Les Assises nationales de la famille
A la demande du Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France, des Assises de la Famille se tiendront au cours de l’année 2011. Ces assises reposent sur la conviction que, dans la complexité du monde moderne, la puissance et l’inventivité de l’amour permettent aux familles de continuer à élaborer un art de vivre au bénéfice de tous.
Conférence des Evêques de France - Conseil et Service national Famille et Société
LES ASSISES DE LA FAMILLE - FAMILLES : UN ART DE VIVRE
Les enjeux et les thèmes
1. La famille peut paraître fragilisée mais tous les sondages confirment qu’elle correspond à une aspiration fondamentale de l’homme et, notamment, des jeunes. Toutefois, la confiance de pouvoir inscrire les liens de famille dans le temps fait défaut. Un premier enjeu sera donc de décrypter le scepticisme ambiant pour en dégager une vision réaliste des forces et faiblesses des familles aujourd’hui, en évitant toute représentation trop exclusivement normative ou idéalisée.
2. Il s’agit ensuite de se pencher sur ce qu’est une famille aujourd’hui. La famille est créatrice de liens multiples : conjugalité, parenté/parentalité, fraternité, inter-génération. Ces différents liens sont soumis à des tensions et ne se construisent pas sans conflits, sans violence. Le lien conjugal est mis au défi de garder le désir de vieillir ensemble. Le lien de parenté ou de parentalité doit trouver les moyens d’affirmer son autorité dans le rôle éducatif. Le lien de fraternité pose la question de la place de chacun dans la famille. L’enjeu est ici de voir le rôle de la famille dans la construction de chaque personne.
3. L’individualisation des trajectoires mérite une attention particulière. Elle a des conséquences positives sur la situation de la femme dans la société et sur les relations entre les générations. En revanche, faire famille ne va plus de soi. Un troisième enjeu consiste donc à voir comment la famille peut articuler les aspirations personnelles et les projets communs.
4. La force de la famille réside dans ce qui peut être appelé « ses compétences cachées ». Elle est le lieu par excellence des relations non-fonctionnelles, c’est-à-dire les relations qui ne dépendent pas d’une performance ou d’une prestation, des relations qui laissent la place à la gratuité, au don, à la joie, à la beauté. C’est un lieu de solidarité et de partage, de pardon et de réconciliation, d’accompagnement des moments de passage, de résilience devant les accidents de la vie, d’apprentissage des vertus. Un quatrième enjeu sera de faire émerger ce que la famille apporte ainsi aux personnes et à la société.
5. Ce travail de socialisation qu’opèrent les familles justifie qu’elles fassent l’objet d’une attention particulière, aussi bien de la part des pouvoirs politiques, de la société civile que des communautés chrétiennes. La société doit pouvoir dire ce qu’elle attend des familles, leur faire prendre conscience de leur rôle social et valoriser ceux qui s’y consacrent. Au-delà, un soutien particulier est nécessaire pour les souffrances liées aux accidents de la vie, le grand âge, le handicap, etc. Les communautés chrétiennes ont à renforcer la confiance des familles dans leurs compétences cachées, tout en reconnaissant leurs limites. L’enjeu sera de proposer des mesures et des initiatives qui peuvent aider les familles aujourd’hui.
6. Enfin, pour les croyants, les familles, avec leurs joies et leurs peines, sont les témoins de l’amour, du pardon et de la réconciliation, de la mort et de la résurrection qui s’opèrent dans la vie de chacun. Une relecture chrétienne des échecs et des ruptures est possible. Les familles sont comme un lieu privilégié pour découvrir ce que « aimer » veut dire. Un dernier enjeu sera donc de montrer l’interaction entre la vie de famille et notre foi qui se nourrissent mutuellement.

Les objectifs
• Prendre acte des situations et des changements intervenus dans la société, ouvrir des chemins d’espérance qui permettent de se construire en sujets libres et responsables.
• Dire la bonne nouvelle chrétienne de la famille en des termes qui puissent favoriser un vrai dialogue avec la culture contemporaine.
• Elaborer des propositions tant pour une politique familiale que pour une pastorale des familles.
Les événements
Les assises ont été lancées officiellement à l’assemblée plénière de novembre 2010.
Un blog sera ouvert. Alimenté régulièrement par des billets, il est destiné à recueillir les questions et les observations de tous.
Préparée par des auditions de personnalités du monde économique, politique et social en juin, en septembre et en octobre 2010, une série de colloques jalonnera ces assises :
• Lille, le 26 mars 2011, autour du rôle social de la famille, premier lieu de solidarité.
• Strasbourg, le 14 mai 2011, autour de la mission éducative de la famille.
• Paris clôturera cette série avec un grand colloque à la Cité internationale universitaire, les 1er et 2 octobre 2011. Une messe sera célébrée à Notre Dame le samedi 1er à 18h30.
Un certain nombre d’initiatives sont déjà prises ou seront prises localement dans plusieurs diocèses (journées diocésaines, fêtes de la famille, rencontres, temps de prière, etc.) ou par diverses institutions (Session du CERAS Famille cherche société, 14-17 février 2011 ; Colloque œcuménique à l’Institut catholique de Paris, 1er-3 mars 2011 ; etc.).
La rencontre nationale annuelle des délégués diocésains à la Pastorale familiale sera consacrée à une lecture chrétienne des évolutions actuelles dans les familles.
Les assises se termineront par un dimanche des familles, le 9 octobre 2011, qui sera organisé en collaboration avec la Confédération nationale des Associations familiales catholiques, et par un pèlerinage des familles qui sera proposé par les Sanctuaires de Lourdes du 28 au 30 octobre 2011.
« Le mariage et la famille constituent l’un des biens les plus précieux de l’humanité. L’Eglise veut faire entendre sa voix et offrir son aide à ceux qui, connaissant déjà la valeur du mariage et de la famille, cherchent à la vivre fidèlement, à ceux qui, plongés dans l’incertitude et l’anxiété, sont à la recherche de la vérité, et à ceux qui sont injustement empêchés de vivre librement leur projet familial. Apportant son soutien aux premiers, sa lumière aux deuxièmes et son secours aux autres, l’Eglise se met au service de tout homme soucieux du sort du mariage et de la famille « (Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio 1, 22 novembre 1981).
Jean-Charles Descubes, Archevêque de Rouen, Président du Conseil Famille et Société
Monique Baujard, Directrice du Service national Famille et Société
Anne Lannegrace, Directrice adjointe du Service national Famille et Société, Département de la Famille
Juin 2010
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Adresse
- Maison du diocèse-La Puya
- 4 avenue de la Visitation
- 74004 Annecy
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Elisabeth et Jean-Marc Bénichou
- Délégués diocésains
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- Pastorale de la famille
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