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Récollection 2017 à Tamié

Rencontre avec Frère Marco - La fraternité selon l'Evangile

Récollection 20 et 21 mai 2017 à Tamié
Rencontre avec Frère Marco

 

album photos

La fraternité selon l'Evangile 

Actes des Apôtres 2,42-47
Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. La crainte s'emparait de chacun et il se faisait beaucoup de prodiges et de signes miraculeux par l'intermédiaire des apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient ensemble et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et ils partageaient le produit entre tous, en fonction des besoins. Chaque jour, avec persévérance, ils se retrouvaient d'un commun accord au temple ; ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et ils avaient la faveur de tout le peuple. Le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés.

Actes des Apôtres 4,32-35
La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C'est avec une grande puissance que les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d'entre eux n'était dans l'indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort. Il vendit un champ qu'il possédait et en apporta l'argent qu'il déposa aux pieds des Apôtres.

Actes des Apôtres 5,12-14
Par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges s'accomplissaient dans le peuple. Tous les croyants, d'un même cœur, se tenaient sous le portique de Salomon. Personne d'autre n'osait se joindre à eux. Cependant, tout le peuple faisait leur éloge. De plus en plus, des foules d'hommes et de femmes, en devenant croyants, s'attachaient au Seigneur.

Jean 13,14
Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.

Psaume 132
Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d'être unis !
On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur le barbe, sur la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement.
On dirait la rosée de l'Hermon qui descend sur les collines de Sion. C'est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours.

La 1ère épître de Pierre va plus loin. En 2, 17, la traduction de la Bible de Jérusalem dit : « Aimez vos frères », mais le texte grec dit : « Aimez la fraternité. »

 

La Parole de Jésus  

Dans les évangiles, Jésus considère explicitement ses disciples comme des « frères » entre eux.

Mt 5, 22-26 : « Quiconque se fâche contre son frère... » ou Mt 7, 1-5, « la paille et la poutre »...
Mais on peut surtout citer Mt 23, 8 : « Vous n'avez qu'un seul Maître et vous êtes tous des frères... »
Les chrétiens sont frères parce que « disciples d'un unique Rabbi ». Même quand est évoquée une future « hiérarchie », ou du moins la mission particulière confiée à Pierre, Jésus maintient le lien d'abord fraternel : « Toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères... » (Luc, 22-32)

Frères de Jésus 

La Fraternité des chrétiens s'enracine dans le lien fraternel que Jésus instaure avec eux ou, pour mieux dire, avec tous les hommes, en particulier les plus petits : « dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de mes frères le plus petit, c'est à moi que vous l'avez fait. » Mt 25, 31-46

Cette fraternité avec Jésus va même jusqu'à l'identification aux plus petits.

Nous pouvons voir Rm 8, 14-30 et en particulier 8, 29 : « Car ceux que d'avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à être l'image de son Fils pour qu'Il soit l’aîné d'une multitude de frères. »

Il ne s'agit pas, bien sûr, d'une prédestination au ciel ou à l'enfer ! Nous sommes « prédestinés » au Salut, par la conformité au Christ, la fraternité avec Lui.

Lettre aux Hébreux 2, 9-11
« Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur à cause de sa Passion et de sa mort. Si donc il a fait l'expérience de la mort, c'est par Grâce de Dieu, au profit de tous. Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, jésus n'a pas honte de les appeler ses frères, quand il dit : je proclamerai ton nom devant mes frères, je te chanterai en pleine assemblée. Et encore : « Moi je mettrai ma confiance en Lui, « et encore « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m'a donnés. »

Comment vivre en frères ? 

D'abord, l'égalité.
Cela paraît évident mais ne l'était pas dans la société antique, fortement hiérarchisée, où naissait le christianisme. Or, le baptême nous rend tous Fils du Père, profondément égaux, au-delà de toute différence sociale, ethnique, sexuelle. La fracture « esclave/homme libre », était pourtant fondamentale, mais St Paul s'y attaque en douceur, sans chercher la révolution. Ainsi, dans la lettre à Philémon, auquel il envoie son esclave en fuite, qu'il a baptisé, il demande qu'il soit reçu « non pas comme une un esclave mais bien mieux qu'un esclave, comme un frère très cher... » Il écrit aussi dans la première à Timothée, en parlant des esclaves envers leurs maîtres : « qu'ils n'aillent pas les mépriser sous prétexte que ce sont des frères... » Nous sommes choqués, c'est un autre monde que le nôtre, mais le nôtre, -la société occidentale, avec son égalité foncière entre tous les humains- est né, lentement, et dans la douleur, de cette affirmation : « Ce sont des frères ! »

Ensuite, le pardon, bien sûr.
Mais nous n'allons pas développer. Regardons quelque chose de plus original, voire paradoxale : la « correction fraternelle ». Nous vous renvoyons ici à la lettre de Carême 2012 du pape Benoît XVI, lequel s’appuie, entre autre, sur Mt 18, 15-17. Il ne s'agit pas d'aller faire des reproches, avec suffisance et orgueil, mais, de ne pas se taire devant un péché objectif, dans une vraie « sollicitude pour le bien du frère », comme une marque d'amour (cf Lévitique qui dit : « Tu n'auras pas dans ton cœur de haine contre ton frère. Tu dois réprimander ton compatriote... Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Il s'agit surtout de témoigner simplement des valeurs découlant de notre foi, même si elles s'opposent aux valeurs dominantes.


