés.

Ce deuxième point est capital tant il est encore répandu dans l'opinion que les divorcés sont ipso facto excommuniés, c'est-à-dire jetés hors de l’Église ! Il est vrai que jadis l’Église n'était pas tendre avec les divorcés : pas de sépulture, pas de baptême pour les enfants issus d'un remariage, etc.

Autrement dit, l’Église insiste beaucoup, pour que rien ne puisse être dit ou être fait pour donner à penser aux chrétiens divorcés qu'ils ne font plus partie du Peuple de Dieu. Il suffit de se rappeler cette phrase de Jean-Paul II à Sainte-Anne d'Auray en 1996 : "L’Église a aussi le souci de ceux qui sont séparés, divorcés et divorcés remariés. Ils restent membres de la communauté chrétienne".

3. En raison de leur situation objective, les divorcés remariés ne peuvent être admis à la communion.

L'affaire se complique immédiatement avec la participation des divorcés remariés à l'eucharistie. Ils peuvent bien évidemment célébrer le Seigneur avec tous les fidèles... mais sans communier. Pourquoi une telle interdiction ? Elle est inévitable compte tenu du premier point mentionné ci-dessus. Plusieurs évêques, notamment en France et en Allemagne, essaieront de contourner cet obstacle. Le cardinal Ratzinger les rappellera à l'ordre dans une lettre qu'il adressait à tous les évêques en 1994 : "Face aux nouvelles solutions pastorales... cette Congrégation juge donc qu'elle a le devoir de rappeler la doctrine et la discipline de l’Église à ce sujet. Celle-ci, fidèle à la parole de Jésus-Christ, affirme qu'elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le mariage précédent l'était. Si les divorcés se sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu et, dès lors, ils ne peuvent pas accéder la Communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation". Et le cardinal poursuit : "Ceci ne signifie pas que l’Église n'ait pas à cœur la situation de ces fidèles, qui, du reste, ne sont en rien exclus de la communion ecclésiale. Elle se préoccupe de les accompagner pastoralement et de les inviter à participer à la vie ecclésiale dans la mesure où cela est compatible avec les dispositions du droit divin, dont l’Église ne dispose d'aucun pouvoir de dispense."

Cette dernière phrase est assez délicate à interpréter. Certains y verront, par exemple, une invitation à interdire à une femme divorcée remariée de faire une lecture à la messe. D'autres, au contraire, n'hésiteront pas à le proposer, ne voyant en cela aucun problème de compatibilité avec "le droit divin". Interprétation floue qui ne peut que renforcer le malaise ambiant.

Suorce Croire.com - Octobre 2002