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Récollection 2012 à La Flatière

Thème : « Baptisés : tous différents et tous en LUI »
« Qu’est-ce que Jésus a à me dire, à travers toute cette diversité de chemins, pour faire Corps ensemble ? »
Récollection du 12 mai 2012 à La Flatière

Thème : « Baptisés : tous différents et tous en LUI »
« Qu’est-ce que Jésus a à me dire, à travers toute cette diversité de chemins, pour faire Corps ensemble ? »

Cette récollection a été une suite logique de la réflexion entamée lors de notre assemblée générale sur notre mission de baptisés : de par le baptême, nous sommes prêtre, prophète et roi.

Une quarantaine de personnes venant de tout le diocèse ont pris le temps de monter à l'écart au Foyer de Charité de La Flatière.


Faire Corps: qu’est-ce que cela veut dire ?
Le Corps du Christ, c’est quoi pour nous
: l’ensemble des baptisés ? Les baptisés et les non-baptisés ? L’humanité entière, puisque chaque homme a en lui cette étincelle divine qui va l’appeler à s’élever au-dessus du quotidien, de la matière, des instincts de base ?

Un corps, cela n’est pas un ensemble de pièces détachées qui ont chacune leur autonomie et qui font leur boulot chacune de leur côté ! Notre corps est une merveille d’interrelation et de complexité de fonctionnement (que l’on n’a pas encore fini d’explorer dans tous les niveaux de notre être, que ce soit physique, émotionnel, mental, spirituel) où tout est lié et dont on ne prend conscience que quand ça détraque…

Ce qui illustre aussi bien ce "faire Corps", c’est l’image de l’orchestre : chaque instrument a sa mélodie, chaque musicien est responsable de son instrument pour qu’il chante le mieux possible, qu’il soit "accordé" à l’ensemble, qu’il respecte le rythme, les nuances de l’œuvre jouée. Nous qui écoutons l’orchestre, nous n’entendons pas forcément telle ou telle personne jouant de son instrument, nous sommes portés, émus, par la musique de l’ensemble, par ce qu’elle va me dire, nous faire vivre…

La question que nous pouvons nous poser, c’est : quel instrument suis-je ? Est-ce que je prends soin de mon instrument ? Est-ce que je prends le temps de l’accorder à la note d’amour ? Avec la douceur dont parle St Fr de Sales et la patience nécessaire à tout apprentissage d’un instrument, à la création d’une œuvre ensemble ?

Je ne suis pas forcément l’ami de celui qui joue de son instrument à côté de moi, je ne choisis pas forcément ceux avec qui je fais partie de l’orchestre, ce qui compte, c’est l’œuvre à jouer, à offrir à ceux qui sont venus l’écouter.

Nous avons un prodigieux chef d’orchestre, très pédagogique, qui s’est dit "doux et humble de cœur", qui s’est donné en exemple, qui s’est donné jusqu’au bout de l’Amour et qui nous montre pas à pas le Chemin. Nous n’aurons jamais fini de le suivre, jamais fini de progresser sous sa direction. Donc, profitons de cette journée pour Lui ouvrir nos cœurs, Lui ouvrir toutes grandes nos oreilles musiciennes de l’amour, accordons nos instruments à la note commune, jouons ensemble le morceau de musique du jour, dans la joie de cette Création qui se fait ensemble, par Lui, avec Lui et en Lui, en Communion. Cette Communion que nous allons célébrer comme Il nous l’a demandé.

(Anne Bielawski)

 

Intervention de P. Joseph Rey

Dans notre monde devenu très individualiste, fait d’individus, après avoir vécu longtemps, longtemps, longtemps dans une société qui nous a bien cadrés… cela pour dire non seulement d’où on vient, mais ce que cela m’a fait… Je lisais quelque part, je crois bien que c’est dans le Concile : « qui célèbre la messe ? »  (Je parle du langage courant) C’est le peuple… Mais je n’ai pas appris cela ! J’ai appris : c’est le prêtre !

C’est le peuple des baptisés-prêtres, parmi lesquels il y en a un qui a été détaché pour présider.
Et celui-là, vous croyez que cela ne lui pose pas question pour sa foi, ce baptisé-prêtre et prêtre-ordonné, mais ce baptisé-prêtre, cela ne lui pose pas question de dire : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang, ma vie avec toutes ses qualités, toute sa souffrance et tout son poids, ma vie avec celle des autres. » ?

