Élections : un vote pour quelle société ?
13 janvier 2012En prélude au lancement de la campagne électorale, Elena Lasida a animé une soirée conférence-débat ce jeudi 12 janvier à Cornier. Une assistance nombreuse a répondu a l'invitation de Mgr Yves Boivineau : plusieurs maires (dont ceux de la Roche-sur-Foron et Cornier) et le député Martial Saddier.
Elena LASIDA, économiste et théologienne, est maitre de conférence à l’Institut Catholique de Paris. Elle a passé un master d’économie solidaire. Elle travaille à Justice et Paix (dont Mgr BOIVINEAU vient d’être nommé Président) pour faire entendre les grands débats de notre temps. Elle veut redonner au monde le goût de l’autre et que le pauvre ne soit pas considéré comme un assisté, mais comme une ressource, même au point de vue économique.
Elle ne se considère pas comme une femme politique, mais comme une femme de frontière :
Au point de vue géographique :
Originaire de l’Uruguay, elle a la nationalité italienne et réside à Paris. Elle représente la frontière entre le Sud et le Nord (source de tensions permanentes)
Au point de vue économique :
L’économie a des faiblesses. Il doit y avoir un dialogue entre économie et théologie pour regarder le monde d’une autre façon.
Au point de vue professionnel :
L’économie doit laisser de la place à la recherche et à la formation professionnelle. Il faut passer de la théorie à la pratique et de la pensée à l’action. Les frontières sont nécessaires car nous ne sommes pas tous semblables. Mais ce ne doit pas être une marque de séparation, plutôt un lieu de rencontre.


Le développement durable : c’est la vie en société, « le vivre ensemble ».
Elena Lassida propose une approche positive de nos limites (pertes, ruptures, échecs). Que ce soit une occasion de réfléchir à faire autrement et à introduire du nouveau. Exemple : le covoiturage permet de faire des connaissances et d’établir de nouvelles relations. Essayons de remplacer la rapidité d’exécution par le gain d’espace et de qualité de vie.
Elle propose également de réfléchir au comment faire les choix collectifs : privilégier la pédagogie plutôt que la concurrence, la force ou le pouvoir.
Passons de l’accès à la création.
Faisons appel à la capacité créatrice de chacun, à ses potentialités et à ses richesses. De consommateur, devenons créateurs.
Passons du quantitatif au qualitatif.
La relation et la qualité de la vie ne sont pas quantifiables
Passons de la dépendance non pas à l’indépendance, mais à l’interdépendance.
Chacun a quelque chose à donner et quelque chose à recevoir.
L’économie sociale et solidaire : c’est articuler l’économie, le social et le politique qui ne peuvent pas être envisagés séparément.
L’impact social de l’activité économique permet de faire la société ensemble en faisant du commerce autrement :
Pour la consommation : le commerce équitable, qui est un choix politique, donne un prix garanti aux producteurs.
Pour l’aspect financier : l’épargne solidaire sert à financer des productions et des activités à caractère social.
Pour l’activité de production : un poste de travail doit être proposé à celui qui en a le plus besoin plutôt qu’à celui qui est le plus compétent (rôle des entreprises d’insertion).
La foi chrétienne nous dit quelque chose de fondamental sur l’humain :
L’homme est un créateur. Il est co-créateur du monde avec Dieu.
L’homme est invité à être un allié.
L’alliance, c’est progresser ensemble quitte à prendre des risques plutôt que de songer uniquement à se protéger des risques éventuels
L’homme a une capacité d’espérance ; il est réceptif aux promesses.
La promesse n’est pas le but à atteindre ; c’est ce qui met en marche vers un meilleur possible.
A. Poirot, correspondant communication paroisse Sainte-Marie (La Roche-sur-Foron) pour le Service Com. diocésain SEDICOM

