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«La presse paroissiale va là où l'Église ne va pas»

Françoise David Vice-présidente de l'AEPP insiste sur la force de proximité de journaux qui entendent poursuivre leur effort de modernisation.

Quel est l'objectif de votre association l'AEPP ?
Françoise David : L'AEPP veut d'abord regrouper les journaux paroissiaux. Les 400 équipes de rédaction, soit 2000 bénévoles, sont mandatées par le conseil paroissial mais restent assez isolées dans leur travail. À l'AEPP, elles peuvent se rencontrer, aider des journaux qui sont en train de se créer ou qui sont en difficulté, mais aussi trouver des moyens pour étoffer les réseaux de diffuseurs, qui sont la cheville ouvrière de la presse paroissiale.

Cela signifie-t-il qu'elle ne pourrait pas fonctionner sans eux ?
Absolument ! Nos titres sont tous déposés directement et gratuitement chez l'habitant, par des personnes très peu connues dans la paroisse. Il y a encore dix ans, les paroissiens réguliers diffusaient les journaux. Aujourd'hui, ce sont plutôt des « sympathisants » qui s'en chargent, suivant l'intuition de Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, qui déclarait il y a quelques années que l'Église devait aller vers les gens car ils ne viennent plus à elle. Aujourd'hui, ce réseau de diffuseurs montre un visage de l'Église beaucoup plus diversifié.

Comment les journaux paroissiaux sont-ils financés ?
Créer un journal, c'est un vrai choix pastoral pour une paroisse : ici, pas question d'équilibre financier ! Les titres ne sont en aucun cas financés par les diocèses : un tiers des fonds vient de la publicité et il y a un appel aux dons une fois par an dans la paroisse. Par exemple, pour « Visages d'agglo » à Grenoble, qui sort quatre fois par an et dont je suis la rédactrice en chef, la collecte de l'an dernier a permis de financer une édition complète du journal ! Ces donateurs ne sont pas connus par le denier de l'Église : la presse paroissiale va là où l'Église ne va pas.

Avec de petits budgets, comment la presse paroissiale peut-elle rester attractive ?
En restant la plus proche possible des spécificités locales ! Nous avons beau être bénévoles, nous connaissons nos territoires. Notre assemblée générale a montré que nous entendions bien poursuivre nos efforts : moderniser les maquettes, diversifier les approches sur un même sujet en évitant les comptes rendus ennuyeux, privilégier les témoignages. Nous devons parler du monde avec un regard chrétien. Ne pas être neutres, mais donner des critères pour que les lecteurs se repèrent, sur des sujets qui dépassent largement la vie interne de l'Église.

« Nous devons parler du monde avec un regard chrétien. Ne pas être neutres, mais
donner des critères pour que les lecteurs se repèrent »


Recueilli par Anna LATRON - Journal LaCroix

Interview en date du  20/10/09