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Jeunes du diocèse d'Annecy Jeunes du diocèse d'Annecy

Assise 2014 : « c'est en s'oubliant qu'on se retrouve »

« Partir, c'est se laisser conduire ». C'est sur ces mots du père Evêque que nous commençons notre voyage en direction d'Assise. Je ne sais pas si Mgr Boivineau voulait faire de l'humour noir évoquant le long – très long – voyage en car qui nous attendait ou simplement nous demandait de faire confiance aux organisateurs du pélé ou encore nous invitait à remettre dans les mains de Dieu ce que nous allions vivre pendant ces six jours, et à nous laisser porter par la grâce de l'Esprit Saint.

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Ce pélé à Assise, je l’attendais déjà depuis de long mois avec l’envie de vivre quelque chose pour moi après plusieurs années d’engagements à Lyon pour le CCU (Centre Chrétien Universitaire) et ma paroisse d’adoption. C’était également l’occasion de faire un peu le point sur ma vie d’étudiant, ma foi … Partir pour une petite parenthèse à la découverte de Saint François et Sainte Claire. Malgré tous les doutes que j’ai pu avoir au fil des mois et le soir du départ, j’ai vécu un pèlerinage magnifique et au-delà de mes espérances.
A vous, les jeunes du diocèse je voudrais donc partager un peu de cette expérience. Je me refuse de vous faire un compte rendu jour par jour qui serait fastidieux tant pour vous que pour moi. Je vous propose, donc quelques points qui m’ont marqué au cours de ce séjour à Assise. J’espère ainsi que vous serez dégouttés de ne pas être venus pourrez percevoir la beauté de ces moments privilégiés vécus avec d’autres jeunes, et que vous oserez, à votre tour, vivre cette expérience.

Communion dans la douleur


Dimanche matin, après un long voyage, nous apercevons enfin Assise au loin. Le père Vincent, prend la parole pour nous annoncer que nous allons finir le voyage à pied…soit cinq kilomètres, après une nuit désastreuse en car. Je maudis l’organisation !
Il fait une chaleur d’enfer, et la ville d’Assise est assez accidentée : je transpire à grosse gouttes, je rumine, j’ai soif, je crois que j’ai déjà une ampoule aux pieds, j’ai chaud, je voudrais une piscine, je me demande pourquoi je ne suis pas allé au bord de la mer et où sont les bars, je prie pour qu’on me donne un fût de bière, je laisse des instructions pour ma sépulture, je me dis que j’aurais mieux fait de faire un régime,…
Ceux de devant sont pressés, ceux de derrière n’arrive pas à suivre… On n’est pas d’accord sur le tempo et ça fait des remous aux avants et aux arrières postes. Quelques éclats de voix pour demander aux premiers de clamer le rythme, quelques encouragements aux derniers pour qu’ils forcent le pas. Peu à peu les uns ralentissent, les autres accélèrent ; on sent que le groupe se resserre : premier instant de communion entre nous… Nous marchons ensemble sur le chemin. J’oublie alors un peu mes petits problèmes et je marche au milieu de mes frères : première conversion pour moi dans ce pèlerinage !

Rencontre avec Saint François et Sainte Claire


Je ne connaissais pas grand-chose des deux patrons de la ville d’Assise et je voulais donc profiter de ce pèlerinage pour m’instruire. A travers la visite de la ville on découvre les innombrables églises qui jalonnent notre chemin. Certaines sont d’une grande beauté avec des fresques relatant la vie de François et Claire et d’autres la vie du Christ. L’œuvre de grands peintres parfois altérées par le temps et les tremblements de terre mais tout reste majestueux, grandiose.
Pourtant la première que nous visiterons sera une petite église sans prétention, cachée dans les ruelles d’Assise. Un seul vestige de peinture, pas de décoration si ce n’est une statue de San Stefano, patron de l’édifice. Un beau silence habite cette église qui est à mes yeux au plus proche de l’esprit franciscain.
En choisissant la pauvreté, François et Claire adoptent un esprit révolutionnaire pour l’époque. Ils cassent les barrières sociales, les divisions entre bourgeois, nobles, le petit peuple,… La simplicité de la prédication de Saint François nous rappelle que la foi n’est pas une accumulation de savoirs mais une relation humble avec Dieu. « Heureux les pauvre de cœur, le Royaume des cieux est à eux ». Et moi, est-ce que je cherche à être un pauvre de cœur, à me dépouiller du superficiel et entrer dans une relation vraie avec le Seigneur ? La vie des deux « assisani » nous renvoie à nos propres faiblesses.