Quand moi, baptisé-prêtre et prêtre ordonné je dis cela, cela pose toujours question à ma foi et cela me demande un acte de foi, de m’ouvrir toujours plus grand…
Je voudrais, si c’est possible… mais je vous dis ça, comme un coup de massue… : Est-ce qu’on peut célébrer ensemble ? »

Témoignages après cette journée ensemble

« Qu’est-ce que Jésus a à me dire, à travers toute cette diversité de chemins, pour faire Corps ensemble ? »

Par rapport aux paroles de mon baptême, comme j’aime bien chanter, m’est revenu le chant : "l’Amour de Dieu est si grand, qu’on ne peut passer par-dessus, par-dessous, qu’on ne peut en faire le tour… ". En même temps, je me suis sentie tellement faible, tellement pécheresse, et le Seigneur m’a choisie pour faire partie de Son Corps… quel cadeau ! On est là juste pour vivre ce qu’on a à vivre, on sait qu’on peut faire des fautes…

Ça me fait penser à une prière du temps présent : "Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre du roi Melchisédech".

Prêtre-prophète et roi, ces trois mots ont été présents chaque matin du temps du Carême. Semaine Sainte tumultueuse, peu propice à l’intériorisation. Membre du Corps du Christ, je l’ai été au niveau des bras, des jambes et des mains. La communion en Eglise n’a été ressentie que le Jeudi Saint et pendant la veillée pascale, mais elle a été vécue, grâce à l’Esprit Saint qui montre le chemin de la fraternité.
Aujourd’hui, je crois que sans y penser, sans faire de projet précis, cette réflexion m’a aidée à briser des barrières, à oser ouvrir des portes, à sortir de la morosité et du défaitisme. Prêtre-prophète et roi, membre du Corps du Christ, en communion avec tous les hommes, j’ai pour mission, malgré l’âge, de croire à un avenir pour tous, différent de mon passé et de mon présent. J’ai pour mission d’être témoin d’Espérance, d’être éveillée à tous les signes de renaissance, à aimer l’avenir qui se construit par d’autres mains que les miennes. Je suis au service de demain.

Apport pendant le Semaine Sainte : encore une fois, j’ai été très touchée par Emmaüs, qui m’invite à rentrer vraiment dans l’intelligence de l’Ecriture pour la reconnaissance de Jésus, et mieux comprendre Ses Paroles. C’est une invitation à croire, à faire grandir ma foi : « heureux celui qui croit sans avoir vu… »
Où j’en suis aujourd’hui : pour "faire Corps ensemble", il faut vraiment trouver sa place… donc mon identité, ma vocation, pour faire communauté. Qui suis-je ? Revoir un peu mes limites, les dons, quel sens, pour répondre à l’appel aujourd’hui. Invitation à ouvrir tous mes sens, à me laisser toucher pour aller vers l’autre. Vraiment pour moi, c’est l’écoute et l’accompagnement, la bienveillance.

J’ai tout simplement pensé à Pâques : prophète, c’est être avec les autres, en vivant notre Espérance. Et ensuite, comme je suis âgée et que je ne peux plus faire grand-chose, j’ai pensé que vivre où je suis, avec les autres, sans oublier que, quand on prie pour quelqu’un, on « change l’écologie spirituelle autour de lui » (évêque de Constantine).

Le Jeudi Saint, j’ai pris conscience que l’on était à la fois serviteur et ami du Christ.

C’est en ne pouvant pas aller à la messe de Pâques, que j’ai ressenti un grand manque. Par contre, la montée vers Pâques a été très enrichissante, avec une journée très riche des JMJ à Sallanches où j’ai été fière d’apporter ma collaboration très "terre à terre", puisque je tenais la caisse. Ensuite, la joie de la célébration du Jeudi Saint, préparé avec un petit groupe de la paroisse, chacun apportant sa pierre pour une belle cérémonie.
Le mot qui m’a le plus impressionné, c’est "membre du Christ".
Pour aujourd’hui, j’y vois le prolongement de la journée de l’année dernière aux Voirons : un besoin de temps de réflexion, une recherche d’apaisement, accepter la diversité des autres pour faire Corps ensemble. Besoin d’aide, car je suis une personne assez intransigeante et je ne sais pas m’oublier pour me tourner vers les autres. Ce sont de belles paroles, mais j’ai du mal à les appliquer.

Ce qui m’avait bien plu dans les paroles du P. Joseph au mois de décembre, c’était que le prêtre, c’était l’homme du sacré, mais en s’incarnant, Jésus est venu abolir la distance, désacraliser le sacré païen. Et ça m’a fait penser à la phrase de St Irénée : « Dieu est devenu homme pour que l’homme devienne Dieu. » Par rapport à l’aujourd’hui, j’ai ressenti comme un clin d’œil dans la prière de ce matin dans le Magnificat : Isaïe, repris dans les Actes, qui dit : « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre… ». Je suis tout-à-fait en accord avec cet appel, cette exigence de mon baptême, Prêtre-prophète et roi.

