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Voyage « Majik »

Partir et tout quitter pour rencontrer ailleurs d’autres gens et un autre monde... Un couple de la vallée témoigne
Article journal Le Mont Blanc Chamonix

En avril 2010, nous quittons vingt-huit ans de vie familiale et professionnelle dans la vallée de Chamonix.

Chaque objet, chaque meuble, fait l’objet d’un tri : soit à garder, soit à donner, soit à jeter. Puis nous rangeons vingt-cinq ans de vie dans un grenier ; trente-deux cartons et deux malles ; nous invitons ensuite nos proches pour qu’ils choisissent un petit peu de notre passé. Avec nos deux enfants, nous vidons l’appartement car les locataires arrivent bientôt !

Nous avons acheté un voilier assez confortable, qui s’appelle « Good Life », et qui devient notre maison pour commencer par un tour de Méditerranée.

En 2010, nous visitons la Corse, la Sardaigne, la Sicile, les îles Ioniennes. En 2011, les Cyclades le Dodécanèse, Rhodes, la côte turque, Chypre, puis le Liban et enfin Israël à Ashkelon, où notre bateau est à quai après dix-huit mois de navigation. Le printemps arabe nous coupe hélas la route, et par ailleurs il semble alors que cette vie serait mieux remplie si elle nous permettait d’aider les autres.

Nous revenons par Malte et les côtes de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, et en 2012, nous voilà au Sénégal avec une ONG solidaire des populations des îles du Siné Saloum, où nous nous engageons avec notre voilier dans des missions médicales et techniques auprès des populations isolées.

Le bonheur de la rencontre, le plaisir de la découverte sont au rendez-vous avec le choc des cultures !

En 2013, le hasard du voyage nous amène à Tambacounda, non loin de la frontière malienne où nous faisons connaissance avec un orphelinat de vingt-quatre enfants au coeur d’un quartier pauvre. Avec une ONG bien implantée, nous montons un programme d’aide. Six missions de deux bénévoles de la vallée de l’Arve se succèdent pendant la saison sèche pour prêter mainforte et former les nourrices, une volontaire de Servoz reste sur place quatre mois pour coordonner l’action. Les enfants sont ravis, les nourrices apprécient, mais la direction rompt avec l’ONG car elle ne peut fournir aucun bilan, ni comptabilité.

Malgré nos tentatives, la conciliation n’est pas possible !

 L’expérience a été forte et riche mais la déception est à la hauteur de notre enthousiasme de départ. À l’heure où j’écris, nous avons régulièrement de bonnes nouvelles des enfants. Notre voilier au mouillage a bien souffert de ces seize mois en Afrique durant la saison des pluies et, pour le remettre en état, nous manquons cruellement des matériaux adaptés ; on se débrouille avec les moyens du bord, étanchéité au goudron et soudures maison

Le 1er novembre 2013, nous parvenons à quitter Banjul en Gambie pour les îles du Cap Vert.

 « La terre est ma patrie et l’humanité ma famille. » (Khalil Gibran)

Marc et Janik