Le Père Jacques RAVANEL a rejoint la maison du Père
12 octobre 2011Le Père Jacques Ravanel est décédé le 12 octobre, au Foyer de Charité la Flatière (aux Houches) dans la vallée de Chamonix à l'âge de 88 ans, après 63 année de ministère.
Le Père Ravanel est né le 12 Juin 1923 à Chamonix, il a été ordonné prêtre le 27 mars 1948 en l'église Saint-Joseph des Carmes à Paris. Professeur de théologie au grand séminaire d'Annecy puis nommé directeur le 21 septembre 1950.
Mais c’est la rencontre avec deux anciennes cheftaines de guides, qui accueillaient, dans un chalet au-dessus des Houches, des enfants confiés par la Protection Judiciaire, qui allait donner un cours nouveau à sa vie.
Le père Ravanel participe à la fondation du foyer de Charité de la Flatière à partir de 1955, la première retraite s'y déroulera en 1957, le centre de l'époque sera reconnu comme Foyer de Charité en 1961 par Mgr Cesbron.
Responsable du Foyer à partir de 1962, il succède en 1986 au père Finet (fondateur des Foyers) comme responsable mondial des Foyers de Charité, jusqu'en 2000 ; il sera relayé cette même année à La Flatière par le Père Jean-François Huë, tout en continuant d’y prêcher des retraites.
L'Oeuvre des Foyers de Charité est née à l'initiative de Marthe Robin.
Actuellement, il y a plus de 70 Foyers de Charité à travers le monde. En 1986 l'Église catholique, par le Conseil Pontifical pour les Laïcs a reconnu les Foyers de Charité comme Oeuvre d'Église de caractère international. L'approbation définitive des Statuts de l'Oeuvre a été décrétée le 8 décembre 1999.
Le père Ravanel a bien connu Marthe Robin et son père spirituel, le père Georges Finet. Il beaucoup reçu d'eux. À partir de sa rencontre avec Marthe Robin, de ses échanges avec elle et de la lecture de ses carnets jamais publiés, le père Ravanel retrace la vie de la célèbre mystique de Châteauneuf-de-Galaure, dans un très bel ouvrage intitulé Le secret de Marthe Robin : paroles inédites. Il offre à travers cet ouvrage de découvrir ce coeur à coeur avec le Seigneur tout à la fois rempli de douleur et de joie, de souffrance et de paix. Un portrait lumineux.
On doit au père Jacques Ravanel de nombreux livres, en autre :
- A la découverte du Dieu amour - Presses De La Renaissance - 27/01/2004
- Marie - De Coeur À Coeur - Presses De La Renaissance - 11/05/2006
- Le secret de Marthe Robin. Paroles inédites - Presses De La Renaissance - 07/02/2008
Tout savoir sur le foyer de Charité de la Flatière >>>> www..flatiere.fr
A lire aussi
Le portrait du P. Ravanel par Jean-François Cullafroz dans Église d’Annecy n° 21 d’octobre 2006.
Le Père Jacques Ravanel est à l’origine du Foyer de charité de La Flatière. Durant quarante-trois ans, il en a été la cheville ouvrière spirituelle, avant de passer la main au Père Jean-François Hüe.
Natif de Chamonix, durant la guerre il part faire ses études de théologie à Paris, puis rentre en Haute-Savoie après avoir été ordonné prêtre. En 1955, il fait, aux Houches, la rencontre providentielle de deux anciennes cheftaines de guides*, suivie d’une visite, non moins décisive, à Marthe Robin…
La Flatière, ou la voie de la charité
Jeune séminariste durant la guerre, j’étais habité par la volonté missionnaire qui a présidé au lancement de la Mission de Paris et de la Mission de France. Revenu à Annecy en 1948, j’ai eu la chance de rencontrer Marie-Thérèse Isnard, une Lyonnaise, et une de ses amies parisiennes, Hélène Villers. Anciennes cheftaines de guides, elles accueillaient des enfants confiés par la Protection judiciaire de la jeunesse dans un chalet à Coupeau, au-dessus des Houches. Elles étaient allées en retraite à Châteauneuf-de-Galaure et m’ont incité à m’y rendre, pour rencontrer Marthe Robin.
A Châteauneuf, j’ai été reçu par le Père Georges Finet qui m’a conduit vers Marthe. L’accueil de cette dernière fut à la fois très profond et prudent. C’était en septembre 1955 : il existait déjà quatre ou cinq foyers à l’époque, mais l’expérience mystique que vivait Marthe Robin était inhabituelle, et l’Église était réservée.
Une semaine avant notre rencontre, lors d’une de ses «Passions», le Seigneur avait fait comprendre à Marthe qu’un nouveau foyer allait naître et que des prêtres allaient venir. Marthe m’a dit qu’il était souhaitable qu’il y ait un foyer à La Flatière. Ce qui fut fait en juillet 1957.
La spiritualité des Foyers de charité est caractérisée par un esprit de famille, où prêtres et laïcs vivent ensemble le sacerdoce des fidèles et celui des prêtres, en communion dans l’unique sacerdoce du Christ. Cette intuition de Marthe Robin a inspiré Vatican II (cf. LG n°10). Elle a aussi guidé nombre de personnes qui sont venus la voir : initiateurs de communautés nouvelles, fondateurs des Petits frères de Foucauld, du mouvement du Nid, ou animateurs de la Mission de France.
Ce que proposent les Foyers, c’est une nourriture spirituelle pour des chrétiens qui ont ensuite à témoigner de la place du Christ dans leur vie. C’est dans cette démarche que je me suis situé en aidant au démarrage du Mouvement des cadres chrétiens et des Équipes Notre-Dame, ou encore en prêchant des retraites aux membres de l’Action catholique, aux fiancés réunis par les CPM, ou aux bénévoles de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes. Le mot de «charité» que portent nos foyers prend ainsi tout son sens. Cette charité dont a parlé le pape Benoît XVI dans son encyclique Dieu est amour.
C’est ce même souci missionnaire qui anime aujourd’hui notre attention envers les jeunes. Par le passé, nous organisions des retraites pour les 18-30 ans. Depuis 2000, mon successeur, le Père Jean-François Hüe, professeur de théologie et ancien aumônier scout, a renforcé cette dynamique d’évangélisation en accueillant des adolescents, collégiens et lycéens. Comme aux premiers temps de Châteauneuf-de-Galaure en 1936, quand Marthe Robin a créé l’école et réuni des enfants pour la prière.
Propos recueillis par Jean-François Cullafroz
■■■ (*) Lire aussi, dans La Page de Saint-André de juillet 2006, l’article «La Flatière, un site providentiel».

