À Dieu père Philippe !
5 mars 2013Le père Charles Philippe, doyen des prêtres de notre diocèse, qui a fêté ses 100 ans en décembre dernier avec Mgr Yves Boivineau, le père Alain-Fournier Bidoz, Vicaire général, et quelques amis, nous a quitté ce 5 mars. Retour sur l'article que nous lui avions consacré à cette occasion...
« S’occuper des petits et des grands »
Charles Philippe est né le 17 décembre 1912 au Châble Beaumont, non loin de Saint-Julien-en -Genevois. Son père était boulanger pâtissier à Genève. Mais c’est à Sciez que Charles Philippe va grandir, sa maman originaire de la Côte d’Hyot ouvrira dans cette commune, une pension de famille appelée Les Glaïeuls « parce qu’elle aimait les fleurs ».
Le petit Charles grandit et rentre au petit Séminaire de Thonon en 1924. Puis il rejoint le Grand Séminaire d’Annecy et sera ordonné, le 6 juin 1936. Son premier poste de vicaire il le vit à Bellevaux avec le Père Jacquier « qui avait connu la séparation de l’Église et de l’État ». Le Père Charles Philippe se souvient des histoires vécues et racontées « comme il savait le faire » par le Père Jacquier. « Les hommes et les femmes de Bellevaux étaient groupés en rangs serrés devant l’église, face aux gendarmes, qui me demandèrent, de leur donner les clés. Elles sont sur la porte, allez les prendre ! » Impossible pour les gendarmes face aux fourches de paroissiens. « Les mêmes gendarmes furent bombardés de boules de neige, par les femmes de Bellevaux qui défendaient leur église ».



À Bellevaux le père Charles Philippe passe 5 mois et 17 jours, avant de rejoindre Chedde où il retrouve l’Abbé Berger « fondateur de la JOC du Diocèse ». En 1937, il arrive à Bonneville où il œuvre inlassablement auprès des jeunes « j’avais une culture patro » rappe-t-il. C’est en 1939 qu’il est nommé curé de Saxel. « Un petit patelin » dit le Père Charles. ll s’empresse de souligner : « saint François de Sales disait, il faut s’occuper des petits comme des grands ». « À cette époque j’avais envie de faire une retraite, alors je prends contact avec le Père Remilieux à Lyon et me voilà dans une paroisse plutôt jeune et intéressante sur le plan communautaire et liturgique ».
Charles Philippe le pasteur précurseur de la messe face au peuple
►Nous sommes en 1939 et c’est « la Drôle de Guerre ». Le père Charles Philippe sera appelé au 199e Bataillon de Chasseurs Alpins de Haute Montagne. Il se retrouvera à Chamonix, où il fait connaissance d’Emile Allais « avec qui je parle de ski », puis il passe par Argentière, le col des Montets et retour à Chamonix. Il rejoindra Saxel et organisera la première retraite qu’il avait imaginée à partir d’une conversation avec son ami Claude Chevallier de Reignier. Le 16 février 1942, il est nommé curé aux Gets. Dans cette paroisse également, il instituera des retraite pour les laïques mais aussi pour les prêtres et curés, il se disait alors « C’est le Concile des Gets » ! C’est aux Gets que le Père Charles Philippe instituera « la messe face au peuple ». Il essuiera des reproches, des remontrances, versera des larmes, mais bien vite se ressaisira et poursuivra dans ce que le futur consacrera.