Devant le tombeau de Saint François, on reste sans voix : d’abord parce qu’il est écrit « silencio » tous les deux mètres et que des frères franciscains se chargent de vous le rappeler si vous ne l’aviez pas remarqué, mais aussi parce qu’on est frappé par la pierre brute (c’est une image) qui garde son corps : encore cette simplicité. Et comment comprendre que cette sépulture qui abrite un petit bonhomme qui a vécu il y a près de 800 ans voit défiler des milliers de personnes chaque jour. Il n’a rien de commun avec notre société moderne, vivait dans une toute autre réalité, et pourtant on se sent proche de lui. On aurait envie de le voir surgir au coin de la rue pour qu’il vienne nous parler de la joie de l’Evangile !

Je veux être libre


« Qu’est ce qui te rend heureux ? », voici la question que Eleonora, une jeune italienne nous laisse. Engagée dans une fraternité franciscaine, elle a l’habitude de porter le nom de Jésus, et la Parole de Dieu en boite de nuit (Non ce n’est pas une blague quoique je ne sais pas si c’est juste un prétexte pour aller danser).
Réfléchissants sur le thème de la liberté pendant ce pélé, c’est surtout pour nous l’occasion de nous demander comment l’exercer dans nos vies. En lycée, en étude, ou au travail, nous sommes tous amenés à faire de nombreux choix qui auront un impact important dans nos vies. Là est notre liberté. Mais discerner, c’est surtout être amené à faire le choix qui nous rendra heureux.
Un frère franciscain, nous invite à ne pas avoir peur de demander à Dieu de nous aider et d’apprendre à écouter ses réponses. Il n’est jamais facile de prendre une décision qui soit source de joie pour nous-même mais aussi pour ceux qui nous entourent. Faire des choix en étant créateur de bonheur, voilà notre vocation à tous. Nous y parvenons, si nous acceptons de mettre Dieu au centre de nos vies.

S’il n’y avait qu’une chose à retenir…


S’il n’y avait qu’une chose à retenir de ce pèlerinage, ce serait … les centaines de visages croisés pendant cette petite semaine.
D’abord les jeunes qui participaient au pélé, quel que soit leur âge, qui ont su rendre agréable le séjour par leurs sourires, leurs motivations, leur fraternité. Je garderais en souvenir de bons moments passés avec ma petite équipe de majeurs baptisée « les limoncello » (Non nous n’avons pas passés nos journées au bar) : la vie sous tente, les éclats de rire, un sketch mémorable, … le bonheur d’être ensemble tout simplement. Ensuite nos animateurs, prêtres, organisateurs qui ont su être à notre écoute pour nous faire vivre un pélé de qualité.
Mais aussi tous ces personnes croisées au gré de notre périple….

Cette petite sœur franciscaine que nous avions interpellée dans la rue et qui a passé une demi-heure à répondre à nos questions avec patience et générosité. Elle nous a offert un peu de son temps en toute simplicité et humilité. Les frères franciscains qui nous ont fait visiter la ville et apporter des lumières sur la pensée franciscaine et ce que voulais dire « suivre le Christ ». La sœur Thérèse Myriam, clarisse qui nous a témoigné de la joie de sa vocation.
Et les autres : la vendeuse de glaces, un artisan ébéniste sur le bois d’olivier m’expliquant son travail avec amour, cet italien qui a bien voulu prendre une photo de notre groupe, un couple de bretons ayant de la famille à côté de chez moi, ces petits scouts agenouillés devant le crucifix de San Damiano, ces gens qui nous regardait depuis leurs fenêtres quand nous traversions la ville en chantant…

Vivre un pélé


Si je devais dire tout ce que j’avais vécu pendant ce pélé à Assise il me faudrait encore trois cents pages et cela resterait incomplet.
On a vécu des choses fortes tous ensemble, il y a eu des rires, des larmes, des bobos, de la fatigue, des disputes, … des moments de vie à la fois ordinaire et extraordinaire quand on sait que quelques jours plutôt on ne se connaissait pas, on ne soupçonnait même pas l’existence de la plupart de ceux qui nous entouraient.
Sur le chemin, on oublie ses petits problèmes du quotidien, on se tourne vers l’autre. On forme un corps. Comme des frères et des sœurs, nous vivons une véritable communion. La relation fraternelle qui permet de revenir à l’essentiel car comme le dit François « c’est en s’oubliant qu’on se retrouve »

Mais le pèlerinage continue puisqu’il n’était qu’une mise en marche et il nous faut poursuivre la route. Si nous avons fait acte de conversion un tant soit peu, il nous appartient de continuer à faire vivre en nous ce changement. Soyons frères, vivons la fraternité… Continuons le chemin qui passera par Diaconia 2014 le 18 octobre prochain mais bien au-delà.

Toi aussi, n’aies pas peur. Lance-toi, pousse la porte et viens vivre une expérience fraternelle pour ton bonheur mais aussi parce que nous avons besoin de gens comme toi pour continuer la route en Eglise. Tu es l’avenir de l’Eglise.

Antoine Chardon

 

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