Dans une période pascale un peu difficile, j’ai reçu un très beau cadeau, tout-à-fait inattendu, par l’intermédiaire de quelqu’un que je n’attendais pas non plus et, c’est un peu difficile à expliquer, mais devant les difficultés, je suis quelqu’un qui a tendance à se replier beaucoup (comme ça, je souffre moins) et en fait, j’ai découvert ce que signifie se centrer, d’abord sur soi et sur Lui et depuis, je me rends compte que c’est un état de grâce dont je n’avais pas conscience et pour l’instant, je vis avec… Je ne le partage pas encore, je le garde, c’est trop beau, mais je ne veux pas garder, je veux partager, mais je ne sais pas comment… Parce que ça m’a radicalement changée et je vois que ça dure. Je remercie le Seigneur et j’aimerais que tout le monde vive cette grâce.

Tout ça me paraît bien compliqué et finalement, je me suis arrêté au début : "que vous demeuriez membres de Jésus-Christ". Finalement, c’est la parabole de la vigne et des sarments qu’on a entendue il n’ypas très longtemps. Je ne cherche pas : Prêtre-prophète et roi, ça ne me dit rien, ça ne m’intéresse pas de chercher des détails comme ça. Je cherche plutôt à comprendre ces mots "membres de Jésus-Christ". C‘est pas acquis, je le vois plutôt comme un objectif. Et c’est une question de foi. Ou on y croit ou on n’y croit pas. Et je traduis de la façon suivante : "que Jésus vive pleinement en moi et pour ça, appliquer ses commandements : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés." C ‘est peut-être ça être roi, si j’essaye de comprendre. Maintenant, reste la pratique. Si on le met en pratique, c’est peut-être un témoignage. Est-ce ça être prophète ? En tout cas, je pense que VEA doit nous aider à vivre cette vie du Christ dans tous les instants de ma vie. Pour moi, il n’y a pas à chercher des tas de complications, il faut vivre dans l’Esprit de Jésus-Christ, aimer les autres, tout simplement.

Prêtre-prophète et roi me passe au-dessus des cheveux... ! Ce qui est important pour moi, c’est d’être enfant de Dieu. Je le suis, car c’est Jésus qui m’a choisie et pas moi… et gratuitement. Je reçois la grâce tous les jours pour correspondre à ça, je Lui ouvre mon cœur… parce qu’il faut quand même qu’il y ait une volonté de ma part pour participer et pour partager cette vie avec mes frères.
Par rapport à l’Eglise, je suis un peu simpliste, moi. L’Eglise a été fondée par le Christ et ses apôtres : je suis de cette lignée-là avec ce que je suis. St François de Sales disait que les apôtres étaient des ignorants : moi, ça me rassure beaucoup, ça ! Et pourtant, c’est le Seigneur qui les a appelés. Je me repose là-dessus et là aussi, je reviens à St François de Sales, qui seul, peut m’apprendre à m’aimer.

Dans l’intervention du P. Joseph, une chose est nouvelle pour moi : « Quand tu pardonnes, tu rends saintes les conséquences du mal, tu abolis la séparation… » C’est quelque chose que je découvre.

« Si ce n’est pas ça, il y a quelque chose qui cloche dans les paroles de l’onction, à moins que ce ne soit dans leur mise en pratique ! ». C’est ce qui m’a frappée.
Pour chaque baptisé, le pardon est-il évident ? Pour chaque baptisé, la Bonne Parole est-elle portée ? Pour chaque baptisé, y a-t-il attention, écoute, aide ? A contrario, les non-baptisés mettent-ils mieux que nous en pratique ? Et moi ? Suis-je en Eglise ? Je ne sais pas…

Par rapport à la semaine sainte : j’étais sur les Chemins de St Jacques. J’ai marché toute la semaine et je crois que là, j’ai osé parler à Dieu. Je me suis mis à Le louer, alors que jusque-là, j’avais l’habitude à l’engueuler. Et surtout, je me suis mis à lire l’Evangile, pendant la semaine sainte, c’était plutôt assez facile. En arrivant au Puy, je me suis dit : « J’accepte de faire partie de l’Eglise ». Je revis et surtout, maintenant, il faut que je devienne actif. Il faut que j’essaye de prendre une place.