Le pardon – La correction fraternelle – Le partage – La prière – l'Eucharistie – l'Espérance : La MISSION


 

 

 

Les douze pépites « de la fraternité » selon le pape François

Voici « douze pépites d'or », tirées du message du pape François, pour la Journée mondiale de la Paix (1er janvier 2014) publié le 12 décembre 2013, sur le thème « La fraternité, fondement et route pour la paix ».
Un programme en douze points, pour une année.

1. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme, habite le désir d'une vie pleine, à laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser.

2. La fraternité commence habituellement à s'apprendre au sein de la famille, surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres, en particulier du père et de la mère. La famille est la source de toute fraternité et, par conséquent, elle est aussi le fondement et la première route de la paix, puisque, par vocation, elle devrait gagner le monde par son amour.

3. La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s'agit pas d’une fraternité générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de l'amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu pour chaque homme (cf. Mt 6, 25-30)... Dans la famille Dieu, où tous sont enfants d'un même Père... il n'y a pas de « vie de déchet ». Tous jouissent d'une dignité égale et intangible... C'est la raison pour laquelle on ne peut rester indifférent au sort des frères.

4. La fraternité humaine est régénérée en et par Jésus-Christ, par sa mort et sa résurrection. La croix est le « lieu » définitif de fondation de la fraternité, que les hommes ne sont pas en mesure de générer tout seuls. Jésus Christ […] nous constitue par sa résurrection comme humanité nouvelle, en pleine communion avec la volonté de Dieu, avec son projet qui comprend la pleine réalisation de la vocation à la fraternité.

5. Les plus favorisés (ont des) obligations enracinées dans la fraternité humaine et surnaturelle.
Le devoir de solidarité qui exige que les nations riches aident celles qui sont le moins avancées ; le devoir de justice sociale qui demande la recomposition en termes plus corrects des relations défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le devoir de charité universelle, qui implique la promotion d'un monde plus humain pour tous, un monde dans lequel tous aient quelque chose à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un obstacle au développement des autres.

6. On reconnaît la nécessité de politiques qui servent à atténuer une répartition inéquitable excessive du revenu. Nous ne devons pas oublier l'enseignement de l’Église sur ce que l'on appelle l'hypothèque sociale , sur la base de laquelle, comme le dit St Thomas d'Aquin, il est permis , et même nécessaire, que « l'homme ait la propriété des biens ». Quant à l'usage, « il ne doit jamais tenir les choses qu'il possède comme n'appartenant qu'à lui, mais les regarder aussi comme communes, en ce sens qu'elles puissent profiter non seulement à lui mais aussi aux autres.

7. Pour « promouvoir la fraternité », il faut « le détachement de celui qui choisit d'adopter des styles de vie sobres et basés sur l'essentiel ; de celui qui, partageant ses propres richesses, réussit à faire l'expérience de la communion fraternelle avec les autres. C'est le cas, non seulement des personnes consacrées qui font vœux de pauvreté, mais aussi de nombreuses familles et de nombreux citoyens responsables, qui croient fermement que c'est la relation fraternelle avec le prochain qui constitue le bien le plus précieux.

8. Je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort : redécouvrez votre frère en celui qu'aujourd'hui vous considérez seulement comme un ennemi à abattre et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et allez à la rencontre de l'autre par le dialogue, le pardon et la réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et l'espérance autour de vous.

9. Dans les querelles, qui sont un aspect inévitable de la vie, il faut toujours se rappeler être frères et, en conséquence, éduquer et s'éduquer à ne pas considérer le prochain comme un ennemi ou comme un adversaire à éliminer.

10. Il ne faut jamais désespérer de la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des crimes atroces parce que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive (cf. Ez, 18, 23).

11. La fraternité aide à garder et à cultiver la nature : la nature est à notre disposition et nous sommes appelés à l'administrer de manière responsable […]. La persistance honteuse de la faim dans le monde m'incite à partager avec vous cette demande : de quelle manière usons-nous des ressources de la terre? […] Il est nécessaire de trouver les moyens pour que tous puissent bénéficier des fruits de la terre.

12. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres (Jn 13, 34-35). C'est cette bonne nouvelle qui réclame de chacun un pas de plus, un exercice persistant d'empathie, d'écoute de la souffrance et de l'espérance de l'autre, y compris de celui qui est plus loin de moi, en s'engageant sur le chemin exigeant de l'amour qui sait se donner et se dépenser gratuitement, pour le bien de tout frère et de toute sœur. […] Toute activité doit être, alors, contresignée, d'une attitude de service des personnes, spécialement celles qui sont les plus lointaines et les plus inconnues. Le service est l'âme de cette fraternité qui construit la paix.

(Texte publié dans « Susciter des petites fraternités » - Diocèse de Quimper)